Il est parti de presque rien. Quand il s’installe au sein de Peyrissac, en Corrèze, le 1er janvier 1979, Pascal Soularue dispose de 18 hectares. Au fil du temps, il multiplie par dix sa surface. C’est l’une de ses fiertés. Mais quand arrive le temps de passer le témoin, l’éleveur de bovins re­doute par-dessus tout de voir sa ferme se disloquer.

« C’était ma hantise. J’avais un idéal : un seul repreneur. En me confrontant aux candidats, j’ai compris qu’il me faudrait réviser mon projet. Ça ne s’est pas fait en une nuit… », admet-il.

Sa satisfaction, depuis, est qu’aucun hectare ne soit parti à l’agrandissement. Accompagné par la chambre d’agriculture et la Safer, il est parvenu à faire s’installer quatre jeunes. « J’ai trouvé mon premier repreneur trois ans avant mon départ à la retraite. Je ne pouvais pas passer à côté. J’ai donc choisi de l’accompagner, tout en me retirant pro­gressivement. »

Une période de transition adaptée

Pour mener la transition jusqu’à sa retraite, Pascal Soularue a développé une petite activité de travaux agricoles. « Mais au 1er mai, c’est certain, j’arrête. Je suis prêt à tourner une page. »

L’éleveur a prévu de conserver quelques responsabilités, notamment dans sa commune. « Par le passé, j’ai été maire, président du syndicat des eaux, j’ai œuvré au sein d’une banque… Jamais je ne suis resté les deux pieds dans le même sabot. Je vais continuer ! » Comme il a pu garder sa maison, il prévoit de bricoler dans son atelier. « Je suis surtout ravi à l’idée de passer du temps avec ma femme et mes deux filles. »