JCB nous a mis à disposition un Fastrac 4220. Ce tracteur est équipé d’une transmission à variation continue et de quatre roues directrices. Chez le constructeur britannique, le dispositif de gestion automatique des fourrières se nomme HTA. Il équipe également la série 8000 de forte puissance.

Fonctions

Le dispositif HTA propose d’intégrer jusqu’à cinq mémorisations de régime moteur. Cependant, pour qu’elles s’activent, il faut que l’accélérateur à main soit toujours légèrement poussé vers l’avant. Il en va de même si nous voulons que les vitesses cibles s’activent. Parmi les fonctions proposées, nous pouvons programmer l’un des quatre modes d’utilisation de la transmission. Il faut alors connaître les pictogrammes qui font référence aux différents modes (D, M, PS et FX) et accessoirement avoir compris le fonctionnement de chaque configuration. En pratique, le mode D automatique est parfaitement adapté à 99 % des travaux d’une exploitation.

Certains logos, comme celui pour la mémorisation du régime moteur, pourraient être plus clairs. Globalement, nous avons trouvé la programmation des actions, notamment celle de la transmission et du moteur, assez complexe, surtout par manque de clarté. Il faut connaître le tracteur pour en exploiter toutes les possibilités. Notons qu’en plus de l’autoguidage, le dispositif JCB propose d’intégrer le changement de mode de direction à la séquence. Avec ses quatre roues directrices, le tracteur peut, par exemple, travailler en crabe. Les possibilités offertes pour le relevage ou la prise de force sont limitées, à la montée et descente pour le premier et à l’activation et l’arrêt pour la seconde.

Déclenchement des actions

Nous disposons de trois solutions pour déclencher les actions : la distance, le temps ou bien manuellement avec un bouton sur le joystick. Lorsque nous enregistrons une séquence, il faut reprendre un par un les systèmes de déclenchement pour lier les actions les unes aux autres. Nous apprécions la possibilité de panacher les systèmes de déclenchement au sein d’une même séquence.

Créer une séquence en roulant

Il n’y a pas de système pour enregistrer une séquence en la réalisant physiquement. Il faut donc obligatoirement la programmer à l’arrêt dans le terminal.

Créer une séquence en statique

Le menu principal du terminal est très simple. Ainsi, nous identifions assez facilement le pictogramme pour le menu dédié aux manœuvres automatisées. Nous choisissons ensuite la séquence que nous voulons programmer parmi les cinq solutions nommées de A à E. Une fois la lettre choisie, nous arrivons sur un écran vide. Il faut cliquer une nouvelle fois sur le terminal pour avoir accès aux différentes fonctions­ proposées par le dispositif. Elles sont regroupées sous des pictogrammes. Une fois que nous avons achevé la programmation des fonctions, nous enregistrons la séquence. À noter que le terminal, plutôt petit et possédant une certaine lenteur, due notamment à une dalle tactile parfois capricieuse, ne facilite pas la programmation des manœuvres, qui est fastidieuse. Ensuite, nous pouvons modifier les valeurs depuis le terminal. Dès que nous modifions quelque chose, il faut absolument enregistrer le nouveau réglage pour le valider. Sinon, le système n’acceptera pas la nouvelle valeur.

Corriger

Depuis l’écran, il est possible d’ajouter une fonction et d’en supprimer une. Nous pouvons également modifier les systèmes de liaisons entre les différentes étapes. Il est notamment possible d’en enlever un. En revanche, si nous nous sommes trompés lors de la programmation, il n’est pas possible de modifier une fonction pour la remplacer par une autre.

Archiver une séquence

Il est possible d’enregistrer jusqu’à cinq séquences différentes. En revanche, nous ne pouvons pas les nommer à notre guise pour les identifier rapidement. Elles ne sont identifiées que par une lettre de A à E dans le terminal. Pour chaque lettre, nous pouvons enregistrer une seule séquence. Pour démultiplier les possibilités d’enregistrement, il est possible de réaliser une grande séquence avec les opérations du début et la fin du passage dans le même enchaînement, et un déclenchement manuel entre les deux. Attention toutefois pour les grosses combinaisons d’outils, il n’est possible d’enregistrer que 15 fonctions par séquence.

Lire une séquence

Avant de lire une séquence, il faut d’abord sélectionner l’une des cinq options disponibles, que nous attribuons sur le bouton dédié à cet effet. En effet, il n’y a qu’une seule commande pour les fourrières et donc nous ne pouvons activer qu’une seule séquence à la fois. Pour en activer une seconde, il faudra repasser par le terminal. La commande des séquences est un bouton blanc placé sur le joystick, seulement accompagné d’un logo Play. Cela manque vraiment d’intuitivité. Cependant, lorsque nous le paramétrons, le système de sélection de la séquence désigne le bouton blanc comme commande principale. Une fois que nous avons appuyé sur ce dernier, la séquence se déroule toute seule en fonction du déclencheur choisi. Pour la stopper, nous rappuyons sur ce même bouton blanc. Une nouvelle pression suffit pour la faire repartir. Pendant la lecture de la séquence, le terminal affiche la prochaine fonction qui sera exécutée et le nombre d’opérations à venir avant la fin de la séquence.

Sécurité

Par sécurité, nous ne pouvons pas activer les séquences si le tracteur est à l’arrêt. Elles ne peuvent démarrer que si le tracteur avance. Au démarrage, il faut d’abord activer une fois la prise de force et le relevage hydraulique pour que ces derniers puissent fonctionner correctement s’ils sont intégrés dans la séquence. Un symbole de validation apparaît pour chaque fonction dès qu’elle est activée.

Particularités

En théorie, il est possible d’intégrer des fonctions de l’autoguidage dans une séquence. Pour autant, nous n’avons pas réussi à les faire fonctionner. À noter que notre tracteur était équipé d’un terminal Trimble supplémentaire, notamment dédié au guidage.

Notre conclusion

Pour maîtriser les manœuvres automatisées du Fastrac, il faut un peu de pratique et de patience, mais également connaître­ le tracteur et certains pictogrammes, comme pour la transmission. Il est ensuite simple de programmer les fonctions principales. Malheureusement, le dispositif reste limité, notamment avec l’impossibilité d’enregistrer une manœuvre en roulant et un écran parfois capricieux.

La programmation d’une séquence demande un peu d’expérience et de patience. Il est possible de paramétrer jusqu’à quinze actions par séquence.
Bien que le tracteur soit plutôt haut de gamme, avec notamment une cabine spacieuse, le dispositif HTA comme le terminal manquent de fluidité et de simplicité. © Photos : p. peeters
Les séquences sont uniquement nommées par une lettre. Dès le début, nous devons sélectionner celle que nous allons programmer.
Dans le terminal, assez simpliste, nous choisissons les actions définies uniquement par des pictogrammes.
Le pictogramme représentant le menu des manœuvres est facilement identifiable.