Broutards homogènes. « Grâce au groupement des vêlages, nous vendons des lots de broutards homogènes », explique Pierrick Josserand.

« Nous ne quittons pas la stabulation pendant deux mois, annonce Pierrick Josserand, en Gaec avec Patrice Fagotet à Thoisy-le-Désert, dans la Côte-d'Or, le temps que durent nos cent quatre-vingts vêlages. Nous avons souhaité les regrouper pour gagner en efficacité. » Cent quarante-trois naissances sont même prévues pour le seul mois de novembre.

« Nous nous consacrons pleinement à cette activité, souligne Pierrick. Pas question d'intervenir sur les cultures ou les clôtures à ce moment-là. Nous y travaillons au cours des deux mois suivants. Certains jours, nous comptons jusqu'à quinze vêlages, continue le jeune éleveur, qui avoue terminer la saison un peu fatigué. Nous tenons à assister toutes les mises bas. Le jour, nous restons dans la stabulation et la nuit, nous surveillons grâce à une caméra. »

Pour arriver à une telle concentration de vêlages, les associés mettent un grand nombre de vaches à la reproduction et toutes les génisses. Peu de femelles sont écartées à ce moment-là. Le tri des réformes s'effectue après les échographies. La date présumée du vêlage étant le critère principal de sélection.

Des vaccinations groupées

L'intérêt de la pratique est aussi de grouper les différents traitements qui suivent. « Nous gagnons du temps sur les vaccinations ou l'écornage des veaux en travaillant sur de gros lots d'environ soixante animaux, explique Pierrick. Toutefois, sur le plan sanitaire, nous devons être très vigilants. » Cela peut vite tourner à l'hécatombe si un agent pathogène s'immisce dans le bâtiment. Pour limiter les risques, Pierrick et Patrice font un vide sanitaire avant l'entrée des animaux.

Ils ont également mis en place des mesures d'hygiène draconiennes au vêlage. « Nous utilisons des gants à usage unique pour toutes les interventions, confirme Pierrick. Toutes les cordes sont méticuleusement désinfectées après emploi. Nous veillons également à porter des vêtements très propres et des bottes toujours lavées. » Un épisode de salmonellose a décimé une quinzaine de nouveau-nés il y a quelques années et laissé des traces sur les pratiques.

Avoir des veaux du même âge comporte en revanche beaucoup d'avantages. « Nous ne connaissons pas les problèmes de gros “veaux voleurs” », indique Pierrick. Au moment de la vente, les lots de broutards sont également homogènes.

« Tous partent à Bourgogne Elevage qui les expédie en Italie, ajoute-t-il, en précisant que la saison des vêlages a aussi été choisie en fonction de la date des ventes. Nous sevrons à la fin d'août quand l'offre est à un bas niveau. »

Les prix sont donc, en principe, à leur apogée de l'année. « Du côté des femelles, les tarifs sont sûrement un peu plus élevés que par le passé à cause de notre taux de renouvellement. Il avoisine les 35 % avec un âge moyen autour de huit ans. Ces tarifs sont toutefois bien inférieurs à ce que l'on pourrait espérer », conclut Pierrick.

Des taureaux bien préparés

La période de la mise à la reproduction est courte mais intense. Les sept taureaux de l'exploitation sont soumis à une préparation spécifique. Ils passent l'hiver au pré avec de l'ensilage de maïs à volonté et 6 kg d'orge aplatie et de tourteau de soja non OGM. Cela pendant deux mois.

Cette année, l'entrée dans les arènes a eu lieu le 2 février. Ils en sont ressortis à la mise à l'herbe, deux mois plus tard, avec environ 200 kg de moins.

Avec vingt à trente vaches par case, il n'est pas rare que quatre ou cinq soient en chaleur en même temps. Les mâles ont ensuite dix mois pour se refaire une santé dans un pré à l'écart des vaches.

  

Hivernage : après les vêlages

« À 7 heures, le travail d'astreinte est terminé dans la stabulation, indique Pierrick. Cela nous prend une heure et demie à deux, mais tout est mécanisé. Nous pouvons nous consacrer aux travaux des champs. Patrice aux cultures et moi aux clôtures. » 

par Marie-France Malterre (publié le 16 octobre 2009)