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Dossier Gérer les stocks au plus juste

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Avec une moindre ressource fourragère, l’anticipation des besoinsdu troupeau est essentielle pour éviter la rupture. Des solutionspermettent également de contenir les gaspillages.

«À ce stade de l’année, l’enjeu est d’assurer l’alimentation du cheptel jusqu’au printemps, et idéalement jusqu’à la prochaine récolte de maïs fourrage, résume Julien Jurquet, chef de projet nutrition des vaches laitières à l’Institut de l’élevage (Idele). Rien ne laisse présager de la longueur de l’hiver. On ne peut exclure l’éventualité d’un début de printemps 2019 pluvieux et de mises à l’herbe tardives comme c’était le cas cette année. »

Pour ne pas se laisser surprendre, mieux vaut estimer les ressources fourragères et prévoir les besoins le plus tôt possible. « Cette année, il convient de sortir de ses repères habituels, et de prendre le temps de réaliser un bilan fourrager (lire l’encadré). » Le cubage du silo de maïs est une étape incontournable (voir l’infographie). « Avec des taux de matière sèche élevés et des maïs pauvres en énergie, des pertes à la conservation seront à prévoir. Elles varient beaucoup d’un élevage à l’autre, et peuvent atteindre 15 %. L’analyse du maïs dès l’ouverture du silo est indispensable. »

S’agissant des fourrages complémentaires au maïs, si l’estimation des stocks de foin et de paille est aisée, l’exercice est délicat pour l’enrubannage, dont le taux de matière sèche et les valeurs alimentaires sont très variables. La réalisation d’une analyse par récolte est conseillée.

Prévoir les effectifs

L’évolution des effectifs du troupeau dans les semaines et les mois à venir est déterminante. « Cela peut sembler évident, mais il suffit d’un écart de quelques animaux pour mettre sous tension un bilan fourrager déjà fragile », souligne Julien Jurquet. Le calendrier des vêlages doit être anticipé, tout comme le nombre de génisses de renouvellement, notamment pour les cheptels en phase de croissance. « L’objectif est d’éviter la vente d’animaux. C’est une solution efficace à court terme, mais elle peut hypothéquer l’avenir d’un atelier. Il est parfois difficile de reconstituer le cheptel par la suite. »

Limiter les refus

Des stratégies alternatives permettent d’économiser du maïs. « Écourter la finition des vaches de réforme, rationner les génisses, ou décaler des lots de bovins à l’engrais pour les élevages mixtes sont des solutions efficaces », avise Julien Jurquet. Pour éviter le gaspillage, le tri, et améliorer l’ingestion des maïs les plus secs, il est également possible d’humidifier la ration. « Nous conseillons un taux de matière sèche de la ration totale (fourrages et aliments) compris entre 38 et 42 %, avec l’optimum à 40 %, expose Johann Cariou, responsable technique nutrition chez BCEL Ouest. Un litre d’eau par vache ajouté dans une ration "base maïs" fait baisser le taux de matière sèche global de 0,8 à 1 point. Pour des maïs à 40 % de MS, nous recommandons d’apporter 5 litres d’eau par vache et par jour. Sur le plan pratique, l’eau peut être incorporée au godet dans la mélangeuse, au moment de charger le maïs. Il est également possible d’utiliser un chronomètre si l’on dispose d’un tuyau dont on connaît le débit. »

Réaliser soi-même le bilan fourrager

L’Institut de l’élevage (Idele) propose une feuille de calcul téléchargeable (*) afin de réaliser un bilan fourrager simplifié. L’exercice consiste à faire l’inventaire de tous les fourrages de l’exploitation, puis à renseigner les effectifs de chaque catégorie d’animaux (vaches, génisses, taurillons…) et leur durée d’alimentation à l’étable. Le résultat du bilan - les ressources fourragères retranchées des besoins - est exprimé en tonnes de matière sèche. « Un bon compromis serait de disposer, tous fourrages confondus, de deux mois de stocks excédentaires, soit environ 1 t de MS de stock par UGB », estime l’Idele, qui souligne également l’importance de réaliser ce bilan à intervalle régulier.

(*) http://idele.fr/presse/publication/idelesolr/recommends/le-bilan-fourrager-un-outil-pour-anticiper.html

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Cet article est paru dans La France Agricole

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