« Même si je ne suis pas encore très bien équipé, je m’oriente vers le semis direct. Mais en favorisant la vie du sol, on se retrouve souvent avec des problèmes de rongeurs sur les parcelles », explique André Peschard, agriculteur à La Chapelle-Vendômoise, dans le Loir-et-Cher. Ce dernier s’est toutefois toujours refusé à employer de la bromadiolone (rodonticide) pour venir à bout des populations de campagnols : « Cela impacte tous les prédateurs pour aboutir à des pullulations de rongeurs. »

Face à ce constat, le groupe Techniques culturales innovantes, animé par la chambre d’agriculture départementale et auquel André Peschard appartient, a lancé le projet GRR (Gestion des rongeurs par les rapaces) (1). Ces oiseaux sont des prédateurs des campagnols des champs, qui, eux, causent des dégâts allant jusqu’à la destruction des cultures.

Dans le cadre du projet, la Fredon (Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles) va estimer les niveaux de populations des campagnols sur deux de ses parcelles, au printemps et à l’automne.

Naissances observées

« Un ornithologue de la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) effectue un diagnostic sur mon exploitation, ajoute l’agriculteur. Il va baguer des rapaces pour suivre leur développement et quantifier les services qu’ils rendent. » Cet expert lui donne également de précieux conseils sur la pose de nichoirs, de perchoirs et plus largement sur l’environnement. C’est souvent par manque de « logement » que les rapaces ne s’installent pas ; les bâtiments n’étant plus adaptés pour les accueillir.

Depuis deux ans, André Peschard a mis en place des nichoirs. Si aucune chouette chevêche n’y a élu domicile, il a réussi à inverser la tendance avec les chouettes effraies et les faucons crécerelles. Ces abris ont fonctionné car des portées ont vu le jour. Optimiste, l’agriculteur envisage d’en installer davantage.

Autres investissements de l’exploitant : les perchoirs. Ils sont essentiels pour attirer les rapaces sur les zones où il y a des problématiques de campagnols. De plus, des tas de bois et de pierres, qui servent de gîtes et de couverts à certaines espèces et représentent des réservoirs à auxiliaires, ont été maintenus sur place.

André Peschard constate que si les rapaces ont investi ses installations, c’est aussi parce que son système favorise la biodiversité. La présence d’insectes et le retour d’autres espèces d’oiseaux ont été observés par un naturaliste.

(1) La Fredon Centre-Val de Loire, la LPO et la chambre d’agriculture 41 sont partenaires du projet. Ils financent notamment les différents intervenants.

Quatre faucons crécerelles ont vu le jour sur l’exploitation de l’agriculteur. Les nichoirs ont été fabriqués par les élèves du Centre départemental de soins, d’accompagnement et d’éducation du Val de Loire, à Herbault.