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Dossier L’angus, herbagère et précoce

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Jusque très récemment, la race angus ne faisait pas l’objet de recherches en France. La Suisse a mené plusieurs expériences dans les années 2000.

La race angus est particulièrement adaptée à la production de veaux sous la mère de 5,5 mois et de jeunes bovins de 10 mois juste sevrés. Ce sont les conclusions d’une série de recherches menées par Agroscope, équivalent suisse de l’Inra. « Le fort potentiel laitier des mères angus explique ces résultats », commente Isabelle Morel, chercheuse à Agroscope (voir l’infographie).

La première expérience a débuté à la naissance des veaux, en période hivernale, et s’est prolongée sur dix mois, au cours desquels les mères sont alimentées en fourrages complétés de minéraux. Durant leurs cinq premiers mois, les veaux angus réalisent un GMQ (1) moyen de 957 g, contre 787 g pour les limousins. Les animaux sortent ensuite avec leur mère jusqu’à leur abattage, à 10 mois. Lors de cette période, les GMQ des limousins et des angus sont équivalents, autour de 970 g. « Au final, il n’y a pas de différence significative de poids, constate Isabelle Morel. Limousins et angus sortent aux alentours de 310 kg de poids vif, mais les premiers présentent une meilleure conformation. Cependant, seuls les angus se rapprochent d’un état d’engraissement optimal (note 3), du fait de leur précocité, alors que les limousins sont trop maigres. »

Attention au gras

La production de génisses et de bœufs de 280 kg de carcasse maximum a aussi fait l’objet d’expérimentations. En finition (après sevrage à 10 mois), la ration de base des limousins est constituée à 75 % d’ensilage de maïs et à 25 % d’ensilage d’herbe, complétés par 4 kg d’orge. Les angus reçoivent 75 % d’ensilage d’herbe et 25 % de foin, complétés par 2 kg d’orge au-delà de 100 jours de finition. Au final, 50 % des angus sortent trop gras, avec des conformations moyennes à très bonnes après 145 jours de finition. Les limousins sont abattus 15 jours avant et présentent un état d’engraissement optimal, allié à une très bonne conformation. Des résultats similaires sont observés pour des taurillons finis durant 160 jours, uniquement avec la ration de base pour les angus et avec un complément de 0,5 à 1 kg de concentrés/100 kg de poids vif pour les limousins.

« Malgré une alimentation plus extensive, l’état d’engraissement des angus est toujours plus élevé, conclut Isabelle Morel. Il est envisageable de produire des angus lourds, à condition de contrôler leur alimentation. Avec une bonne qualité d’ensilage d’herbe et de pâture, il est possible de finir les angus uniquement à l’herbe. »

(1) Gain moyen quotidien.

Le croisement salers-angus pour valoriser les mâles bio

Dans le cadre du projet Salamix, l’Inra étudie le croisement entre angus et salers. « L’objectif est de proposer une solution d’engraissement à bas coût des mâles bio dans le bassin allaitant du Centre, explique le chercheur Patrick Veysset. Il faut tordre le cou à l’idée reçue qu’en France nous produisons des animaux à l’herbe. La très grande majorité des bovins sont finis avec des concentrés pendant plusieurs mois, un mode d’engraissement très coûteux en bio. » En croisant une vache de race rustique, la salers, avec un taureau de race herbagère précoce, l’angus, l’Inra espère trouver une solution pour finir rapidement des mâles castrés, essentiellement à l’herbe. « La production à l’herbe, avec peu de concentrés, d’animaux de plus de 30 mois existe mais requiert une capitalisation longue et risquée. » Les aspects charge et complexité du travail, ainsi que la qualité sensorielle des viandes seront également analysés. Résultats au printemps 2018.

Croisé. Veau de mère salers et de père angus. © Inra
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Cet article est paru dans La France Agricole

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