Survoler les parcelles pour estimer les dégâts subis par un agriculteur permet de gagner du temps par rapport à une inspection terrestre. La technique offre aussi une évaluation plus précise que la simple extrapolation à partir d’une petite surface, en particulier pour les dégâts au cœur des cultures. Pour les passages de gros gibier, le dégât est souvent concentré sur le bord de la parcelle. Cela donne l’impression que la surface touchée est très importante alors qu’il n’en est rien.

Dans les deux cas, il faut attendre la moisson pour connaître l’ampleur du sinistre, ce qui retarde l’indemnisation, en particulier lorsque l’expertise de la Fédération de chasse est requise.

Pour l’agriculteur, le passage du drone est la garantie d’une indemnisation qui reflète le préjudice.

Une caméra 3D pour le gibier

Les images tridimensionnelles sont utilisées pour évaluer les dégâts de gibier et les conséquences d’incidents climatiques sur des cultures hautes. Agrocom a été l’un des pionniers de la technique avec une solution présentée lors d’Agritechnica 2017. Il utilise un drone capable de réaliser des images en 3D grâce à des vols à basse altitude. Pour cela, des trajectoires parallèles avec des directions­ longitudinales photographiques à des hauteurs de vol stables sont créées à l’aide du logiciel de planification. Ces images sont ensuite combinées aux relevés effectués avec un capteur Lidar (mesure à distance par laser) pour établir une cartographie précise des dégâts et les évaluer.

En France, l’entreprise Le Drone vert s’est spécialisée dans l’évaluation des dégâts par drone, en particulier les passages de gros gibier, les conséquences de la sécheresse et les inondations.

En Indre-et-Loire, la Coordination rurale s’est équipée d’un drone pour épauler ses adhérents en leur fournissant des images directement exploitables par un logiciel de calcul des surfaces. Cela permet de valider que l’un des deux seuils d’admissibilité (3 % de la surface ou 230 euros de perte) est atteint pour réaliser la déclaration de dégâts de gibier, et facilite les démarches auprès de la Fédération de chasseurs, puis de la DDT pour les demandes de battues administratives.

Prestations en hausse

En Lorraine, les organisations professionnelles travaillent avec la Fédération de chasseurs à la mise en service d’un drone de surveillance. L’idée est de quadriller entièrement une parcelle avec un plan de vol prédéfini. Le temps de vol est conditionné à la durée de la batterie du drone, dépendante des conditions de vol (vent et température extérieure). Entre 500 et 600 photos sont prises lors du vol. Elles sont compilées dans un logiciel pour reconstituer une vue d’ensemble de la parcelle. Commence ensuite la partie délicate de l’interprétation des images, pour distinguer les dégâts de gibier d’autres événements comme une erreur de traitement ou un orage. La technique, qui montre tout son intérêt au-delà de 10 hectares, est appelée à essaimer dans toutes les régions concernées par les dégâts de grand gibier.

Les images prises par drone ont un intérêt pour qualifier les effets des accidents climatiques (ici inondations), sans attendre les rendements à la moisson. © Le drone vert