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Dossier « Ma stratégie évolue »

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Les bandes de saules ont été implantées en 2020 et seront exploitables d’ici deux ans. © c.salmon

Pour limiter l’érosion, favoriser la biodiversité et mieux protéger les riverains, Martin Gosse de Gorre engage divers projets et cherche à leur trouver une plus-value économique.

Sorti d’une école d’ingénieur en 2016, Martin Gosse de Gorre reprend, cette même année, l’exploitation familiale située à Ostreville, dans le Pas-de-Calais, sur 174 ha de céréales et cultures industrielles. Ses limons battants, sensibles à l’érosion, le poussent à initier un réaménagement de son parcellaire dès 2019, par des plantations de haies, de saules et de miscanthus en bandes. « Cette démarche favorise également la biodiversité », souligne le jeune agriculteur.

La proximité de quelques-unes de ses parcelles avec l’école maternelle du village l’amène aussi au bio sur une partie de l’exploitation. Cette conversion, mise en place en 2019, lui permet de limiter ses ZNT riverains (1) à une surface d’un hectare. Selon les parcelles, ces zones sont actuellement en herbe ou en bandes fleuries. « Le carbone étant le sujet de demain, j’ai récemment engagé un diagnostic avec la chambre d’agriculture pour savoir où j’en suis et vers où je dois aller », ajoute l’exploitant.

Certification Iso 14001

Grâce à l’aide d’une association (2), Martin Gosse de Gorre comptabilise aujourd’hui 2 600 mètres de plantations, toutes espèces confondues. La biomasse produite devrait chauffer la maison familiale dès cet été ou au plus tard dans un an.

« Concernant ma dynamique de conversion au bio, je pense rester pour le moment à 53 hectares », indique-t-il. En effet, en raison d’une demande en baisse de la part des consommateurs, les contrats auprès des industriels sont plus difficiles à trouver.

Il l’avoue, tous ces projets menés de front prennent du temps. « Mais c’est maintenant ou jamais et je ne m’interdis pas de revoir ma stratégie d’ici quelques années, selon son impact sur l’environnement, la rentabilité de mon exploitation et ma qualité de vie, affir­­me-t-il. Mon engagement dans la certi­fication Iso 14001 avec l’association Terr’avenir me donne d’ores et déjà la possibilité de prendre de la hauteur sur ce que je fais. » Grâce à un processus d’amélioration continue, cette norme permet une démarche de progrès des performances environnementales des exploitations.

Charlotte Salmon

(1) Zones non traitées.

(2) Planteurs volontaires.

Diversifier les débouchés

Début 2021, Martin Gosse de Gorre et quatre de ses amis créent la marque « Graines en Nord », pour mieux valoriser leur production respective de légumes secs. L’année dernière, l’agriculteur a engagé 10 ha dans le projet, sur la partie en bio de l’exploitation : une manière pour lui de compenser ses difficultés à trouver des débouchés auprès des industriels. À ce jour, des investissements en Cuma (1) ont été réalisés pour un trieur et des caisses hermétiques, à hauteur de 24 000 euros. Le prochain devrait porter sur un atelier de transformation.

(1) Coopérative d’utilisation de matériel agricole.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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