Livraison. L'équipe du Gaec livre les produits à son réseau de revendeurs. Rémy Alibert (en photo) est aussi en charge de la fabrication de la farine, de l'huile et des pâtes..

Vente directe. Perrine Guibal et sa mère, Geneviève Alibert, tiennent le magasin fermier familial des Moulins de Perrine, au coeur des plaines du Lauragais. Plus de la moitié des produits vendus sont transformés à la ferme. Le reste provient d'artisans de la région

L'EXPLOITATION

A L'Hom (Haute-Garonne)

• Surface : 168 ha• Assolement : 52 ha de blé dur, 21 ha de blé tendre, 26 ha de tournesol, 16 ha de colza, 37 ha de seigle, épeautre, maïs et cultures bio, 16 ha de jachères• Main-d'oeuvre : 4 associés et 3 salariés

C'est une matinée comme une autre aux Moulins de Perrine. Dans les cent mètres du magasin de L'Hom, en Haute-Garonne, Perrine Guibal s'affaire. Deux colis d'huile et de pâtes ont été commandés par internet, qu'il lui faut préparer prestement pour les confier à la factrice, qui va bientôt passer.

La gérante d'un magasin de producteurs téléphone pour se faire livrer trois cartons de farine. Perrine confie à son frère, Rémy Alibert, la tâche de lui expliquer qu'une si petite livraison aura un coût de transport élevé.

Cédric Guibal, le mari de Perrine, revient du marché où il a livré le pain qu'il a confectionné, pendant la nuit, dans son atelier de boulangerie. Il repart aussitôt, appelé en urgence pour une intervention en tant que pompier volontaire.

Geneviève et Guy Alibert, les parents de Perrine, rentrent tout juste d'un voyage. Geneviève se plonge immédiatement dans les comptes de la boutique.

Dans le magasin, des clients passent faire des achats, tandis qu'une équipe de journalistes de France 3 débarque pour réaliser quelques prises de vues. Le site fourmille.

C'est à l'occasion de l'installation de Perrine sur l'exploitation familiale, en 1998, que Guy, cultivateur depuis 1976, a l'idée de transformer lui-même une partie de ses céréales et oléagineux.

Il achète alors deux moulins à farine et une presse à huile pour mener à bien son projet.

Produits complémentaires

En 2001, avec l'arrivée sur l'exploitation de Cédric, boulanger de formation, l'équipe se lance dans la fabrication de pain. Puis, en 2002, avec l'installation de Rémy, ils font également des pâtes.

Tous sont alors réunis au sein du Gaec des Moulins de Perrine. Ils vendent leurs produits en direct, dans une boutique ouverte au sein de la ferme, et auprès de revendeurs locaux.

« En 2007, à la demande de clients qui trouvaient dommage que nous ne proposions pas plus de choses, nous avons créé la SARL Lauragais nature, pour commercialiser des produits complémentaires provenant d'artisans du Sud-Ouest, confie Perrine. Nous avons alors agrandi le magasin. »

De fil en aiguille, les transformations à la ferme se sont diversifiées. Dans les rayons de la boutique, on trouve désormais sept variétés de farine, cinq d'huile et trois types de pains. Chocolats, biscuits, vins, fromages, charcuteries, fruits... sont venus compléter l'assortiment.

Une organisation bien huilée

Aujourd'hui, Rémy est en charge de la fabrication des farines, des huiles et des pâtes, et Cédric cuit 400 flûtes de pain et des viennoiseries, six nuits par semaine. Quant aux cultures, Guy étant depuis peu à la retraite, c'est un salarié qui s'en occupe.

« Pour ma part, je n'interviens pratiquement plus dans la production, poursuit Perrine. Je m'occupe des commandes, des livraisons, des factures, de la comptabilité, aidée par ma mère, et je coordonne le travail au sein du Gaec et de la SARL. Je suis souvent débordée, mais c'est passionnant. »

En vitesse de croisière

Le Gaec transforme 70 ha de céréales et oléagineux, sur les 150 ha cultivés. Le reste est livré à une coopérative. Il commercialise ensuite 20 % de ses transformations dans le magasin de L'Hom et une petite partie par internet. Mais le gros des ventes se fait par l'intermédiaire d'un réseau de magasins de producteurs de la région ainsi que dans les Gamm vert.

« Nous sommes quatre associés et faisons travailler trois salariés, précise Perrine. Faire vivre sept personnes avec 168 ha de SAU, dans le Lauragais, c'est un record ! »

Aujourd'hui, la petite équipe a trouvé sa vitesse de croisière. Mais dès qu'elle aura une minute, Perrine sait qu'il lui faudra développer d'autres circuits de vente et travailler son fichier clients. Une prochaine étape...

Un outil fonctionnel sur un même site

Pour disposer d'un outil de travail moderne et fonctionnel, la famille a rassemblé, sur le même site, le matériel agricole, les installations de stockage de grain (750 tonnes), les outils de transformation et le magasin. Les associés disposent aujourd'hui de cinq moulins à farine, d'une presse à huile, d'un laboratoire de fabrication de pâtes et d'un atelier de boulangerie.

« Nous valorisons bien mieux nos cultures en les transformant nous-mêmes qu'en les livrant à la coopérative, souligne Perrine Guibal. Pour l'instant, cela ne concerne que la moitié de nos récoltes, mais nous aimerions augmenter cette part. Il n'y a qu'en 2007, lorsque le cours des céréales était très haut, que nous avons transformé à perte. »

LES RÉSULTATS

• Chiffre d'affaires du Gaec des Moulins de Perrine

• Chiffre d'affaires de la SARL Lauragais nature

(pertes liées à l'ouverture d'un second magasin, rapidement fermé)

(estimation)

• Production transformée en 2012

Florence Jacquemoud (publié le 8 février 2013)