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Dossier « Nous réduisons le cycle de production des bœufs laitiers »

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Conduite. Les veaux passent les six premiers mois en bâtiment pour assurer un bon démarrage, explique Sylvain Lemoine (à g.), ici avec Mathieu Kimenau, d’EMC2. © V. Scarlakens

En utilisant de la semence hereford, l’EARL Lemoine espère diminuer le temps d’élevage des animaux issus du troupeau laitier et bénéficier d’un prix plancher.

ÀCommercy, dans la Meuse, les cinq associés de l’EARL Lemoine ont décidé de faire évoluer leur production de bœufs prim’holsteins. « Chaque année, nous vendons une centaine d’animaux âgés de 30 à 36 mois, explique Sylvain Lemoine. Pour augmenter notre troupeau laitier de 210 à 240 vaches, il nous faut gagner de la place. Le croisement avec la race hereford devrait permettre de réduire le cycle de production des animaux gras de presqu’un an. »

De la viande jeune

Le gain de temps et de place n’est pas le seul avantage du projet. « L’exploitation s’est engagée dans la démarche Herbopack de Charal, proposée par la coopérative EMC2, décrit Mathieu Kimenau, technicien chez EMC2. Les croisés mâles et femelles sont mis sous contrat dans les semaines qui suivent leur naissance. En échange du respect d’un cahier des charges, ils sont achetés au cours des bœufs de race à viande, avec un tarif minimum garanti. Sur la période 2014-2017, les prix d’achat moyens de la coopérative étaient de 2,79 € pour les bœufs laitiers et de 3,39 € pour les animaux Herbopack. »

L’objectif d’Herbopack est la production de viande finie à partir d’animaux jeunes, élevés en partie à l’herbe. Leur poids de carcasse ne peut excéder 350 kg, afin de répondre aux nouvelles exigences de la distribution. Un état d’engraissement de 3 et une conformation minimum P+ sont visés. « La précocité de la race hereford en fait une candidate idéale, explique le technicien. Elle permet d’obtenir une couleur de viande assez foncée et un bon état d’engraissement, à partir d’animaux jeunes. »

Les trente premiers veaux croisés de l’EARL Lemoine sont nés à partir du mois d’avril 2017. « Ils sont très dociles, apprécie Sylvain. Jusqu’à maintenant, nous n’avons pas rencontré de soucis particuliers. Nous gagnons en temps de présence et en prix de vente au kilo, sans changer notre conduite d’élevage. » À terme, le sexage des doses et le génotypage du troupeau laitier pourraient permettre de doubler la production d’animaux croisés.

Les ventes de paillettes se développent rapidement

« Sur la campagne 2011-2012, nous avons effectué 16 IA herefords et 6 IA angus. En 2016-2017, ces chiffres sont passés à 855 pour la hereford et 397 pour l’angus, constate Philippe Sibille, directeur de la coopérative d’insémination Élitest. Sur les six premiers mois de la nouvelle campagne, nous sommes déjà à 341 IA en angus. » Élitest, comme l’importateur de génétique Bovec, fournissent en très large majorité des éleveurs laitiers pratiquant le croisement. « L’explosion de la demande est en partie liée au développement de la démarche Herbopack, explique Philippe Sibille. À l’origine, seules la hereford et la vosgienne entraient dans le cahier des charges. » L’angus, la limousine et la stabiliser s’y sont ensuite ajoutées. La stabiliser a été introduite très récemment en France. Elle est issue d’un croisement à quatre voies entre les races angus, hereford, simmental et gelbvieh. L’association Bovinext s’est donnée comme objectif de créer un noyau de sélection de cette race.

Tête blanche. Un signe distinctif des croisés herefords. © V. Scarlakens
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Cet article est paru dans La France Agricole

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