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Dossier Du maïs sud-américain toujours plus compétitif

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© Diego Giudice/Archivolatino-Rea

Grâce à une génétique qui lui permet de produire toujours plus, la céréale bénéficie de surcroît, en Argentine et au Brésil, de traitements non-autorisés en Europe, la rendant plus attrayante sur les marchés mondiaux.

«La France n’a pas vocation à importer du maïs. Mais elle y vient, car cela coûte moins cher pour les fabricants d’aliments du bétail que de se fournir en France. Cette année, 900 000 t de maïs en provenance notamment d’Ukraine, de Roumanie et de Bulgarie ont donc été achetées », introduit Margaux Verdier, de France Export Céréales. Pour l’instant, l’Argentine et le Brésil n’approvisionnent pas la France, car les opérateurs n’achètent pas de maïs OGM. En revanche, ces deux mastodontes livrent d’autres pays de l’Union européenne (UE), dont l’Espagne, les Pays-Bas, l’Italie, le Royaume-Uni ou encore le Portugal.

Sur la campagne 2018-2019, les importations communautaires ont été massives, atteignant 41,1 Mt (voir l’encadré). « Une tonne sur quatre consommée dans l’UE est importée des pays tiers, signale Matthieu Çaldumbide, directeur adjoint de l’AGPM (1). Le Brésil, avec 3,950 Mt, est la deuxième origine derrière l’Ukraine (15,427 Mt). Il a pénétré le marché communautaire en 2007-2008, année de sécheresse en Europe. L’Argentine est cinquième avec 393 000 t. » (2)

Distorsions

L’Argentine exporte aussi sa production vers les pays du Maghreb, bien que l’UE soit plus proche. Les clients historiques de Buenos Aires apprécient les graines orangées issues de variétés adaptées au climat sud-américain, mais non produites sur le vieux continent. Les prix de l’origine argentine sont aussi plus bas puisque le pays a un système de production hypercompétitif : les fermes sont plus grandes avec des charges à l’hectare plus basses et le coût de la main-d’œuvre est plus faible.

« Les agriculteurs ont davantage accès à la technologie, dont entre autres les OGM. Les techniques de production s’améliorent : la fertilisation est plus intensive, les semences sont meilleures. De surcroît, le maïs est la céréale dont le rendement augmente le plus via la sélection classique, sans parler des biotechnologies, explique le responsable adjoint des producteurs de maïs. La France, qui était leader en termes de rendements du maïs, plafonne à 92 q/ha sur les cinq dernières années et est désormais dépassée par certains pays comme les États-Unis, avec une moyenne quinquennale autour de 105 q/ha. L’accès limité à la génétique, comme les restrictions en irrigation, phytos ou fertilisation, en sont la cause. »

Alors que ces pays du continent américain produisent allègrement à coups d’atrazine, néonicotinoïdes, glyphosate en plein… pratiques interdites en Europe.

(1) Association générale des producteurs de maïs.

(2) Dans le cadre de l’accord UE/Mercosur, un contingent à droit zéro de 1 Mt de maïs grain et sorgho est accordé.

L’Europe, dépendante des pays tiers

Avec une consommation en maïs en augmentation constante (82-83 Mt en 2018-2019) et une production qui stagne à 64,2 Mt, l’Europe a plus que doublé ses importations en dix ans, alouant une place toujours plus importante aux pays tiers. « Le prix du maïs a été attractif en alimentation animale, au détriment du blé et de l’orge. Malheureusement, les surfaces cultivées dans l’UE sont en baisse sur les cinq dernières années », illustre Matthieu Çaldumbide, passant de 9,557 Mha sur 2014-2015 à 8,267 Mha sur 2018-2019 (soit un recul de 1,29 Mha), dont « 350 000 ha en moins rien que pour la France ». Toutefois, les surfaces repartent à la hausse dans l’UE et la France en 2019.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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