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Dossier Dijon s’entoure d’exploitants

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Dijon métropole veut couvrir 6 à 8 % de la demande locale en 2024 et 10 à 12 % en 2030. © Philippe Roy - Archives

Pour nourrir ses habitants, Dijon métropole fait figure d’exception en associant aussi les agriculteurs.

Son objectif est d’augmenter sa part d’approvisionnement local et de protéger l’environnement par des pratiques agroécologiques. Dijon métropole, qui réunit 23 communes et 2 600 000 habitants, fait sa transition alimentaire à sa manière, en construisant ses indicateurs via son programme « Dijon alimentation durable 2030 ».

Afin de couvrir 6 à 8 % de la demande locale en 2024 et 10 à 12 % en 2030, elle s’est notamment associée à l’Inrae Dijon. « Nous expérimentons une grande diversité de choix agronomiques, pour en analyser ensuite les performances agricoles, environnementales, économiques et sociales, explique Philippe Lemanceau, directeur de l’Unité de recherche agroécologie de Dijon, vice-président de la métropole. La culture des légumineuses est privilégiée à travers la création d’une filière, avec le projet de deux unités de transformation par la Coopérative Dijon Céréales pour l’extraction de protéines végétales pour l’alimentation humaine d’une part, et l’alimentation animale d’autre part. Tout sera quantifié avec des indicateurs objectifs, de la production à la transformation et de la distribution aux consommateurs. »

Dans un souci de reconquête agricole, Dijon a acquis, depuis 2013, 200 hectares de terres agricoles, sur lesquels elle a installé de nouveaux agriculteurs. Elle veut aussi compter sur les exploitants des zones périurbaine et rurale, déjà en place : « Nous voulons nouer une alliance avec les territoires autour de la ville. Ce sont des terres d’élevage, de polyculture, de maraîchers. On peut même envisager de prendre des parts dans un abattoir local », reprend Benoît Bordat, délégué à l’agriculture périurbaine au sein de la structure.

Créer un label rémunérateur

Le vice-président, Philippe Lemanceau, rencontre chacun des maires des communes impliquées. « La cohésion ne peut avoir lieu que si nous sommes dans un deal réciproque. Nous recensons à la fois les forces en présence, mais aussi les terres qui pourraient être mises à la disposition des agriculteurs qui souhaiteraient s’installer avec des critères d’engagement compatibles avec le mode de développement que l’on veut promouvoir. » Ce travail de co-construction est mené avec tous les acteurs de la chaîne alimentaire et les citoyens. Il donnera lieu à la création d’un label certifiant l’origine locale, la qualité des produits et la garantie d’une meilleure rémunération aux agriculteurs.

La pertinence des marchés d’intérêt national (MIN)

La logistique intégrant les transports est organisée autour de grosses unités qui desservent les territoires, en priorité les magasins de la grande distribution. Ce qui constitue un obstacle à la mise en place de circuits alimentaires de proximité. Mais il existe des acteurs territoriaux susceptibles de les favoriser, les marchés d’intérêt national (MIN), pointe un rapport du Cese paru en décembre. Jusqu’à une période récente, la plupart des MIN jouaient un rôle de plate-forme pour des échanges aux niveaux national et international et n’avaient qu’une activité très limitée en faveur des filières de leurs territoires. Aujourd’hui, plusieurs ont développé des activités pour les acteurs locaux, en favorisant les circuits de proximité et en mutualisant les livraisons. C’est le cas de Rungis, Mercadis à Montpellier ou encore Toulouse. Le Cese préconise de rebaptiser ces MIN en MIT, marché d’intérêt territorial.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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