Le nouvel accompagnement à l'installation repose sur une personnalisation accrue du parcours. Désormais, les jeunes de moins de quarante ans désirant s'installer en agriculture peuvent bénéficier d'un programme de formation taillé sur mesure.

Ce parcours réformé est piloté par le comité départemental à l'installation (CDI), dans lequel siègent notamment les organisations professionnelles représentatives du département, ainsi que des représentants des collectivités territoriales. Le CDI se réunit au moins deux fois par an pour définir les modalités de l'accompagnement.

Au coeur du dispositif, le plan de professionnalisation personnalisé (PPP) participe à l'obtention de la capacité agricole professionnelle, indispensable au bénéfice des aides publiques à l'installation (prêts bonifiés et dotation aux jeunes agriculteurs).

Point info : accueil et orientation

Quel que soit le projet envisagé, il est important d'anticiper sa demande d'aides. La longueur du parcours est variable suivant les candidats. Six mois au minimum sont nécessaires pour accomplir les premières démarches.

Tout commence au point info installation (PII ou P2I). Cette structure départementale est chargée d'accueillir et d'orienter les porteurs de projets, qu'ils soient ou non demandeurs d'aides.

Là, chacun peut accéder rapidement à tout type d'informations concernant une première installation (réglementation, formalités, conditions d'éligibilité aux aides, etc.). La première étape consiste pour le futur installé à énoncer clairement son projet.

Dans le document d'autodiagnostic qui lui est remis, il présente son niveau de qualification et d'expérience et détaille les conditions générales de son installation. Ces informations restent confidentielles.

La réflexion se poursuit en présence de deux conseillers agréés, choisis dans une liste départementale. Ceux-ci accompagneront le jeune tout au long de ses démarches et même après son installation.

Sur la base du document d'autodiagnostic, ils procèdent à un entretien d'évaluation de compétences. Les conseillers apprécient alors la maturité économique et sociale du projet.

L'objectif de cet échange est surtout d'analyser les atouts et les points faibles du porteur de projet, au regard de ses expériences, et de le faire réfléchir sur les compétences nécessaires à la viabilité de l'exploitation : techniques de production, de transformation ou de commercialisation, gestion économique et administrative, etc.

C'est aussi l'occasion pour le candidat de vérifier la cohérence entre son projet professionnel et son projet de vie (organisation du travail, revenus attendus, aspects décisionnels, etc.).

PPP : formations à la carte 

Après avoir ciblé ses besoins en formation, les deux conseillers élaborent avec le futur installé un plan de professionnalisation personnalisé (PPP ou 3P).

Ce programme préconise des actions de formation à réaliser pour mener à bien le projet : stages d'application en exploitation agricole, en France ou à l'étranger, stages en entreprises autres qu'en exploitation, actions de formation continue, de tutorat, actions visant à l'obtention d'un diplôme conférant la capacité agricole ou encore, un stage de parrainage dans le cadre du Pidil (programme pour l'installation des jeunes en agriculture et le développement des initiatives locales).

Les formations à réaliser avant l'installation sont obligatoires. Celles préconisées après sont facultatives, mais garantissent la réussite du projet dans la durée.

Le plan prévoit en plus le suivi d'un stage collectif obligatoire de vingt et une heures (ancien stage de quarante heures). Cette expérience permet au jeune de réfléchir sur l'insertion de l'exploitation dans son territoire, mais aussi de rencontrer d'autres candidats et d'échanger avec eux.

PDE : viabilité économique 

Cosigné par le candidat et ses conseillers, le PPP est mis en oeuvre dès son agrément par les services de la préfecture.

Dès lors, le jeune a trois ans pour s'installer. Une fois qu'il a accompli toutes les actions de formation prescrites, le préfet valide le plan de professionnalisation et en informe la CDOA (commission départementale d'orientation de l'agriculture).

En parallèle, le candidat aux aides doit démontrer la viabilité économique de son installation dans un plan de développement d'exploitation (PDE). Assisté de son conseiller de gestion, il y présente les conditions techniques, juridiques, économiques et financières de son projet.

Selon ses projections comptables, l'exploitation doit dégager un revenu disponible compris entre un et trois Smic, ainsi qu'un taux d'endettement « raisonnable » au terme d'un délai de cinq ans.

Au regard du PDE, la CDOA examine la demande d'aide et, après accord du banquier, décide d'un montant de dotation aux jeunes agriculteurs (DJA). C'est le préfet qui, en dernier lieu, décide de l'octroi des aides.

Ce que les jeunes du lycée Pau-Montardon en disent

« S'adapter pour dégager un revenu suffisant »

« Aujourd'hui, s'installer en agriculture est très compliqué. Nous devons nous armer avant de nous lancer dans cette aventure ! Derrière chaque exploitation, il y a une vie de famille. Il est donc important pour nous de dégager un revenu suffisant. Ici, dans les Pyrénées-Atlantiques, il y a surtout des exploitations de petites structures qui peuvent encore compter sur de la main-d'oeuvre familiale bénévole. Mais on a remarqué ces dernières années que les cours des marchés sont très variables, ce qui fragilise les entreprises. Pour compenser ces fluctuations, les agriculteurs se diversifient de plus en plus : vente directe, chambre d'hôte, photovoltaïque... Le nouvel accompagnement à l'installation doit en tenir compte, car notre avenir sera fait d'adaptation régulière. Il nous faut rester informés et ouverts sur le monde. »

Ce que les jeunes du lycée de Montargis-Le Chesnoy en disent

« Un accompagnement plus personnel et plus concret » 

« Le nouvel accompagnement à l'installation est adapté aux attentes des jeunes. Il semble plus personnel et plus concret. De plus, les étapes sont bien encadrées par les nombreux organismes partenaires. Nous espérons tout de même que le parcours "se rode" au fil des cessions avec les différents acteurs. Nous, les agriculteurs de demain, sommes également soucieux du suivi "d'après parcours". Nous avons hâte de commencer les démarches et de rentrer pleinement dans le vif du sujet. Cela montrera que nous sommes arrivés à l'objectif fixé au début de nos études : l'installation. »

par Alain Cardinaux, Joël, Loïc et Sébastien (Pau-Montardon), et Guillaume, Tancrède et Timothée (Le Chesnoy) (publié le 19 février 2010)