Depuis une quinzaine d’années, l’autochargeuse est devenue l’engin indispensable des chantiers d’affouragement en vert. Sur la plupart, elle a remplacé l’ensileuse à fléaux, économique mais offrant peu de débit. Cette dernière est désormais cantonnée à la récolte du maïs vert dans la zone comté et à des dépannages ponctuels pour l’herbe. Pour toutes les autres conduites, l’autochargeuse est le matériel de référence­. Avec environ 250 unités neuves vendues chaque année, ce marché est encore relativement confidentiel, mais il bénéficie d’un potentiel très dynamique sur l’occasion. Côté technologie, deux concepts se partagent les ventes à parts égales.

Transfert direct du fourrage

La première solution est celle de la faucheuse montée devant le pick-up, qui alimente la remorque. Quatre marques, deux françaises (Belair et Jeulin) et deux italiennes (Bonino et Supertino), se partagent le marché. Il serait plus exact de parler de faucheuses-autochargeuses pour ces machines. Elles sont plébiscitées par les éleveurs qui affouragent plus de 200 jours par an, mais veulent rester totalement indépendants pour la distribution de la ration.

Afin de récolter un fourrage sur lequel le tracteur n’a pas roulé, l’engin est déporté par rapport au tracteur, ce qui augmente les traces au sol et complique la conduite. Sous le timon, la fauche est assurée par un ou deux tambours pour une largeur de ramassage limitée à 2 m.

Au niveau de la remorque, la capacité de chargement peut atteindre 44 m3, mais la moyenne se situe autour de 25 m3. Le rotor est entraîné par une chaîne et l’acheminement de la matière dans la caisse est assuré par des chaînes à barrettes. Le point fort de la faucheuse-chargeuse est la qualité du fourrage grâce à un transfert de la récolte sans contact de l’herbe fraîchement coupée avec le sol. En effet, le tapis de fourrage est repris directement par le pick-up en sortie de tambour.

Côté tarifs, il faut compter entre 25 000 et 45 000 euros pour un tel engin, en fonction de sa capacité. Sur le marché de l’occasion, des autochargeuses en bon état sont disponibles à partir de 10 000 euros.

Davantage de capacité

De leur côté, les remorques autochargeuses pures sont attelées à l’arrière du tracteur et roulent dans les mêmes passages de roues, ce qui limite le matraquage du sol. Elles offrent une capacité plus importante que les faucheuses-autochargeuses, avec un volume utile qui peut atteindre 60 m3. La faucheuse se monte à l’avant du tracteur et sa largeur de travail se décline entre 2,4 et 3 m. L’autochargeuse permet un débit plus conséquent que la solution alternative.

Son coût est également plus élevé. Il faut compter plus de 45 000 euros pour une capacité moyenne, auxquels il faut ajouter le relevage et la prise de force à l’avant du tracteur, soit un surcoût de 10 000 euros. Mais la machine pourra aussi être amortie sur d’autres chantiers, comme l’ensilage ou le transport pour le séchage en grange, grâce à sa polyvalence.

L’autochargeuse qui travaille en combinaison avec une faucheuse frontale offre un débit important. Elle peut être utilisée sur d’autres chantiers comme l’ensilage, grâce à sa rampe de couteaux. © P. Peeters