En arrivant à Neuvéglise, dans les monts du Cantal, l’impression d’espace est saisissante. À 1 000 mètres d’altitude, l’EARL du Noisetier surplombe les sources thermales de Chaudes-Aigues et croise les chemins des randonneurs. Sur les prairies à perte de vue, Laurent Barthélémy élève 80 mères de race Aubrac et 60 chèvres angoras pour leur laine mohair. Il y a dix ans, Laurent et son épouse, Caroline, souhaitaient se lancer dans l’accueil des touristes. Rénover les anciens bâtiments de ferme s’avérait trop coûteux. Tout à leurs réflexions, ils « tombent » sur un documentaire télévisé sur l’hébergement en yourtes. Ils sont aussitôt séduits. Et une prairie offrant une belle vue dégagée, à 100 mètres du corps de ferme, est idéale pour en installer.

Attention aux faux frais

En 2011, le couple commande quatre yourtes traditionnelles de 27 m2, ainsi que le mobilier en bois, directement en Mongolie pour 3 500 € chacune, hors plancher et lits (1 500 €/emplacement). Si le prix est attractif, le couple essuie des déconvenues : difficultés au montage, aucun service après-vente et mauvaise qualité des toiles (qu’il a fallu changer cinq ans plus tard, à raison de 1 300 € chacune). Trois yourtes sont destinées à l’hébergement et la quatrième sert de cuisine et de salle à manger communes. À proximité, le couple installe un bloc sanitaire. La construction de ce local, avec trois salles de bains, une fosse septique et l’alimentation électrique, se chiffrera à près de 30 000 €. La Région et le Feader subventionneront 15 % des travaux.

En août 2011, tout est prêt pour accueillir les premiers campeurs. Le couple poste une annonce sur le site de Bienvenue à la Ferme. Ils se font aussi connaître auprès des offices de tourisme locaux. La clientèle augmente petit à petit. Les campeurs apprécient le calme, la découverte de la vie à la ferme et la proximité des chèvres, trop contentes d’être caressées.

En juin 2013, Laurent et Caroline organisent une journée portes ouvertes. Mais ce qui donne un coup d’accélérateur à l’activité sera de figurer dans les offres « Nuit insolite » des coffrets Wonderbox. Cette société, qui les a démarchés en 2013, propose des nuitées pour deux personnes à 70 €. Pour ce tarif, l’EARL du Noisetier ajoute à la location (50 €/nuit) le petit déjeuner et une dégustation de fromages. Le couple perçoit 49 € sur les 70 € facturés par Wonderbox. Le concept fonctionne et leur apporte aujourd’hui 30 % de leur clientèle.

Le camping affiche complet du 10 juillet à fin août et les week-ends de mai à septembre. Les locations sont de courte durée, d’une ou deux nuits. Caroline loue chaque yourte 70 nuits en moyenne par an, soit un taux d’occupation de 20 %, pour un chiffre d’affaires d’environ 4 000 €/yourte. Le temps passé pour chaque visiteur est de deux heures, entre l’accueil, les explications et le ménage. Les campeurs apportent leurs draps.

Tarifs pour 2 personnes : 50 €/nuit, 330 €/semaine. Pour 4 personnes : 75 €/nuit, 400 €/semaine.

www.aupredesyourtes.fr

Traditionnel. L’intérieur est confortable, avec plancher au sol. Pour l’eau et l’électricité, il faut se rendre au bloc sanitaire. © S. Bergot/GFA
Visites. Les estivants s’intéressent aux activités de la ferme. L’été, les chèvres angoras paissent à côté des yourtes. © S. Bergot/GFA
« La roulotte, c’était mon rêve d’enfant » Christelle Rousseau (Manche)

Christelle Rousseau et sa famille proposent quatre chambres d’hôtes au Teilleul (1). « En 2014, j’ai repris l’activité créée par ma belle-mère, explique Christelle. J’ai ensuite acheté une roulotte. C’était mon rêve d’enfant ! » Située à proximité de l’élevage laitier de la ferme de La Gortière, la roulotte peut accueillir deux adultes ou une famille avec deux enfants. Elle est équipée d’une kitchenette, d’une salle d’eau avec toilette sèche et d’un chauffage électrique. « Cet hébergement nécessite moins de temps que les chambres car il est souvent loué à la semaine, dès mi-mars et jusqu’en octobre, de 380 à 450 €/semaine. » Les clients apprécient la proximité avec les animaux et le calme. « Les trois quarts visitent l’élevage et se montrent très curieux. Et ils apprécient de mettre les pieds sous la table pour déguster les produits de la ferme. »

(1) www.chambres-hotes-gortiere.com

« Une installation réussie grâce aux tentes et huttes » Sylvie Jarry (Deux-Sèvres)

«Le camping à la ferme avec l’implantation de quatre tentes a permis l’installation de notre fille Amélie en 2011, se réjouit Sylvie Jarry. Son arrivée a stimulé notre activité de ferme pédagogique, lancée en 2002. » Situé à Moncoutant, à 35 minutes du Puy du Fou, l’élevage de parthenaises (1) a ensuite investi dans trois huttes en fibre de verre en 2016. D’environ 20 m2, les tentes et les huttes n’ont pas l’électricité et sont seulement équipées de lits. Les vacanciers disposent d’un bloc sanitaire et d’une ancienne grange rénovée pour les repas (2). « L’ambiance y est très conviviale. » Le Gaec Jarry accueille des groupes tout l’été (scolaires, centres de loisirs et personnes handicapées) qu’il loge dans les tentes. Les huttes ont permis de répondre aux attentes des particuliers, essentiellement des familles.

(1) http://www.ferme-pedagogique-puyjean.com

(2) À l’exception d’une tente équipée comme un gîte.

« Nous avons transformé un hangar en trois gîtes » Anne Jamelot, propriétaire de gîtes à Ploufragan (Côtes-d’Armor)

Comment transformer un hangar de tôles des années soixante-dix en trois gîtes lumineux ? C’est le défi qu’ont relevé Anne Jamelot et son époux Éric, avec Les Bâtisses à Jean (1). Fille d’éleveurs, Anne se lance dans l’agritourisme en 2014, après une carrière dans l’industrie du textile. Elle rénove tout d’abord une ancienne écurie en pierre (hébergement labellisé Gîte de France). Puis elle décide de valoriser le hangar situé à proximité. Pour transformer ce bâtiment agricole en surface habitable, elle a sollicité un changement de destination. « La difficulté, c’est d’obtenir le permis de construire, pas la construction », confie Anne. La construction nouvelle s’est insérée au rez-de-chaussée du hangar, sur un plancher et des murs en bois, et une isolation en ouate de cellulose. Le gros œuvre a duré six mois et a été réalisé par des professionnels. Il a fallu deux mois pour les aménagements intérieurs.

Les trois gîtes de 80 m2, 50 m2 et 20 m2 suscitent des questions sur leurs origines, sans qu’il y ait de réticences. « L’impression est très favorable car ils sont ouverts sur un grand espace vert. » Pour la décoration, Anne a joué sur l’esprit industriel du bâtiment. C’est le site de réservation en ligne booking.com qui lui apporte le plus de visibilité, pour des séjours allant du week-end à plusieurs mois (séjours professionnels).

http://lesbatissesajean.fr