Avec le terminal de certains tracteurs, il est possible de tout faire, même ce qui ne sert pas vraiment ! Une partie de notre mission lors des comparatifs est d'évaluer toutes les possibilités offertes par ces terminaux.

Une tâche qui se complique au fur et à mesure des années et de l'apparition des nouveaux écrans.

Depuis deux ou trois ans, ces derniers ne sont plus seulement utiles pour apporter des fonctions supplémentaires, ils deviennent indispensables pour utiliser le tracteur.

Ainsi, la tendance actuelle est de favoriser l'ergonomie du poste de conduite en déplaçant les commandes auxiliaires dans le terminal.

Passage obligé

Sur les tracteurs du test, la plupart des concurrents ont intégré dans le terminal des réglages tels que la butée haute du relevage ou le contrôle d'effort.

Il est donc impossible de labourer sans maîtriser l'ordinateur de bord et ses paramètres.

Dans la plupart des cas, ces manipulations simples se font de manière assez intuitive grâce à des pictogrammes clairs ou des touches de raccourcis. Il n'en est pas toujours ainsi, en particulier pour le paramétrage de la boîte et du moteur.

Là, il faudra prendre son temps pour comprendre la navigation entre les menus et surtout appréhender toutes les possibilités offertes par son matériel. Le réglage du superviseur de sous-régime est par exemple souvent négligé car il nécessite d'y consacrer un peu de temps à chaque changement d'outil.

Pourtant, son paramétrage est fondamental pour exploiter correctement une boîte à variation continue, sous peine de se retrouver avec un tracteur « qui ne tire pas ».

L'autre programme en plein essor est le réglage des distributeurs électrohydrauliques. Même si la proportion d'agriculteurs qui prennent le temps de fixer le débit et la temporisation dans les deux sens est encore minime, la possibilité de changer leurs affectations est séduisante.

En fonction de l'outil, il est intéressant de piloter un distributeur avec le levier en croix plutôt qu'avec les palettes. Cette solution permet de brancher les prises hydrauliques sans se poser de questions, en se disant qu'il sera toujours temps, dans le tracteur, de changer les commandes.

Cette tendance à tout contrôler avec le terminal peut devenir pénible dans certains cas, par exemple lorsqu'il faut naviguer à travers trois menus pour allumer le gyrophare ou changer le régime de prise de force.

Enfin, tous les terminaux du marché permettent désormais de programmer des séquences de bout de champ. Une opération qui s'effectue plus ou moins simplement selon les constructeurs et qui nécessite toujours plusieurs tentatives. La marge de progrès est encore importante pour démocratiser l'opération.

Test de nuit pour tous les concurrents

Les tracteurs de cette catégorie de puissance sont souvent amenés à travailler de longues heures consécutives pour bénéficier des fenêtres météo optimales. Afin de comparer leurs performances lorsque la visibilité diminue, nous avons travaillé de nuit, toujours avec les mêmes outils de labour, semis et déchaumage.

L'éclairage en cabine s'avère assez performant chez la plupart des concurrents, notamment grâce aux terminaux rétroéclairés. Attention toutefois aux Led rouges qui peuvent rapidement éblouir.

Du côté des phares de travail, les nombreuses options proposées par les tractoristes permettent de travailler en pleine nuit dans de bonnes conditions. La palme revient à John Deere qui éclaire réellement à 360°.

Henri Etignard et Corinne Le Gall, en collaboration avec Guido Hoener, Frank Berning, Jan-Martin Kueper (Top Agrar), Oliver Mark, James Andrews (Farmers Weekly), Martijn Knuivers (Boerderij) et Norbert Uppenkamp (conseiller en machinisme)