Indispensable, la propreté des locaux de stockage l'est encore plus dans le cadre de la lutte contre les rongeurs. Attirés par les grains prêts à consommer, ils profitent des abris et refuges qu'ils trouvent pour s'installer dans les silos. C'est la raison pour laquelle la prévention pour se protéger contre l'infestation prend tout son sens. Elle passe par l'élimination systématique des différents objets sous lesquels les animaux se sentent en sécurité comme les tas de palettes, les fûts et autres bidons. Les abords mêmes du silo doivent être le plus propres possible. Si les bâtiments sont fermés sur toutes les faces, il est conseillé d'obstruer par du grillage les orifices comme les gaines de ventilation, les bouches d'égouts, les espaces entre le bardage et le sol ou la toiture, etc.

Contrôler les locaux

Lorsque ces mesures préventives ne suffisent pas, et c'est souvent le cas, il faut recourir à l'emploi des rodonticides (voir l'encadré). Dans un premier temps, un travail de repérage des animaux consistant à relever tous les indices de leur présence (crottes au sol, traces dans la poussière, etc.) est nécessaire.

Ensuite, les appâts que l'on trouve sous différentes formes – grains traités en vrac ou plaquettes hydrofuges –, sont disposés à intervalles réguliers le long des murs, toujours à l'écart des denrées alimentaires. Dans le stockage à plat, la vigilance doit être encore plus grande et la préférence ira aux plaquettes, moins susceptibles de se mélanger avec le grain.

Pour des raisons d'efficacité et de sécurité, les appâts sont toujours manipulés avec des gants. Quel que soit le produit employé, il sera caché dans des boîtes ouvertes aux deux extrémités, ou sous des planches qui permettent aux rongeurs de se nourrir à l'abri des regards et des animaux domestiques.

Renouveler les appâts

Chaque quinzaine, voire chaque mois, dans des locaux propres qui ont connu peu de problèmes les années précédentes, une vérification permet de s'assurer de la présence ou non d'individus en fonction de l'état des appâts. Ceux toujours en place, d'un aspect «défraîchi», doivent être remplacés.

Si les rodonticides sont consommés en grande quantité, la surveillance devient très vite quotidienne. Il convient alors de placer le produit au plus près des gîtes supposés, qui se trouvent d'ailleurs parfois en dehors du silo, dans les talus ou broussailles voisins, près d'étables ou de vieux bâtiments à l'abandon.

Pour le surmulot, encore appelé rat gris, et de loin le plus fréquent, le produit sera disposé au niveau du sol, de même que pour les souris alors que pour le rat noir, il sera installé sur les murets et les poutres.

Les appâts répertoriés sur un plan doivent être visités toujours selon le même itinéraire, afin de n'en oublier aucun. Avant de trouver une situation assainie, il faut attendre parfois une quinzaine de jours de cette consommation intensive.

Des souris et des rats

La souris se reconnaît aisément: d'une longueur totale de 15 à 20 cm et d'un poids de 15 à 30 g, elle est de couleur grise avec une tête surmontée de grandes oreilles. Les traces de ses pattes de cinq doigts dans la poussière, ses petites crottes de 2 ou 3 mm et la forte odeur d'urine trahissent facilement sa présence. Elle possède une grande adaptabilité aux conditions climatiques et à la disponibilité en nourriture. Ce qui conduit la femelle à mettre bas de quatre à sept portées de deux à dix petits par an.

Le rat gris, de dix à quinze fois plus gras, peut mesurer jusqu'à 46 cm et peser près de 500 g. Il laisse des traces de queue en forme de S dans les tas de grain et des crottes à l'aspect de noyaux d'olive. La femelle fait jusqu'à cinq portées par an.

Un large choix de rodonticides

Une dizaine de matières actives composent les multiples spécialités du marché. Certaines sont réservées aux sociétés de dératisation, qui peuvent également gazer les terriers. Ces produits sont des anticoagulants et agissent à partir de faibles doses. Comme la mort n'est pas instantanée, les animaux ne font pas le lien entre leur ingestion et la mort des congénères.

par Vincent Thècle (publié le 23 novembre 2007)