«Cette année, 50 % des chantiers d’ensilage ont été réalisés à plus de 35 % de matière sèche (MS), dont la moitié à plus de 38 %, rapporte Hugues Chauveau, zootechnicien chez Arvalis. C’est nettement supérieur à l’objectif conseillé de 32 à 33 % de MS plante entière. » Un constat qui en dit long sur l’effet des conditions climatiques de l’été. « Cette campagne se caractérise par une importante précocité des plantes en raison de températures élevées tout au long du cycle, explique Michel Moquet, spécialiste du maïs fourrage chez Arvalis. Dès la première semaine d’août, certains maïs de l’est de la France atteignaient 34 % de MS. »

D’après les statistiques du ministère de l’Agriculture, le rendement moyen français s’établit à 12,2 t de MS/ha en 2018, soit un recul de 0,3 t de MS/ha sur la moyenne quinquennale de 2013 à 2017. Si les valeurs se sont globalement maintenues dans l’ouest de la France, elles sont en net recul dans les régions Centre (7,1 t de MS/ha), Auvergne (8,7 t de MS/ha), Rhône-Alpes (9,8 t de MS/ha) et Lorraine (9,7 t de MS/ha).

Moins d’énergie, plus d’encombrement

Le cru 2018 affiche une valeur énergétique moyenne de 0,90 UFL/kg de MS, en retrait de 0,02 point par rapport à 2017. « La moitié des ensilages se situe sous cette moyenne », précise Hugues Chauveau. Les profils énergétiques varient selon les régions. « On retrouve davantage de maïs typés "amidon" en bordure de la Manche et dans le Sud-Ouest, mais avec une fibre moins digestible. »

A contrario, la bonne digestibilité des tiges et des feuilles des récoltes précoces de l’est du pays permet de compenser en partie une faible teneur en amidon. Sur l’ensemble du territoire français, le taux moyen d’amidon s’établit à 28,3 %, inférieur de 4,5 points par rapport à 2017.

S’agissant des valeurs azotées, les teneurs moyennes en PDIN et PDIE affichent respectivement 45 g/kg de MS (- 3 g par rapport à 2017) et 67 g/kg de MS (- 4 g). Les récoltes prématurées ont permis d’obtenir un fourrage encore vert, avec des taux de matières azotées totales (MAT) approchant 8 % dans le Nord-Est. « Le moindre rendement explique également cette plus forte proportion de matières azotées », analyse Michel Moquet.

Enfin, le maïs 2018 est sensiblement plus encombrant que l’an passé (+ 0,01 point). « Avec un taux de matière sèche et un encombrement plus élevés, des problèmes de conservation et une moindre ingestibilité sont à craindre », estime Hugues Chauveau.

L’expert
« Les dégâts d’insectes foreurs progressent » Michel Moquet, spécialiste du maïs fourrage chez Arvalis

« La progression des dégâts de pyrale est marquée, cette année, notamment dans des zones jusqu’alors épargnées, comme en bordure de la Manche. La sésamie, essentiellement présente au sud de la Loire, a aussi été observée plus au nord. Le broyage et l’enfouissement rapides des résidus de culture permettent de détruire les larves qui se trouvent dans les tiges. Elles développent un potentiel infectieux au champ. La pyrale nécessitera une vigilance particulière pour les maïs de 2019. »