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Dossier Des éleveurs mobilisés pour sauver leur abattoir

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Les éleveurs s’impliquent aux côtés des salariés de l’abattoir. De gauche à droite : Marie Medem, Daphné Mervoyer, Sandrine Campillo et Christian Cucuillère. © Frédérique Ehrhard

À Quillan, dans l’Aude, le maintien de l’établissement d’abattage de proximité est indispensable au développement de la filière locale de la viande.

« L’abattoir, c’est notre outil ! Nous devons continuer à nous impliquer dans son fonctionnement », affirme Sandrine Campillo, éleveuse de vaches allaitantes et cogérante de l’établissement de Quillan. Durant l’été 2019, les services vétérinaires ont relevé une série de petits dysfonctionnements dans les procédures administratives. Le 13 septembre, le préfet a annoncé, sans préavis, la suspension de l’agrément. « Cela nous a fait un choc ! C’est le dernier abattoir du département. Nous en avons besoin pour mieux valoriser nos bêtes, que ce soit auprès des particuliers ou des bouchers locaux », explique Sandrine Campillo.

Rassurer les clients

Le week-end qui a suivi, les éleveurs de la haute vallée de l’Aude ont cherché une solution. « Grâce au bouche-à-oreille, nous avons trouvé une personne qualifiée, prête à reprendre en main le suivi qualité », raconte Daphné Mervoyer, qui élève des vaches allaitantes. Après une réunion d’urgence le 16 septembre à la sous-préfecture de Limoux, accompagnée d’une manifestation des éleveurs et des salariés, l’abattoir a rouvert ses portes dès le 18 septembre.

« J’ai dû décaler des commandes d’une semaine. Il n’aurait pas fallu que la fermeture dure plus longtemps. Je m’étais, malgré tout, préparé à faire les démarches pour mettre les salariés de mon atelier de découpe en chômage technique », note Christian Cucuillère, éleveur de porcs en plein air, valorisés en transformation. Il a aussi rassuré ses client­s. D­e son côté, Daphné Mervoyer a informé les siens par e-mail de la fermeture, puis de la réouverture. « J’ai reçu beaucoup de messages de soutien. »

Aider les salariés

Depuis, un petit groupe d’éleveurs bénévoles se relaie pour aider les salariés dans leur travail quotidien et suivre de près le fonctionnement de l’abattoir. Marie Medem, la nouvelle responsable qualité, a remis en ordre les procédures administratives. Un comité de pilotage, qui associe l’administration, la chambre d’agriculture, les éleveurs et les élus, se réunira chaque mois pour s’assurer que tout redémarre comme il faut.

En 2018, l’activité de l’abattoir multi-espèces de Quillan a atteint 411 tonnes équivalent carcasse pour trois cents utilisateurs de l’Aude, des Pyrénées-Orientales et de l’Ariège. En 2019, ce volume devrait encore progresser. Construit en 1995, cet outil a été rénové en 2015. Il appartient à un syndicat mixte, qui rassemble 152 communes de l’Aude. Par une délégation de service public, ce syndicat en a confié la gestion à l’Eurl Abattoir de Quillan, qui emploie six salariés.

Frédérique Ehrhard

Une dynamique à préserver

L’abattoir de Quillan livre plusieurs ateliers de découpe pour les éleveurs qui pratiquent la vente directe. « Pour apporter de la plus-value par rapport à la vente en maigre, nous développons aussi l’engraissement dans le cadre d’un partenariat avec des bouchers », précise Pauline Mouly, l’animatrice de l’association Viandes des Pyrénées audoises. Des cantines et des supermarchés commencent également à s’approvisionner localement. Par ailleurs, « nous fournissons un service en livrant 70 % des carcasses, que ce soit aux ateliers de découpe pour les éleveurs en vente directe ou aux bouchers et supermarchés locaux », détaille Sandrine Campillo, éleveuse.

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Les tarifs se maintiennent

Même si les commandes dans les magasins sont moins nombreuses pour la fin du mois de septembre 2021, les disponibilités restent globalement assez modestes. Ceci permet de maintenir les cours dans le secteur allaitant comme laitier.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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