Valoriser le travail des éleveurs naisseurs et renforcer la sécurité sanitaire et la traçabilité en atelier d’engraissement, c’est tout l’enjeu de la préparation des broutards. Une démarche à laquelle ont adhéré Olivier et Guillaume, associés du Gaec Marionneau à Saint-Vincent-sur-Graon, en Vendée. En 2020, parmi les 180 veaux charolais qui naissent sur leur exploitation chaque année, les deux frères ont décidé de valoriser 25 broutards préparés sous le contrat Alimax (1), déployé par la coopérative Ter’elevage.

Aller au-delà de la vaccination­

« C’est un moyen de sécuriser notre commercialisation », témoigne Olivier Marionneau. Les broutards éligibles au contrat doivent être de races charolaise ou limousine pures et de bonne conformation, peser au moins 270 kg vifs et ne pas présenter de troubles sanitaires ou locomoteurs particuliers. L’âge à la contractualisation est plafonné à 12 mois.

Après le sevrage, les veaux sont vermifugés et vaccinés contre les trois principaux agents infectieux respiratoires (RS, PI3, Mannheimia haemolytica) rencontrés en engraissement. « Les éleveurs doivent aussi alimenter les bovins avec une ration repousse pendant au moins 60 jours après le sevrage, pour assurer une phase transitoire avant l’engraissement », souligne Hakim Ballout, technicien Ter’elevage. « Nous disposons d’une fiche technique où nous répertorions les interventions sanitaires et la conduite alimentaire », note Olivier.

La préparation sanitaire, qui est le socle de base, est rémunérée 25 € par broutard, à laquelle s’ajoutent des bonus en fonction du cahier des charges (vermifugation, écornage, préparation alimentaire, vaccination FCO) allant jusqu’à 60 €. En contrepartie de ces garanties de traçabilité et de qualité, l’engraisseur verse une rétribution financière au naisseur, dont le montant peut varier selon la formule choisie.

Les éleveurs, satisfaits du lot préparé et expédié à un engraisseur à 15 km, comptent engager tous leurs broutards en contrat Alimax cette année.

(1) Contrat historique Broutard Max complété
d’une version étendue en 2020 : Alimax.

« Deux tiers des naisseurs de notre zone vaccinent avant tout pour se prémunir de problèmes respiratoires », informe Marie-Anne Lefol, vétérinaire chez Terrena.
L’experte
« Décloisonner la filière » Marie-Anne Lefol, vétérinaire chez Terrena

« Les pathologies respiratoires sont responsables de 76 % des troubles sanitaires en atelier d’engraissement. Or, nous savions que, même en vaccinant en centre de tri, nous intervenions trop tard. Ter’elevage s’est donc fixé comme principe d’améliorer la santé respiratoire des jeunes bovins depuis 2007. Ce partenariat gagnant-gagnant, qui s’inscrit dans la stratégie de lutte contre l’antibiorésistance, récompense le travail des naisseurs et garantit aux engraisseurs une préparation de qualité. Ces derniers, qu’ils soient français ou étrangers, sont prêts à investir pour plus de sérénité et d’assurance de performances en début d’engraissement. Nous avons tout intérêt à décloisonner la filière et à faire coïncider offre et demande. »

Votre analyse du marché - Bovins maigres

L’offre en charolais tend à progresser

À l’approche de conditions climatiques moins favorables, les sorties de broutards tendent à progresser dans la Région Centre. L’animation commerciale reste néanmoins assez soutenue, portée par une forte demande des engraisseurs italiens.