«Le plus beau des animaux pourrait être déprécié dans un environnement sale et surchargé, explique David Fourtet, sélectionneur­ de salers, installé en Gaec avec sa mère Dominique, à Saint-Julien-aux-Bois, en Corrèze. Nous entretenons avec soin l’ensemble du corps de ferme, composé de notre maison d’habitation entourée de plusieurs bâtiments d’élevage­. Mes grands-parents et mes parents ont fait la même chose avant moi. Nous avons toujours privilégié l’herbe au goudron, elle met davantage en valeur les pierres claires de nos constructions traditionnelles. C’est particulièrement magnifique­ au printemps. La première satisfaction est pour nous, éleveurs, qui vivont sur notre lieu de travail. »

Des allées enherbées, des cailloux blancs et des fleurs ornant jusqu’à la stabulation sont aussi du plus bel effet pour les visiteurs, nombreux à venir chez le sélectionneur. « Nous avons des visites régulières d’acheteurs français et étrangers de juillet à novembre, explique David, qui assure 90 % de ses ventes de reproducteurs mâles et femelles en direct auprès d’éleveurs. Avec soixante-dix mères inscrites, il vend chaque année 80 % des femelles et 60 % des mâles en animaux reproducteurs.

Une haie de Fotinia a été plantée en remplacement d’une haie de thuyas vieillissants. L’objectif : « Cacher les remorques en entrant dans la cour. » © Monique Roque Marmeys
David Fourtet avec Nicky, premier de la section des taureaux jeunes à Paris en 2020. © Monique Roque Marmeys

Visiteurs étrangers

« En plus des éleveurs français, nous avons reçu des Russes, des Anglo-Saxons, des Australiens, des Belges, des Espagnols… C’est une fierté que de présenter un élevage propre.  »

L’entretien des abords exige un travail rigoureux de tonte (deux fois par semaine au printemps), de taille régulière des haies, de soins aux façades et aux toits des bâtiments. « Avec les tracteurs, nous traversons la cour en première lente pour la salir le moins possible. Nous balayons après avoir déchargé une remorque de paille par exemple. Ces petites attentions ne prennent pas beaucoup de temps, mais elles sont importantes à nos yeux, souligne l’éleveur. Nous nous appliquons aussi à ranger le matériel à sa place plutôt qu’au milieu de la cour. Ces habitudes ancrées dans notre fonctionnement ne sont pas vécues comme des contraintes. Il est important de donner une bonne image de notre métier et des races que nous sommes fiers de sélectionner. »

Monique Roque-Marmeys