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Dossier De lourdes restrictions d’emploi

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Les nouvelles phrases de risques inscrites sur les étiquettes interdisent souvent l’emploi des herbicides sur sols drainés. © Christian Watier

Retraits de molécules et conditions d’utilisations de plus en plus strictes complexifient l’emploi des herbicides sur céréales à paille.

C’est indéniable, tous les ans, les firmes proposent de nouveaux herbicides sur céréales (lire l’encadré). Toutefois, ces derniers comportent toujours des substances déjà présentes, si ce n’est sur céréales, dans la rotation. D’ailleurs, en parallèle, des molécules sont régulièrement interdites (isoproturon en 2017, ioxynil en 2015…). « Globalement, l’emploi des herbicides devient de plus en plus contraignant », ajoute Ludovic Bonin, chez Arvalis. C’est d’autant plus vrai pour les produits utilisés à l’automne, alors que ce créneau tend à croître ces derniers temps.

ZNT, DVP, etc.

Parmi les restrictions observées pour employer les produits, la phrase réglementaire Spe2 qui a pour objectif de protéger la ressource en eau. Elle peut comporter des libellés concernant les sols drainés (interdiction dans tous les cas, seulement avant le tallage des céréales ou dans les terres avec plus de 45  % d’argile...). Or, quand on sait que les surfaces concernées en France avoisineraient 3 millions d’hectares, on comprend l’impact potentiel de cette mesure (lire p. 48).

À cela s’ajoutent très souvent les dispositifs végétalisés permanents (DVP), que l’on retrouve au niveau de la phrase réglementaire Spe3 (pour préserver les milieux aquatiques). Ainsi, en bordure d’un cours d’eau, en plus des habituelles ZNT (zones non traitées) de 5, 20 ou 50 m, s’ajoutent ces dispositifs. Ils ont la particularité de ne pas pouvoir être réduits, contrairement aux ZNT. De plus, la plupart des herbicides ne peuvent être appliqués qu’une fois par an, voire, comme ceux à base de métribuzine, qu’une fois tous les trois ans.

Cela laisse présager un avenir sombre pour les molécules qui doivent être réautorisées au niveau européen (chlortoluron, flufénacet, diflufénicanil, prosulfocarbe...). Elles devraient tout au mieux être homologuées avec ce type de restrictions et des baisses de doses, ou être retirées. « Nous serons fixés en 2022 ou 2023 », ajoute le spécialiste.

Trois nouveautés cette année

Comme pour les campagnes précédentes, les trois nouveautés qui complètent cette année la gamme des herbicides sur céréales s’accompagnent de restrictions réglementaires (interdiction sur sols drainés et DVP de 20 m sur céréales d’hiver). Deux d’entre elles contiennent, à nouveau, du flufénacet. Il s’agit de Sunfire (Certis) et de Quirinus (BASF). Le premier est composé de 500 g/l de flufénacet. « Employé en pré ou postlevée, il présente l’intérêt de pouvoir réaliser de nouvelles associations, avec par exemple du chlortholuron ou Codix (400 g/l de pendiméthaline + 40 g/l de diflufénicanil) pour un très bon niveau d’efficacité et un coût compétitif », juge Ludovic Bonin, d’Arvalis. Toujours en prélevée ou postlevée, Quirinus (240 g/l de flufénacet + 50 g/l de picolinafène) dispose d’une « efficacité similaire aux standards du marché ». Impetus (Ascenza) peut, quant à lui, être utilisé pour venir à bout des dicotylédones à l’automne ou en sortie d’hiver. « L’association de diflufénicanil et de florasulame permet d’avoir un spectre assez complet », ajoute le spécialiste.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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