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Dossier « J’ai abaissé la part des vêlages d’automne pour préserver mes stocks »

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Pascal Bernard distribue du foin ou de l’enrubannage d’herbe par petits tas chaque matin dans la parcelle, de sorte que tous les animaux mangent en même temps. © Michel Joly

Pascal Bernard a opté pour une conduite d’élevage la plus économe possible. Un filet de sécurité nécessaire pour assumer l’achat de fourrages en cas de sécheresse.

Il y a neuf ans, Pascal Bernard s’est installé à la suite de son père sur l’exploitation familiale, au cœur du Morvan, en Saône-et-Loire. L’éleveur profite d’un parcellaire groupé de 170 ha en zone de montagne, fruit du travail de trois générations. « Cet agrandissement progressif, dans la continuité de la ferme, rend aujourd’hui possible l’élevage de quatre-vingt-dix mères charolaises, seul, explique Pascal. Tous les déplacements, effectués de parc à parc, représentent un gain de temps précieux. »

En système naisseur, l’exploitant commercialise la quasi-totalité de ses animaux en maigre, au marché au cadran de Moulins-Engilbert. Les veaux sont élevés au pré sous la mère les dix premiers mois. « J’accorde une attention particulière à la production laitière de mes vaches », indique l’éleveur. Ce travail de sélection lui permet d’assurer la croissance de ses veaux sans complémentation. « Les sécheresses à répétition ont conforté d’autant plus mon choix génétique », souligne-t-il. Les broutards sont ensuite repoussés en bâtiment deux mois avant la vente. Ils sont nourris à l’auge avec 50 % de triticale, produit à la ferme, et 50 % de concentrés­.

Au pré été comme hiver

Pour alléger les frais de bâtiment et de paille, Pascal effectue un roulement entre les vaches qui rentrent pour vêler et celles qui ressortent avec leurs veaux âgés de quinze jours. Les sols, plutôt granitiques, supportent bien le passage des bêtes en toute saison. Le cheptel bénéficie de terrains boisés et de bâtiments semi-ouverts en guise d’abri.

« Initialement, je groupais mes vêlages à l’automne pour relâcher les nouveaux-nés dans de bonnes conditions climatiques mais, à présent, les hivers sont moins rudes, relate l’exploitant. Les vêlages d’automne étant trop consommateurs de stocks, j’ai décidé, il y a quatre ans, d’étaler les naissances sur tout l’hiver. » Une trentaine de veaux naissent entre octobre et novembre, une quarantaine de décembre à février et quinze derniers entre mars et avril. « Dans le cadre de l’étude Climaviande (lire l’encadré p. 56), le choix de ces périodes de vêlage en fonction du climat est une réflexion à approfondir, appuie Véronique Gilles, conseillère à la chambre d’agriculture de Saône-et-Loire. Un autre point clé : avoir autant de veaux que de vaches. » Avec un taux de réussite au vêlage de 100 %, Pascal a produit en moyenne 99 bovins pour 100 vaches sur les trois dernières campagnes, soit l’équivalent d’un produit supplémentaire de 23 100 € par rapport aux objectifs moyens fixés pour le groupe de producteurs de broutards de sa zone.

Pâturage tournant

Pour optimiser la pousse de l’herbe, le cheptel est conduit en pâturage tournant simplifié. Dès que l’herbe ne suffit plus, vaches et génisses sont affouragées au pré chaque matin. Mais même en rationnant l’alimentation, Pascal ne parvient pas toujours à être autosuffisant. Avec la sécheresse survenue au printemps cette année, l’éleveur a dû affourager ses charolaises dès le 15 août. « C’est pourquoi je veille à rester prudent sur les investissements. Je garde une marge de manœuvre pour les achats extérieurs de paille ou de fourrages », précise Pascal.

Appréhender le changement climatique

Missionné par Interbev, l’Idele a mis au point avec ses partenaires (Arvalis, Inrae, Météo-France) des outils et méthodes pour se projeter dans le futur, l’objectif étant de fournir aux éleveurs et aux conseillers des supports pour étudier des pistes d’adaptation face au changement climatique. Intitulée Climaviande, l’étude a été ciblée sur trois zones d’élevage : le bassin charolais, le bassin limousin et les Pays de la Loire. Avec comme appui local les chambres d’agriculture, les éleveurs de bovins allaitants ont été impliqués pour réfléchir aux voies de sécurisation possibles à l’échelle de leur système.

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