Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Dossier La force tranquille

réservé aux abonnés

 - -->
Le terminal possède un mode « route ». Il s’apparente alors à un second tableau de bord en affichant les données essentielles. © P. Peeters

Derrière un concept rassurant mais sans prise de risque, ce tracteur se révèle confortable et ergonomique. L’Axion 900 possède de sérieux arguments face aux leaders de la forte puissance.

L’Axion est l’un de nos deux protagonistes « made in France ». Fabriquée au Mans, la gamme des 900 comprend 5 puissances, du 920 au 960. Ainsi, ce tracteur est décliné jusqu’à 445ch. Depuis la présentation des premières versions en 2011, son design extérieur n’a pratiquement pas évolué. Bien que conçu dans l’Hexagone, cette machine porte l’ADN du fabricant allemand, et nous n’allons pas nous en plaindre, car il hérite notamment du joystick des automoteurs de récolte de la marque. Notons que le constructeur vient de dévoiler la version Stage 5 avec quelques évolutions, non présentes sur notre tracteur.

Cabine

Nous accédons en cabine assez facilement. L’escalier à 5 marches est légèrement penché et possède l’une des premières marches les plus basses du test. Il s’accompagne de plusieurs poignées de part et d’autre. La structure de la cabine à quatre montants offre une porte intégrale. L’intérieur est assez sobre, avec un siège en tissu pour le conducteur comme pour son passager. Cette matière se retrouve également sur la partie arrière de l’accoudoir. Un choix particulier qui apporte du confort mais peut s’avérer salissant.

Les commandes sont regroupées et tombent sous la main. Le volume offert est bon, même si la profondeur de la cabine reste moyenne. La visibilité sur l’extérieur est également au rendez-vous. La seule faute notable est la vitre arrière, difficile à ouvrir comme à fermer.

Moteur

L’Axion 900 hérite du 8,7 l de FPT. Il développe, sur ce modèle, 355 ch de puissance maximale. Deux régimes moteur sont mémorisables. Ils s’activent avec des touches facilement identifiables. Nous les programmons à l’aide du terminal ou par un appui long. Nous pouvons également ajuster les valeurs de 10 en 10 avec des touches + et – sur l’accoudoir. Notons que le ralenti tombe à 650 tr/min dès que nous enclenchons le frein de parking.

Transmission

Pour la transmission à variation continue CMatic, l’allemand fait appelle à une ZF-Teramatic. Elle possède quatre gammes mécaniques dont le changement s’effectue automatiquement. La Cmatic offre trois modes de conduite : à la pédale, au joystick et un mode manuel. Petite subtilité, pour gérer l’avancement en utilisant le joystick, nous devons l’activer à l’aide du bouton « mode ».

La stratégie de conduite est construite autour de trois plages de vitesses virtuelles. Nous pouvons ajuster la vitesse cible et la vitesse maximale de chacune d’elles, hormis pour la troisième, qui évolue de toutes façons sur l’intégralité des vitesses. Ces plages de travail influent sur le joystick ou la course de la pédale. Ainsi, nous aurons plus de précision si notre plage va de 0 à 10 que si elle va de 0 à 30. Par ailleurs, la réactivité de la transmission est réglable de 0,5 à 3. Nous passons d’une plage à l’autre avec deux boutons sur l’accoudoir. Nous pouvons également paramétrer des touches du joystick pour piloter cette fonction et ainsi personnaliser selon notre travail. La vitesse cible s’active ensuite depuis le joystick. La transmission est plutôt souple et ses possibilités sont exhaustives.

Relevage

Le relevage arrière de catégorie 3 possède une capacité de levage sur sa plage entière de 7,5 t. Nous l’activons avec une commande placée directement sur le joystick et bien identifiée. La touche dédiée possède les fonctions montée/descente et une commande pas à pas. La molette de position prend place sur le côté droit de l’accoudoir.

Nous devons nous tourner pour accéder aux commandes auxiliaires, placées sur le montant arrière droit. Juste au-dessus, nous avons la commande pas à pas du relevage, l’emplacement est pertinent pour une utilisation lors des phases d’attelage.

Hydraulique

Notre Axion est muni de six distributeurs à l’arrière et deux ventraux. Pour piloter le tout, quatre leviers de type finger tip sont placés juste derrière le joystick. Un levier en croix et les touches F (touches personnalisables) peuvent aussi commander des distributeurs. Ainsi, il est possible de piloter plusieurs fonctions hydrauliques depuis le joystick.

Les distributeurs sont identifiés par un code couleur que nous retrouvons en cabine sur les finger tip, dans le terminal, et sur les prises push-pull à l’arrière. Depuis le terminal, via le menu hydraulique, ou même depuis le menu principal, nous réglons facilement un débit et une temporisation pour chaque distributeur. Le menu dédié apporte plus de fonctions, comme le choix du distributeur activé depuis les commandes sur l’aile arrière ou encore la possibilité de prioriser un distributeur. Pour notre confort, les branchements hydrauliques arrière possèdent tous des manettes de décompression­.

Prise de force

Deux régimes sont présents, 1000 et 1000 Eco. Le changement est électrique, avec des commandes placées dans le montant arrière droit. L’activation s’effectue depuis l’accoudoir. Dans l’ensemble, les touches sont claires. Un mode Auto, pour coupler la prise de force avec le relevage, est activable depuis l’accoudoir. Le bouton est un peu excentré mais identifiable­.

Ponts

Le pont avant suspendu est d’origine Dana. Les quatre roues motrices ainsi que le blocage du différentiel arrière sont gérés chacun avec un bouton, placé à l’arrière de l’accoudoir. Un appui bref active le mode automatique, alors qu’un appui long enclenche le mode permanent­.

Au travail

Au travail avec nos déchaumeurs, tout se fait pratiquement depuis le joystick. Hormis un petit son pour l’activation de la vitesse cible, aucun bip ne vient troubler notre quiétude au volant de l’Axion. Pour contrôler le travail réalisé, le siège conducteur pivote sur la droite mais avec un angle limité. De plus, nous ne pouvons pas le laisser flottant, ce qui est regrettable.

Au travail comme sur la route, le tracteur est plutôt confortable et la prise en main assez rapide. Le système de plage est bien adapté pour travailler avec une vitesse en fourrière et une vitesse de travail. De plus, le grand nombre de touches personnalisables, réparties à différents endroits, offre des solutions intéressantes­.

Les modes d’avancement (joystick ou pédale) sont enclenchés avec le bouton mode placé sous l’écran. © P. Peeters
Les touches F disséminées sur l’accoudoir sont facilement paramétrables. En revanche, l’écran ne nous indique pas où elles se situent. © P. Peeters
Le code couleur des distributeurs est également présent sur les prises. Elles sont réparties de part et d’autre du 3e point. © P. Peeters
L’accoudoir est bien organisé. Les touches sont grosses et assez claires. Quelques commandes sont également placées sur la console et le montant de la cabine. © P. Peeters
Le filtre à air, à l’avant du bloc de refroidissement, est facilement accessible. © P. Peeters
L’Axion dispose d’une caisse à outils astucieusement placée dans un tiroir derrière le marchepied. © P. Peeters
Un joystick qui a tout pour plaire

Hérité des automoteurs de récolte de la marque, le levier Cmotion est en rupture avec la concurrence. Il se distingue par une forme à la fois très arrondie et très complexe, surtout vu du dessus. Il se déplace d’avant en arrière mais pas de droite à gauche. Nous le prenons en main comme une souris d’ordinateur. Le constructeur l’a positionné plus bas que la partie de l’accoudoir supportant notre coude. Ainsi, le poignet n’est pas plié.

Les touches sont réparties à plusieurs endroits et sont facilement identifiables. Nous actionnons la plupart d’entre elles avec le pouce, mais quelques boutons sont également réservés à l’index, voire au majeur. Très complet, il offre la possibilité d’activer un grand nombre de fonctions, grâce notamment à 8 touches F, personnalisables, y compris pour les opérations Isobus. Le Cmotion possède également un inverseur, l’activation de l’autoguidage ou encore des manœuvres de bout de champs. Notons que le Cmotion est présent en finition Cebis. Le constructeur propose aussi les 900 en version CIS +, moins équipés.

La forme du Cmotion pourra en dérouter plus d’un. Sous son profil rondouillard, il cache une ergonomie très étudiée. © P. Peeters
Terminal Cebis : une solution claire mais incomplète

Notre modèle reçoit le Cebis Tactile. Sur ce grand écran, la dalle est plutôt réactive et la navigation intuitive. Des boutons physiques, placés sur l’accoudoir, offrent une solution alternative pour naviguer dans le terminal.

Le Cebis offre trois écrans principaux : « route », « Isobus » et « champ ». Nous passons de l’un à l’autre très simplement en un clic. Le mode « route » propose un écran très synthétique avec des informations relatives au moteur (vitesse, consommation, régime…), tel un tableau de bord. Avec le mode « champ », l’écran nous affiche une silhouette de tracteur. À l’intérieur, des logos clairs fonctionnent comme des raccourcis pour des réglages autour du moteur et de la boîte. En dessous, nous visualisons les différents distributeurs, identifiés par un numéro et leur couleur. Nous pouvons, une fois encore, simplement en cliquant dessus, accéder à leurs réglages.

Sur le côté droit, le Cebis est divisé en trois carrés superposés. Nous décidons des informations que nous souhaitons afficher dans chacun de ces espaces. Au travail, nous avons, par exemple, choisi l’affectation des touches F, nos plages de vitesses virtuelles et une case affichant quatre données sur le tracteur. Nous pouvons d’ailleurs choisir les quatre données que nous voulons afficher parmi plusieurs autres (consommation/ha, consommation/h, charge moteur…). Pour accéder à d’autres réglages, nous naviguons avec une bande qui défile sur le côté. En ce qui concerne l’ajustement des paramètres, le Cebis offre de nombreuses possibilités. En effet, nous pouvons les régler soit en faisant glisser le curseur, soit avec un + et un -, ou en entrant directement une valeur avec un pavé numérique.

Un écran affecté au guidage

Bien que cet écran soit récent, il n’est pas possible d’y intégrer les solutions de guidage. C’est un choix du constructeur. Notre tracteur est donc équipé du terminal S10 tactile pour réaliser nos fonctions de guidage. Avant d’apprécier les bienfaits de l’autoguidage, il nous faudra renseigner le profil du tracteur et de l’outil, et créer une nouvelle tâche. La programmation d’une ligne A-B est ensuite assez simple. Avec la solution Turn-in, en standard sur le S10, ce dernier nous propose la ligne optimale à reprendre en fonction de notre position et de l’angle des roues. Ce dispositif fonctionne dès que nous sommes à moins de 120 ° de la trajectoire, c’est un premier pas vers un demi-tour automatique.

L’habitacle de l’Axion est très classique. De bonne facture, il fait appel à plusieurs nuances de gris en tissu et en plastique. © P. Peeters
L’écran se divise en quatre parties, la plus grande est dédiée aux modes (« champ », « route » et « Isobus »). Les trois petites sont personnalisables. © P. Peeters
La solution d’autoguidage de Claas est plutôt ergonomique. Nécessitant son propre écran, elle pourra être utilisée sur d’autres machines. © P. Peeters
Le récap
Les points positifs
  • Joystick Cmotion complet et ergonomique.

  • Ergonomie extérieure du tracteur.

  • Tracteur confortable.

Les points négatifs
  • Passage à la conduite au joystick avec un bouton.

  • Le GPS nécessite un second terminal.

  • Vitre arrière difficile à manipuler.

L’Axion en chiffres

Moteur : 8,7 l FPT.

Puissance nominale : 350 ch.

Puissance maximale : 355 ch.

Empattement : 3,15 m.

Pneumatiques avant : IF 650/65 R34.

Pneumatiques arrière : IF 710/75 R42.

Le Claas Axion 930. © P. Peeters
Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !