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Dossier L’américain s’embourgeoise

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Case IH Magnum 380 AFS Connect - L’américain s’embourgeoise
Case IH Magnum 380. © Cédric Faimali/GFA

Cette nouvelle mouture du Magnum, toujours assemblée chez l’oncle Sam, gagne en confort et en modernité. Certaines solutions de réglages pertinentes nous ont cependant laissés sur notre faim, notamment par manque de fluidité.

Les Magnum AFS Connect ont été présentés l’année dernière. Ces tracteurs ont été revus, que ce soit à l’extérieur ou à l’intérieur. La gamme comprend quatre puissances du 310 au 400 ch. Alors que notre modèle est uniquement proposé avec la transmission CVX, le 400 ne peut recevoir que la full powershift. Cette nouvelle génération conserve une déclinaison RowTrac avec des chenilles à l’arrière.

Cabine

L’accès en cabine requiert 5 marches. Seule une poignée sur le côté droit nous aide à monter. Avec une structure à quatre montants, la cabine possède une porte intégrale. Notons qu’elle inclut un dispositif de centralisation, telle une voiture, pour fermer le tracteur à clé.

En cabine, presque tout a changé, accoudoir, joystick ou encore écran. Cette nouvelle mouture donne un sacré coup de vieux à la version précédente. Alors que le revêtement chromé était jusqu’ici cantonné au joystick, il fait son apparition un peu partout dans l’habitacle. Le siège en cuir est de la même couleur que le tracteur. Il pivote généreusement sur la droite. Les commandes sont presque toutes au niveau de l’accoudoir. Le reste est à la droite du plafonnier.

Moteur

Le Magnum est équipé du 8,7 litres maison. Deux régimes moteurs sont mémorisables. Ils sont programmables par un appui long ou depuis le terminal. Les touches pour les activer sont claires et bien placées. L’accélérateur à main du Case IH sort du lot. Comme pour les autres modèles CVX de la marque, il est divisé en deux. Une manette gère le régime moteur alors que l’autre est une butée haute de régime.

Dès que nous touchons à l’une des deux, une fenêtre pop-up apparaît à l’écran. Dans le menu dédié dans le terminal, il est possible de paramétrer le frein moteur selon trois positions : auto, manuel et éteint.

Transmission

La transmission à variation continue CVX possède trois plages de vitesse virtuelles. Nous passons d’une plage à l’autre simplement, grâce à la petite palette sur le joystick Multicontroller. Avec la molette présente sur ce dernier, nous ajustons ces plages à tout moment. La conduite peut se faire à la pédale ou au joystick. Ce dernier se différencie également de la concurrence. Alors que les autres tracteurs possèdent des systèmes à impulsion, Case IH reste fidèle au levier à course.

Un peu comme avec un automoteur de récolte, nous déplaçons le joystick sur sa course pour aller plus ou moins vite. Au maximum de la course, nous avançons à la vitesse maximale programmée dans notre plage de travail. La précision du levier va être influencée par la vitesse maximale fixée. Par exemple, avec le joystick à moitié, nous serons à 5 km/h si la plage est réglée à 10 km/h. Ainsi, il n’y a pas de boutons pour activer une vitesse cible. Cette stratégie de conduite demande un peu d’habitude. Attention, contrairement aux joysticks à impulsion, le tracteur commence à rouler si le levier n’est pas à sa position minimum lorsque nous sélectionnons le sens de marche.

L’agressivité de la transmission est également réglable selon trois niveaux avec une touche sur l’accoudoir. Enfin, depuis le terminal, nous pouvons choisir de conduire le tracteur en mode auto ou manuel.

Relevage

Le relevage arrière est ici de catégorie 4. Il possède une capacité sur toute sa plage de 10 884 kg. La commande principale est sur le joystick. Une commande pas à pas est présente sur l’accoudoir. La molette de contrôle de la profondeur prend place au milieu de l’accoudoir. Elle est positionnée à plat. Les réglages auxiliaires se font dans le terminal. Cependant, il est aussi possible de les ajuster avec deux molettes placées dans l’accoudoir. La première sélectionne les réglages à effectuer. La seconde ajuste la valeur. Si ce raccourci est pertinent, nous regrettons que les molettes manquent de précision, la faute peut-être à un écran trop lent.

Le relevage est équipé d’un troisième point hydraulique, mais celui-ci n’est pas branché sur les prises arrière. C’est une bonne idée pour éviter de limiter le nombre de distributeurs. Par contre, lorsqu’il s’agit de l’activer, c’est autre chose. Après moult recherches, nous trouvons comment l’actionner depuis le terminal. Il faut dire que la traduction de l’écran qui renomme cette pièce en « bras supérieur » manque de clarté.

Hydraulique

Notre Magnum reçoit quatre distributeurs à l’arrière et deux à l’avant. Ils sont identifiés par un code couleur et des numéros plutôt discrets que ce soit à l’écran ou à l’arrière du tracteur. L’accoudoir reçoit un levier en croix dédié à l’hydraulique et 4 finger tip. Ceux-ci possèdent un rétroéclairage de couleur. Ainsi, en fonction du distributeur que nous affectons sur un finger tip, ce dernier va prendre la couleur associée. C’est une solution moderne et bien pensée.

Nous pouvons également piloter deux distributeurs au choix depuis le joystick, et même deux de plus en paramétrant les touches personnalisables. Les réglages des temporisations et du débit se font à l’écran. Le débit peut aussi s’ajuster depuis l’accoudoir, avec deux molettes. Comme pour le relevage, la première sélectionne le distributeur à régler et la seconde ajuste la valeur. Une fois encore, ce raccourci manque de réactivité.

Prise de force

Ce pur américain n’est équipé que du régime 1000. L’activation se fait depuis l’accoudoir. Bien placés autour de la commande principale, nous trouvons les boutons d’activation du mode auto ou encore un raccourci vers le menu dans le terminal.

Pont

Le blocage du différentiel comme l’activation du pont avant disposent chacun de deux boutons, un pour activer le mode auto et un second pour enclencher le mode permanent. Le mode automatique est réglable dans le terminal selon quatre angles de braquage des roues.

Au travail

Au champ comme sur la route, le Magnum se montre plutôt confortable. Avec le siège qui pivote bien sur la droite, nous surveillons facilement­ le travail effectué. La visibilité sur l’avant de la machine est pénalisée par un capot volumineux mais sauvée par une caméra frontale. La stratégie de conduite­ au joystick demande un peu de pratique, mais presque tout se fait depuis ce dernier. Dommage que ce tracteur se révèle bruyant à l’usage.

Des réglages sont accessibles avec un menu circulaire. Il apparaît par-dessus les fenêtres de travail. © P. Peeters
Une molette ainsi que des touches « raccourci » sont présentes pour naviguer dans le menu circulaire. © P. Peeters
Les fingertips sont rétroéclairés de la couleur du distributeur qu’ils pilotent. © P. Peeters
L’accoudoir restylé est ergonomique et bien fini. Il intègre 8 touches personnalisables. © P. Peeters
Sur le relevage arrière de catégorie 4, les prises hydrauliques sont dépourvues de manettes de décompression. Par contre, le troisième point hydraulique n’est pas branché sur l’un des distributeurs arrière, ce qui libère une sortie. © Cédric Faimali/GFA
Sur l’accoudoir, quatre molettes ajustent à l’écran les réglages auxiliaires du relevage et les débits des distributeurs. © P. Peeters
Le tableau de bord est placé dans le montant avant droit. Cet écran couleur est clair et il regroupe les informations essentielles. © P. Peeters
Le Magnum en chiffres

Moteur : 8,7 l FPT.

Puissance nominale : 379 ch.

Puissance maximale : 418 ch.

Empattement : 3,155 m.

Pneumatiques avant : 650/60 R34.

Pneumatiques arrière : 900/60 R42.

Le récap
Les points positifs
  • Système d’éclairage en couleur pour les commandes de distributeurs.

  • Cabine spacieuse et siège confortable.

  • Bon tableau de bord dans le montant avant.

Les points négatifs
  • Tracteur bruyant, notamment la transmission.

  • Raccourcis de réglages avec les molettes trop approximatifs.

  • Pas de manettes de décompression pour l’hydraulique.

Le seul joystick à course de l’essai

Baptisé Multicontroller, le joystick du Magnun se différencie de la concurrence en fonctionnant avec une course et non avec des impulsions. Il vient de subir une cure de jouvence avec l’arrivée des Magnum AFS Connect. Cette version n’est pour le moment présente que sur ces tracteurs. Ce joystick possède une bonne prise en main. Avec cette forme, et sa course, il pourrait s’apparenter à la manette des gaz d’un avion. Le problème, c’est que la face avant est trop en arrière lorsqu’il est au minimum de la course. Nous avons envie de pousser le joystick juste pour mieux voir les commandes. Cela peut devenir frustrant si nous voulons conduire à la pédale. Les touches sont regroupées à son extrémité et sont activées principalement avec le pouce. Il intègre la plupart des commandes principales et possède toujours le bouton HMC II pour l’activation des manœuvres de bout de champs. Ce dernier est désormais un peu plus visible. Sur cette nouvelle version, le Multicontroller est équipé de quatre touches personnalisables et d’un second distributeur hydraulique.

Comme une poignée, le Multicontroller possède un bon grip. Cependant, sa position au minimum de la course est trop reculée. © P. Peeters
Un terminal ergonomique, mais parfois déroutant

L’écran Case IH, baptisé AFS Pro 1200, a été présenté avec les Magnum. Héritier de l’AFS Pro 700, il conserve une partie de son ergonomie. Ainsi, on retrouve le système de pages personnalisables « run ». Nous pouvons en programmer plusieurs. Elles sont alors accessibles avec les icônes en bas de l’écran. La partie gauche du terminal, également personnalisable, reste présente en permanence. Nous pouvons y afficher les vitesses cibles ou des informations sur le tracteur.

Pour accéder aux différents réglages du tracteur depuis l’écran, il faut d’abord trouver le menu, matérialisé par un logo avec une flèche et des traits en haut du terminal. Une fois sur cette page, nous cliquons sur le tracteur et nous voici enfin dans les réglages. À droite, une colonne s’affiche avec les différents pictogrammes et correspond aux menus de réglages proposés.

Un autre chemin est possible pour accéder plus facilement aux réglages. En effet, au milieu de l’accoudoir, une molette est destinée à la navigation à l’écran. En cliquant dessus, il apparaît une fenêtre ronde avec quelques pictogrammes autour. Nous pouvons alors tourner et cliquer pour sélectionner le réglage. Un second clic nous conduit sur la page du réglage choisi. Cette molette s’accompagne de touches « raccourci » ainsi que d’une touche « maison » et d’une autre pour revenir en arrière ; cette dernière aurait pu être plus intuitive. D’ailleurs, si les pictogrammes et schémas du terminal sont plutôt clairs, les traductions de certains termes techniques sont parfois aléatoires.

Pour ajuster une valeur, nous pouvons faire glisser le doigt sur le curseur, comme sur un smartphone. Des molettes présentes dans l’accoudoir servent aux réglages auxiliaires du relevage et à ceux de débit des distributeurs.

Dans l’ensemble, la dalle tactile fonctionne bien mais l’écran souffre d’une certaine lenteur, qui n’aide pas à fluidifier la navigation.

Avec l’AFS 1200, la gestion de l’autoguidage gagne en ergonomie et en fluidité. Tout se fait à l’écran, sur l’une des pages « run ». Dans le terminal, nous visualisons notre tracteur en 3D dans une parcelle fictive. Une série de logos simples sont placés sur la droite. Ce sont les raccourcis pour les différentes opérations autour de l’autoguidage. Nous traçons une ligne A-B assez facilement. Un gros logo en haut à droite nous informe, selon sa couleur, si l’autoguidage est activé, s’il peut l’être ou s’il est éteint.

La cabine est spacieuse, avec une belle finition. Il faut cependant aimer le cuir rouge et le chromé, omniprésents dans l’habitacle. © P. Peeters
Les écrans de travail « run » sont personnalisables. Certaines valeurs peuvent être ajustées directement depuis ces pages. © P. Peeters
La fenêtre affectée à l’autoguidage affiche un Magnum en 3D d’un réalisme surprenant. © P. Peeters
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Cet article est paru dans La France Agricole

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