Organisation. François Gauthé et Thierry, un des quatre associés du Gaec (de gauche à droite), planifient ensemble les accouplements des charolaises.

  

« Par goût, chacun a trouvé sa place au sein du Gaec, assure François Gauthé. Dominique s'occupe de l'alimentation des vaches, Hubert, des génisses, Thierry et Guy, des soins aux veaux. Jean-Gaël s'intéresse plutôt aux cultures. Et avec Guy, je gère tout ce qui est administratif. »

Tous les matins vers 10 heures, François, Guy, son frère, Dominique et Thierry, deux anciens employés, Hubert et Jean-Gaël, les deux salariés, se retrouvent pour prendre le petit déjeuner. C'est l'occasion de faire le point, d'organiser le travail de la journée et de prévoir  celui des jours suivants. Quand les petits travaux sont nombreux, l'équipe liste les tâches à réaliser avant de se les répartir.

Au Gaec Gauthé, à Isenay, dans la Nièvre, la période de pointe est celle des vêlages. Tout le monde met la main à la pâte. Sur les 324 charolaises, 240 mettent bas en décembre, janvier et février. Pour une bonne surveillance, associés et salariés font des rotations fixes toutes les nuits. Hubert commence la soirée, de 21 heures à minuit.

Puis Thierry prend le relais jusqu'à 3 heures. François termine la nuit. En cas de problème, ils font appel à Dominique ou Guy. Ils communiquent par mots sur un tableau prévu à cet effet.

Un bâtiment de 308 places

« Aujourd'hui, nous possédons quatre sites d'exploitation, poursuit François. Auparavant, les vêlages étaient dispersés dans des étables entravées. Chaque associé surveillait les animaux de son site.

En 2001, nous avons construit une stabulation de 308 places. Nous regroupons ainsi tous nos vêlages dans ce seul site. Les génisses sont conduites dans un autre bâtiment à quelques kilomètres de là.

La surveillance est meilleure et plus facile. Avant, nous passions toutes nos nuits avec nos vaches chacun de notre côté. Maintenant, nous limitons les surcharges de travail et nous pouvons nous dégager un peu de temps libre. Nous avons aussi pu mécaniser l'alimention et le paillage des vaches. »

Les concours gourmands en temps

Du côté sanitaire, François, Guy, Dominique, Thierry, Hubert et Jean-Gaël sont exigeants sur l'hygiène et les vaccinations pour éviter tout problème. « L'inconvénient de notre organisation actuelle est que nous multiplions le stress, estime François. Lorsqu'un veau est malade, nous le voyons tous. Avant, seul celui qui hébergeait l'animal s'en rendait compte. »

A tout cela s'ajoutent les concours. « Ils nous demandent beaucoup de préparation et de temps, note François. Mais on se serre les coudes. Au départ, à la création du Gaec, on nous a dit que ça ne marcherait jamais. Nous avons fait le pari. Cette volonté de réussir nous a soudés, nous sommes comme des frères maintenant. »

Vente aux enchères à domicile

En 2007, le Gaec Gauthé a organisé sa première vente aux enchères de veaux reproducteurs directement au sein de l'exploitation.

« Nous avons travaillé avec la Sicafome, qui gère le marché au cadran de Moulins-Engilbert, dans la Nièvre, détaille François. Nous avons présenté 65 veaux inscrits sur une journée. Nous en avons vendu 54, au prix moyen de 1.850 euros. Cela nous évite de transporter les animaux, qui sont plus tranquilles dans leur cadre de vie.

Autre avantage, nous avons pu les présenter avec leur mère. Par rapport à un concours, les veaux n'ont pas reçu de préparation particulière. Ils étaient plus naturels. Les acheteurs ont apprécié le choix important et, pour nous, la pression sur les prix était moindre. »

   

Insémination : des paillettes maison

Les associés et les salariés du Gaec possèdent une vingtaine de taureaux qu'ils font prélever. Ils inséminent ensuite les vaches en stabulation. Pour assurer les filiations, les mères sont mises au pré avec le taureau dont elles ont reçu la semence.

par Carole Hiet (publié le 27 juin 2008)