« Les médicaments vétérinaires doivent posséder des propriétés curatives ou préventives vis-à-vis d’une maladie. Ils visent à corriger, restaurer ou modifier des fonctions physiologiques », rappelle Sophie Barreteau, adjointe au directeur et responsable du département Évaluation scientifique à l’Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV). Chaque médicament fait l’objet d’une autorisation de mise en marché (AMM). Or « dans l’arsenal thérapeutique actuel, très peu de produits destinés à l’aromathérapie ou la phytothérapie détiennent cette autorisation », poursuit la spécialiste.

Prescription obligatoire

Toutefois, l’usage de substances végétales dépourvues d’AMM est possible sous certaines conditions. C’est le principe de la « cascade thérapeutique ». Elle peut s’appliquer sur prescription vétérinaire, lorsqu’aucun médicament approprié n’est disponible pour soigner une pathologie. Le praticien réalise alors une préparation magistrale extemporanée. « Il s’agit d’un médicament préparé juste avant son utilisation. Il est destiné aux animaux d’un seul et unique élevage, explique Sophie Barreteau. Le temps d’attente doit au moins correspondre à la valeur forfaitaire ».

Les produits à base de plantes utilisés dans une telle préparation doivent disposer d’un statut vis-à-vis des limites maximales de résidus (LMR). Ces dernières « permettent de définir des seuils acceptables, dans les denrées alimentaires issues d'animaux traités, de substances contenues dans les médicaments vétérinaires », indique l’Anses (1).

Vers un classement adapté

Et c’est là que le bât blesse pour les substances végétales. Seule une vingtaine d’huiles essentielles disposent d’un statut LMR. « L’Anses a émis un avis en 2021 suggérant une approche LMR adaptée aux plantes et aux huiles essentielles, reprend Sophie Barreteau. À partir des données disponibles au sein d’autres réglementations comme celle pour les usages humains, un classement adapté aux plantes et préparations à base de plantes a été proposé. Ces travaux sont désormais présentés aux instances européennes ».

S’agissant l’homéopathie, les choses sont plus simples. « Ces produits sont soumis à une AMM mais peuvent, par dérogation, bénéficier d’une procédure allégée d’enregistrement, rapporte Paule Carnat-Gautier, directrice adjointe de l’ANMV. Ils ne sont pas soumis à prescription et sont donc accessibles directement ». Quant à l’acupuncture, les éleveurs peuvent librement la pratiquer. Une formation préalable est toutefois fortement conseillée.

(1) Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail