Le Luxxum, tout droit sorti de l’usine de Saint-Valentin, est un pur produit autrichien. Alors que ces tracteurs viennent de passer aux dernières normes antipollution, l’offre comprend toujours trois puissances. Pour notre comparatif, Case IH avait mis à notre disposition le 110, le modèle du milieu.

Cabine

Malgré une plateforme assez basse, l’accès aux commandes n’est vraiment pas le point fort de notre Luxxum. Outre une porte étroite, ses trois marches sont pentues et la première d’entre elles est située à 55 cm, soit l’une des plus hautes du test. Une fois assis, nous ne sommes pas à l’étroit, malgré un volume de cabine un peu plus faible que sur les autres tracteurs. L’habitacle de notre modèle autrichien ne fait pas dans le démonstratif. Il est certes bien fini, mais surtout sobre, peut-être même un peu trop. En effet, on retrouve beaucoup de noir et les commandes manquent de couleurs. Celles-ci sont majoritairement réparties entre l’accoudoir et la console. Derrière le volant, le tableau de bord comprend un écran en noir et blanc. Malgré sa petite taille, il affiche un grand nombre d’informations.

Côté rangements, si les vide-poches et porte-gobelets sont présents, on déplore l’absence d’un vrai rangement fermé dans l’habitacle.

Moteur

Fraîchement passé au Stage V, notre Case IH hérite désormais d’un bloc FPT de 3,6 litres. Il délivre ici 110 ch de puissance nominale.

L’accélérateur à main est un peu perturbant car il est composé de deux gâchettes, comme sur les modèles à variation continue de la marque. Cependant, ne vous y trompez pas ! La seconde commande n’est pas dédiée au moteur mais à la transmission. Il faudra donc veiller à manipuler le bon curseur pour arriver à ses fins. Il est possible de mémoriser deux régimes moteur que nous pouvons ensuite ajuster grâce à deux interrupteurs. Ces régimes sont activés directement depuis le joystick. C’est simple et efficace.

Transmission

La boîte fournie par ZF se compose de 4 gammes robotisées et quatre rapports sous charge. Un Hi-Lo mécanique est également présent pour porter le nombre de rapports à 32, en marche avant comme en marche arrière. Nous gérons le passage des powershift et des gammes depuis le joystick. Les commandes sont claires et bien placées. Notre pouce n’a ensuite que quelques centimètres à faire pour activer le mode Auto. Celui-ci nous propose de ne gérer que les powershift ou l’ensemble des 16 rapports robotisés. Le levier pour le changement de gammes mécaniques est placé curieusement à notre gauche. Il est cependant surélevé par rapport au plancher et le changement se fait assez facilement à l’arrêt.

Si les commandes de base sont rapidement cernées, cette transmission nous réserve de nombreux réglages et subtilités. Malheureusement, ces derniers demandent un peu d’habitude ou d’avoir un manuel sous la main pour exploiter leur potentiel. La manette jumelle de l’accélérateur à main est dédiée à l’ajustement de l’automatisme de la transmission. Selon sa position, le passage des rapports pourra se faire à plus ou moins haut régime (Eco ou Power). Derrière un petit bouton placé juste à côté, et surtout des termes tels que DeltaProg ou AutoProg sur l’écran, se cache la possibilité de paramétrer une différence du rapport engagé entre la marche avant et arrière de + 3 à - 3, mais aussi de limiter le nombre de rapports sous charge employés en mode automatique.

Pour changer le sens de marche, nous pouvons utiliser l’inverseur au volant doté d’un neutre, ou les commandes sur le joystick. Il est possible d’ajuster la réactivité du changement de sens mais, une fois encore, il faut connaître la procédure. Cela passe par un interrupteur à trois positions placé sur l’accoudoir, et dont le pictogramme n’est pas des plus clairs. Nous ajustons ainsi l’inverseur en mode rapide, moyen ou souple.

Relevage

Le relevage de catégorie II possède une capacité de levage sur l’ensemble de sa course, de 4,7 t. La commande principale est en bonne place sur le joystick. La molette de profondeur tombe également sous la main en étant bien placée au milieu de l’accoudoir. Cette dernière possède une bague à sa base pour mémoriser une position. La molette du contrôle d’effort est astucieusement placée juste à côté. Pour le reste des commandes auxiliaires, trois potentiomètres sont installés à l’arrière de la console. Pour les manœuvres d’attelage, on note l’absence d’un bouton stop, mais la présence d’une commande pas à pas. Si la visibilité sur les bras d’attelage est plutôt bonne, la place pour atteler est relativement limitée.

Hydraulique

En plus des deux distributeurs électrohydrauliques dédiés au chargeur, notre tracteur est muni de deux distributeurs mécaniques. Ils sont équipés d’une position flottante ainsi que d’un verrouillage mécanique. Un code couleur est présent sur les leviers et sur les prises à l’arrière du tracteur. Un distributeur électrohydraulique complète l’offre. Il est piloté depuis le joystick principal ou avec le levier en croix. Il est possible d’ajuster le débit et la temporisation de ce distributeur dans le tableau de bord grâce à une molette idéalement placée au pied du joystick. Cet emplacement stratégique aurait pu être laissé à une commande plus essentielle.

Prise de force

Ce Luxxum reçoit 4 régimes. Leur sélection est mécanique, grâce à des leviers à collier. Encore une fois, la position de ces commandes, l’une sur la console et l’autre au plancher, manque d’ergonomie et de logique. Ce tracteur dispose d’un automatisme pour coupler l’arrêt de la prise de force à la position des bras du relevage. Celui-ci n’est cependant pas réglable.

Ponts

Le pont avant suspendu qui équipe notre modèle est une solution maison. Il est proposé en option. Il peut être verrouillé ou ajusté en hauteur directement depuis des boutons sur le montant droit. Les commandes pour activer le blocage du différentiel et l’activation des quatre roues motrices possèdent des positions auto et permanente.

Sur la route

Notre Luxxum n’a pas à rougir lors de notre parcours routier. Malgré un gabarit inférieur à la moyenne du test, son comportement devant notre remorque à deux essieux est bon et sécurisant. La transmission répond présente et fait preuve de souplesse lorsque nous l’utilisons en mode automatique. Avec seulement 110 ch, il est logiquement un peu moins rapide que la moyenne lors du passage de la côte.

Le confort du chauffeur est au rendez-vous, comme la visibilité sur l’extérieur.