Les prairies humides de marais recouvrent 60 % de la SAU du Gaec géré par Jean-Paul et Marilyn Blestel, à Fontenay-sur-Mer, dans la Manche. Au temps du conventionnel, avant l’arrivée de Marilyn, Jean-Paul s’évertuait à cultiver 11 ha de maïs. « La portance est convenable, ce n’est pas de la tourbe, mais les terres sont argileuses et séchantes », dépeint l’éleveur. Résultat, « la mise en place dépassait 1 000 €/ha, avec 9 ou 10 tonnes de matière sèche par hectare, un ensilage de qualité moyenne et une grosse charge de travail à la clé ».

La ration hivernale des vaches laitières était composée aux deux tiers d’ensilage de maïs. L’enrubannage d’herbe (11 % de MAT), le foin et le tourteau de colza s’y ajoutaient. « On creusait le déficit protéique », relève Justine Vincent, conseillère chez Littoral normand. S’ensuivaient « des problèmes d’acidoses et de cellules », se souvient Jean-Paul.

Système repensé

Vint ensuite le temps des remises en question, concordant avec la conversion en bio de 2016 et l’arrivée de Marilyn. Après un bref passage sur une ration herbe et méteil, toutes les surfaces ont été converties en prairies, soit 100 ha.

Désormais, en hiver, les 50 normandes et croisées simmentals de l’élevage reçoivent du foin à volonté pour la fibrosité, et un mélange de coupes enrubannées (lire l’encadré). Le pâturage et l’affouragement en vert sont pratiqués « quand les conditions le permettent ».

Le coût alimentaire est descendu sous la barre des 40 €/1 000 litres. La productivité par tête est passée de 5 000 à 3 500 litres de lait à l’année, mais les vaches se sont refait une santé. Le temps des comptages à plus de 350 000 cellules sur le lait de tank est révolu (130 000 sur la dernière campagne).

« Nous nous sommes adaptés au terroir. La ration est cohérente avec le niveau de production laitière attendu, il n’y a pas de déficit énergétique », sourit Jean-Paul. Le couple d’agriculteurs souhaite néanmoins rehausser le niveau d’étable, de 160 000 à 200 000 litres annuels, en restant autonome. Cela se fera « en ramenant un peu d’index lait » et en « améliorant la qualité de l’herbe ». Dans cette optique, « 5 à 6 ha sont sursemés tous les ans avec un mélange suisse ».

« Une ration 100 % herbe peut convenir à des vaches plus productives, conclut Justine Vincent. La perte d’état sera plus facile à maîtriser sur une race mixte. »

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