Notre M6142 est le tracteur le plus puissant de la série M6, qui comprend trois modèles. Contrairement à son grand frère M7 construit en France, le M6 est un pur produit japonais et tous ses organes, depuis le moteur jusqu’au pont arrière, sont 100 % Kubota.

Cabine

Nous gravissons les trois larges marches pour prendre place sur un siège Grammer confortable. L’environnement de travail manque de chaleur et embarque quelques éléments assez rustiques, comme un pare-brise en deux parties et des montants avant en métal nu.

Le chauffeur bénéficie de suspensions de cabine et de pont avant en standard. Le frein à main est très mal situé. Il est particulièrement bas mais, surtout, il dépasse et nous l’accrochons plusieurs fois en descendant de la cabine. Heureusement, nous étions stationnés en terrain plat !

Kubota est le seul tracteur du comparatif à proposer un vrai terminal de 7’’. C’est un avantage, surtout pour les réglages de la transmission. De son côté, l’écran du tableau de bord est bien lisible et se pilote avec un panneau de touches tactiles. La navigation n’est pas du tout intuitive et impossible à mettre en œuvre sans le manuel : pour naviguer dans cet écran LCD, il faut couper le moteur et engager le frein de parking. Le joystick, placé en bout d’accoudoir, est mobile. La main repose confortablement sur le pommeau. Le nombre de commandes présentes sur ce levier est raisonnable et il ne manque rien.

Moteur

Le moteur Kubota affiche une impressionnante cylindrée de 6,1 l pour un 4 cylindres. L’accélérateur à main est souple et précis, ce qui n’est pas le cas de la pédale qui est handicapée par une course très courte et vient claquer sur une butée en métal, provoquant un bruit désagréable. Le limiteur de régime se règle à l’aide d’un potentiomètre. En plus, le chauffeur peut mémoriser deux régimes à partir de la position de l’accélérateur à main. Les valeurs enregistrées s’ajustent ensuite avec deux boutons sur l’accoudoir. Pendant le travail, nous activons ces régimes depuis le joystick. Un dernier bouton sur l’accoudoir nous offre la possibilité de travailler à régime constant.

Transmission

Cette boîte Kubota combine 3 rapports mécaniques à passage robotisé avec 8 powershift pour fournir 24 rapports dans les deux sens de marche. Dès les premiers tours de roue, nous remarquons que la première gamme est très lente et quasiment inutile pour les travaux réalisés lors de notre test. Les powershift s’engagent en poussant ou tirant le joystick.

Pour changer de gamme, il faut appuyer sur le bouton dédié situé sur le pommeau du joystick et pousser ou tirer ce dernier. À l’utilisation, les powershift claquent et un bip retentit à chaque passage, y compris en manuel. Il est possible d’automatiser le passage des powershift mais pas celui des gammes. Un bouton sur le joystick déclenche l’automatisation. La sensibilité des passages automatiques des rapports sous charge se règle au moyen d’un potentiomètre sur l’accoudoir. La différence entre les positions n’est pas flagrante.

Nous découvrons aussi que l’automatisme ne fonctionne pas en marche arrière. Point fort de cette boîte, il est possible de régler le nombre de rapports qui passent de façon automatique facilement depuis le terminal, pour les trois gammes, en mode Champ et en mode Route. On sélectionne ces modes sous le clapet de l’accoudoir. Le M6 intègre un dispositif de débrayage à la pédale de frein. La commande est astucieusement placée sur la colonne de direction, ce qui évite de la chercher dans l’écran. L’inverseur au volant n’est pas ergonomique et il faut le pousser pour mettre la boîte au neutre. Sa réactivité est réglable avec un potentiomètre sur l’accoudoir. Il y a un second inverseur sur le joystick, qui s’active avec un bouton de sécurité sous le pommeau.

Relevage

Le M6 intègre un relevage Cat III avec deux stabilisateurs automatiques en standard. Il est le seul à être aussi richement doté. Les bras se contrôlent sur le joystick. La molette de contrôle de profondeur est un potentiomètre auquel il manque une graduation et une butée mécanique. Le potentiomètre de contrôle d’effort est juste devant, ce qui est pratique au labour.

Sous le capot de l’accoudoir, on trouve les boutons de réglage de la butée haute et de la vitesse de descente. On regrette l’absence d’une commande pas-à-pas pour atteler l’outil. Le relevage se déverrouille depuis l’accoudoir. Plus étonnant, Kubota propose de condamner mécaniquement le relevage avec une manette placée derrière le siège.

Dans le terminal, il existe une mini-séquence de bout de champ pour automatiser l’activation des régimes moteurs A et B ou leur arrêt, en fonction de la position du relevage. Il est même possible de choisir le déclencheur (distance ou temps) et la valeur de ce paramètre.

Hydraulique

Kubota offre quatre distributeurs mécaniques dont l’un est employé pour le relevage avant. Le circuit à centre fermé est alimenté par une pompe débitant 115 l/min.

La solution de réglage du débit de ces distributeurs est un modèle du genre pour une solution mécanique. Quatre molettes de couleur sont ainsi présentes en cabine, à droite derrière le siège.

Prise de force

Notre M6 propose les quatre régimes en standard, sélectionnés au moyen de deux leviers. L’automatisme de PTO en fonction de la position du relevage s’active uniquement dans l’écran, ce qui est dommage. Il est possible de régler la hauteur d’engagement et celle de l’arrêt dans le terminal.

Ponts

Le pont avant et le blocage de différentiel sont pilotés par deux boutons, un pour l’engagement permanent et l’autre pour l’automatisation en fonction de la vitesse et de l’angle. Le M6142 possède aussi le dispositif de braquage court Bi-Speed, qui s’active avec un bouton situé sur l’accoudoir, au milieu des ponts et du différentiel. Avec ce système, les roues avant tournent plus vite que les roues arrière afin de réduire le rayon de braquage. Le pont avant bénéficie d’une suspension de série, réglable selon trois positions depuis la cabine.

Au transport

Sur la route avec la remorque chargée, le passage des rapports sous charge est un peu rude, voire brutal. Le bip qui accompagne chaque changement de vitesse devient vite très irritant. Et il n’est pas justifié en mode manuel. Le gabarit du M6142 contribue à renforcer l’impression de sécurité du chauffeur. Les suspensions se chargent du confort. Puissant, le Kubota est l’un des plus rapides dans la côte, qu’il franchit à 12 km/h.