Notre John Deere est issu de la dernière génération de 6M, présentée en 2019. Il se distingue par son capot plongeant, non présent sur les anciennes versions. Avec l’arrêt de la commercialisation des 5R en France, ces 6M sont devenus le cœur de gamme des tracteurs d’élevage du tractoriste américain. L’offre commence à 90 ch et se termine par le 6120 M, le modèle de notre essai.

Cabine

L’accès n’est pas l’un des points forts du 6M. Les trois marches sont étroites et pentues. De plus, ce tracteur intègre la plateforme la plus haute de notre test.

Une fois à bord, on reconnaît immédiatement l’environnement John Deere. Le tracteur hérite de commandes proches ou similaires à celles d’anciens modèles. Le siège est confortable et la qualité de fabrication est au rendez-vous. L’accoudoir de droite, très simple, se différencie de son homologue de gauche par la présence du joystick hydraulique à son extrémité. Le reste des commandes est réparti sur la console. Le 6M hérite d’un tableau de bord tout aussi dépouillé, sans cadran ni écran, qui n’est pas sans rappeler ceux des plus gros modèles de la marque. D’ailleurs, comme pour ces derniers, un écran prend place dans le montant avant droit. Il se divise en deux parties. Le bloc du haut, qui représente les trois quarts de l’écran, sert d’affichage pour les informations. La partie basse est destinée aux réglages.

Côté rangement, le modèle comprend un coffre fermé, disposant d’un volume généreux à gauche et un porte-bouteilles à droite.

Moteur

Le 6M est doté d’un moteur maison, un 4,5 l DPS. Il est conforme au Stage V et affiche une puissance maximale de 133 ch. Le dispositif de boost IPM, activé au transport et à la prise de force, porte cette puissance à 145 ch. L’accélérateur à main, placé sur la console, est souple et précis. Il est possible d’enregistrer deux mémorisations de régimes moteur, grâce à un interrupteur clair et bien placé sur la console.

Dans le terminal, nous pouvons également paramétrer une butée haute de régime et un régime minimal pour le passage automatique des rapports sous charge. Un dispositif d’anticipation de charge est présent. Il sert à augmenter le régime moteur dès que l’on sollicite une fonction donnée. Cependant, contrairement à ceux d’autres tracteurs, pour fonctionner, il requiert d’avoir la gestion des rapports sous charge en automatique et l’accélérateur à main au maximum.

Transmission

Notre modèle est équipé de la CommandQuad, une version robotisée de la PowrQuad, que l’on ne présente plus. La CommandQuad comprend six gammes et quatre rapports sous charge, pour vingt-quatre vitesses en marche avant comme en arrière. Nous la pilotons avec des commandes centralisées à l’avant de la console. Nous passons les powershift avec un petit levier à impulsion, alors que nous sélectionnons les gammes de A à D avec un bouton pour chacune d’entre elles. Pour accéder aux gammes supérieures, E et F, un autre bouton, indiqué par la mention B-F, est présent. Il automatise le passage des gammes de la B à la F. Nous devons donc automatiser ce passage pour accéder aux deux dernières. Pour activer l’automatisme des powershift, il suffit de basculer le petit levier sur la droite. Une fois en ce mode, il n’est pas possible de reprendre la main sur les powershift, sans sortir du mode auto. Avec la molette présente sur le levier, nous ajustons la vitesse cible, qui est en fait une butée haute. Nous pouvons également paramétrer dans le terminal un rapport de démarrage lorsque nous travaillons dans le mode automatisé B-F. Deux mémorisations, qui s’ activent depuis la console, sont possibles.

L’inverseur est souple et bien placé. Il intègre une position neutre. Son agressivité est réglable dans le terminal.

Relevage

Le relevage de catégorie III affiche une capacité de levage maximale de 5,7 tonnes. Nous le pilotons avec un bloc placé sur la console. Hérité des séries 20 et 30 du constructeur, il comprend aussi le curseur pour régler la hauteur de travail. Une butée mécanique est présente, nous l’ajustons avec une molette. Tous les autres réglages auxiliaires s’effectuent sur l’écran, y compris le contrôle d’effort. Même s’il y a des touches raccourcies à l’arrière de la console, cette solution manque de facilité pour ajuster rapidement le contrôle d’effort, au labour par exemple.

En attelant notre outil, nous constatons la faible visibilité sur les bras de relevage. En outre, nous ne bénéficions pas d’une commande pas à pas, et la commande principale ne dispose pas de stop.

Hydraulique

Le circuit de notre 6M débite 114 l/min. Il alimente les deux distributeurs électrohydrauliques dédiés au chargeur, ainsi que trois distributeurs mécaniques. Par ailleurs, le joystick qui pilote le chargeur actionne également le relevage avant ou encore des fonctions IsoBus. Nous commandons les distributeurs mécaniques avec des leviers placés en plein milieu de la console. Ils héritent d’un numéro et d’un code couleur un peu discret, que l’on retrouve sur les branchements extérieurs.

Prise de force

Nous sélectionnons un des trois régimes proposés avec un levier mécanique placé aux pieds de la console. Leur enclenchement se fait facilement. L’embrayage de la prise de force est réalisé depuis la console. Le 6M ne dispose pas de mode automatique pour l’enclenchement de la prise de force en fonction de la hauteur du relevage. Cependant, il est possible de le programmer dans une séquence de bout de champs iTec.

Ponts

Les commandes pour les quatre roues motrices et le blocage du différentiel sont regroupées, mais un peu noyées dans la grande quantité de boutons placés au bout de la console. Dans les deux cas, nous disposons de modes auto et permanent.

Sur la route

Sur la route, le 6M révèle l’un de ses gros points forts, son confort. En effet, le siège conducteur possède une suspension efficace. Dès les premiers carrefours, on note pourtant deux choses : un frein trop dur et trop court, que nous reparamétrons avec le constructeur par la suite, et un commodo de clignotant aussi fin qu’il semble fragile. Il contraste malheureusement avec la qualité générale de l’habitacle. La gestion de la boîte est assez simple et nous passons obligatoirement par le bouton B-F, avec les gammes automatisées, pour atteindre les 40 km/h. À cette vitesse, ce tracteur est assez silencieux, même si un bruit métallique nous dérange. Il s’agit, en fait, de la caisse à outils qui, après vérification, est pourtant bien fermée. Le passage de la côte est réalisé assez facilement à 12,7 km/h.