Le 5125 est « Le Petit Poucet » de ce comparatif. En effet, Deutz-Fahr a lancé son nouveau 6C, qui correspond aux autres concurrents du test avec sa boîte robotisée, quelques semaines seulement après notre essai. Le constructeur italo-allemand a néanmoins accepté de jouer le jeu avec ce tracteur simple, équipé d’une transmission à trois rapports sous charge. Lancés en septembre 2021, les cinq modèles de la série 5 remplacent les 5G.

Cabine

La cabine du 5125 est un peu moins volumineuse que celles de ses concurrentes, mais elle bénéficie d’une structure à quatre montants. L’accès se fait par deux marches. Le siège pneumatique large est proposé en option. Le pont avant et la cabine ne sont pas suspendus. Les possibilités de rangement sont limitées, avec un petit bac sous le siège passager et un autre au pied de la console de droite. Notre 5125 est équipé d’une boule sur la barre latérale pour fixer un boîtier de contrôle d’outil. Cet équipement est une option. Le tableau de bord est simple et lisible. Il n’y a pas d’écran interactif, mais cette absence ne se fait pas sentir, car tous les réglages s’effectuent en direct sur la console et sur la colonne de direction. Côté commandes, l’omniprésence du plastique et les couleurs vives ne sont pas vraiment dans l’air du temps, mais le concept a largement prouvé son efficacité.

Moteur

Le moteur Farmotion de 3,8 litres est conforme à la norme Stage 5. Deutz-Fahr s’est appuyé sur l’expérience en tracteurs viticoles du groupe SDF pour proposer une solution de dépollution qui ne pénalise pas la visibilité, ni la compacité. Ainsi, le DOC hélicoïdal est logé sous le capot, et le filtre à particules passif est combiné dans l’échappement avec le catalyseur SCR. En cabine, la pédale d’accélérateur est bien placée et suffisamment précise. L’accélérateur à main est déconcertant, car il ne fonctionne que sur les deux tiers de sa course. La première partie n’a aucun effet sur le régime. Il est possible de mémoriser deux régimes avec un appui long sur deux boutons oranges placés sur la console de droite.

Transmission

La boîte du 5125 est la bien connue 30 × 30 du groupe SDF. Elle combine deux gammes, cinq vitesses mécaniques et trois rapports powershift. Les deux gammes sont sélectionnées avec un levier placé en bas, à droite du chauffeur. Ce levier est capricieux et il est difficile de changer de gamme à l’arrêt. Nous roulons doucement pour y parvenir. En l’absence d’un joystick multifonctions, c’est le levier des vitesses mécaniques qui est le plus proche du chauffeur. La grille est inversée, avec la première vitesse en bas. Un bouton sur le côté du pommeau permet de passer les rapports mécaniques sans utiliser la pédale d’embrayage. Les trois rapports sous charge s’engagent avec deux boutons sous le pommeau. Des pictogrammes lumineux au tableau de bord nous rappellent le rapport engagé (escargot, tortue ou lièvre). Nous automatisons le passage des powershift en appuyant sur le bouton APS en bout de console. Le régime de changement de rapport est réglé avec le potentiomètre Sense, situé juste à côté. Lorsqu’il est totalement tourné vers la droite, les rapports passent à 2 000 tr/min. Plus on le tourne vers la gauche, plus ils passent à un régime réduit. L’inverseur au volant est massif, mais il est bien placé. Sa sensibilité est réglable directement sur son levier, une solution idéale. Deutz-Fahr propose de gérer l’embrayage avec le frein. La fonction s’engage simplement avec un bouton sur la colonne de direction, ce qui est plus simple que de chercher dans l’écran, comme chez certains concurrents.

Relevage

Le relevage offre une capacité de 5,4 tonnes. Deutz-Fahr propose un stabilisateur mécanique à droite, et un automatique à gauche, en standard. En cabine, les bras inférieurs se pilotent avec deux boutons sur le côté de la console, et une commande Stop qui sert à déverrouiller le relevage. Ces trois boutons sont proches du levier de vitesses, une configuration intéressante pour le travail du sol. Au cœur de la console, toutes les autres commandes du relevage sont regroupées autour de la grosse molette du contrôle de profondeur. Cette dernière est dotée d’une réglette rouge qui sert à mémoriser la position de travail. Le contrôle d’effort, la vitesse de descente et la butée haute sont réglés avec un potentiomètre. L’activation de l’amortisseur d’oscillations pour la route est la seule commande cachée du tracteur. Il faut verrouiller le relevage, puis tourner la molette de contrôle de la profondeur jusqu’à la position 8 pour obtenir la suspension maximale. Le débattement se modifie ensuite avec la molette. Pour activer les commandes extérieures, il faut maintenir les deux boutons appuyés pendant 5 secondes.

Hydraulique

Le 5125 embarque trois distributeurs mécaniques. Les leviers sont identifiés avec un code couleur. Un collier de sécurité déverrouille la position flottante. Le circuit hydraulique de 55 l/min délivre 90 l/min sur demande, grâce à une pompe supplémentaire. Cette dernière s’active en appuyant sur le bouton High Flow. Un voyant clignote tant que l’huile n’est pas chaude. Ce débit est uniquement utilisé pour les asservissements, la direction disposant d’un circuit dédié.

Prise de force

Deutz-Fahr propose quatre régimes en standard, sélectionnés avec deux leviers placés à gauche du siège, au plancher. Le choix entre 540 et 1 000 tr/min est réalisé avec un levier à collier, tandis que le passage de normal à éco s’effectue avec une tirette. Il est possible d’automatiser l’engagement et l’arrêt de la prise de force en fonction de la position du relevage, avec un simple bouton.

Ponts

Le célèbre ASM de gestion conjointe du pont avant et du différentiel n’est pas disponible sur ce modèle. Ces deux fonctions sont uniquement proposées en mode permanent. Le 5125 bénéficie d’une solution de braquage rapide, qui réduit le nombre de tours de volant.

Sur la route

Au transport, le chauffeur est assez secoué et pâtit de l’absence de suspensions de cabine, et de pont avant. Alors que les trois powershift suffisent pour le curage, ce n’est pas le cas sur la route et il faut jouer avec les vitesses mécaniques assez régulièrement. La possibilité de débrayer avec un bouton sur le levier de vitesses est un avantage. La course de la pédale de frein est plutôt courte, ce qui peut surprendre. Parmi les autres surprises, nous avons appris à nos dépens au premier croisement que le dispositif de débayage au frein se désactive à haute vitesse. Le 5125 passe la côte à 10,5 km/h.