Les jeunes bovins (JB) à l’engraissement représentent une catégorie d’animaux très sensible en matière de bien-être. Les compétitions pour l’accès à l’espace, à l’alimentation et à l’abreuvement sont autant de facteurs qui peuvent impacter le comportement des taurillons. Aussi, l’impossibilité d’entrer dans les parcs lors de visites de routine par les techniciens, et la difficulté à observer de façon efficace l’ensemble des bovins répartis en lots rendent délicates la mesure des indicateurs de bien-être. « Le projet BeBoP (Bien-être des Bovins en Parc d’engraissement), débuté en 2020, vise à développer des méthodes innovantes d’évaluation du bien-être animal, propres à la production de JB », explique Agathe Cheype, responsable de ce programme Casdar à l’Idele.

Le développement des nouvelles technologies, et en particulier des techniques d’intelligence artificielle, semble être une voie pour analyser les comportements des animaux, sans risque pour les observateurs. En novembre 2020, la ferme expérimentale des Établières, en Vendée, et la station d’évaluation de France Limousin Sélection à Lanaud, en Haute-Vienne, ont été équipées de caméras, positionnées au-dessus de cases de six à quinze bovins de races charolaise ou limousine. Des séquences vidéos ont été enregistrées tous les trois jours en période diurne, de l’entrée à la sortie des bandes. « À partir d’images captées en continu, l’objectif est de créer un modèle prédictif permettant de repérer les modifications de comportements par rapport aux données de référence, reprend l’experte. Les premières analyses sur les activités faciles à observer, telles que le temps passé couché, à boire ou à ingérer, offrent des résultats assez encourageants. Celles décrivant des stéréotypies, plus furtives et jusqu’ici peu étudiées, sont plus difficiles à cerner, par exemple. » L’enrichissement des données en cours devrait améliorer la qualité de précision de l’algorithme développé par NeoTec-Vision.

Développer une méthode représentative

À plus court terme, les experts planchent sur des protocoles simplifiés d’évaluation du bien-être des JB, pouvant être déployés en ferme. « En complément des avancées de la filière, ce travail pourra alimenter l’outil Boviwell, relève Agathe Cheype. Une fois la méthode testée et validée dans les deux fermes supports, d’ici au printemps 2022, nous nous mettrons en quête d’une trentaine d’élevages volontaires, afin de vérifier que le protocole est utilisable en routine dans la diversité des ateliers d’engraissement français. »

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