«Une machine aux standards d’aujourd’hui », telle est la description du constructeur lors de notre mise en route. Nos tests ne le démentiront pas. Le chargeur italien se distingue notamment par le confort qu’il procure en cabine. Les fonctions hydrauliques sont aussi performantes. Le TF 42.7 CS 140 pêche surtout au niveau de l’accès à l’inverseur et de son joystick. Pour le reste, notre première impression reste la vue d’un engin plus moderne, pour lequel Merlo a aussi abandonné la fameuse ceinture d’acier.

Châssis

Pas moins de trois châssis différents sont proposés par Merlo. En effet, le constructeur propose toujours des machines plutôt modulaires et « à la carte ». La finition dont nous héritons est la CS, pour cabine suspendue. Si cela s’avère confortable sur la route, la suspension engendre, en revanche, la hauteur la plus importante du comparatif des machines : 1,06 m pour la plate-forme de la cabine et 2,54 m au toit. Le châssis est boulonné. Nous avons mesuré une répartition du poids sur ce chargeur à 57 % sur l’arrière et 43 % sur l’avant. Près de 300 kg ont été ajoutés à l’arrière pour compenser le poids de la prise de force du Turbofarmer. Le réservoir d’huile est intégré dans le châssis. On distingue deux parties séparées, une pour l’hydrostatique et l’autre l’hydraulique.

Moteur et transmission

C’est un moteur Deutz de 3,6 l qui équipe notre Turbofarmer. Il respecte la norme antipollution Tier 4 final grâce à un système de réduction catalytique utilisant de l’AdBlue, à un catalyseur d’oxydation diesel (DOC) et à une vanne EGR. Tout est visible lorsque l’on soulève le capot. Nous nous apercevons alors que des radiateurs sont installés pour le moteur, l’huile hydrostatique et de travail. La transmission est un système 2V hydrostatique. Deux modes sont proposés. Ils couvrent les plages de 0 à 16 km/h et de 0 à 38 km/h. Il n’y a pas de passage en marche. La relation entre le moteur et la transmission peut être régie par le système Eco Power Drive. Activé, il permet notamment d’ajuster le régime moteur à l’aide d’un potentiomètre. Il donne aussi accès à la fonction Speed control. Celle-ci a pour objet de fixer une vitesse désirée. Étonnant ! Il faut utiliser le bouton d’inverseur pour mémoriser la vitesse. Elle est proposée de série sur les modèles CS. La fonction Heavy load est, elle, plutôt utile en manutention, notamment à la fumière. Elle procure un contrôle du régime moteur à la pédale. La gestion de ce dernier peut aussi être effectuée au joystick.

Flèche

À l’approche du bras, l’environnement de la flèche paraît dépouillé. Câbles et réseaux sont intégrés. Il faut dévisser 4 boulons et libérer une plaque à l’arrière pour y avoir accès. Les soudures sur la partie intermédiaire de la flèche permettent, selon Merlo, de diminuer l’épaisseur du bras. L’effort doit ainsi être mieux réparti sur la longueur de la flèche. Nous n’observons, cependant, aucune protection contre les poussières sur la partie télescopée. Au niveau du tablier, le couplage est hydraulique. Le verrouillage vertical a l’inconvénient d’accumuler les matières et de devoir être régulièrement nettoyé. Mais surtout, il faut au préalable inverser les flexibles. Enfin, un système procure une réduction de la vitesse de rentrée/sortie de flèche en bout de course. Décidément généreux sur les services supplémentaires, Merlo associe aussi un système électromagnétique de reconnaissance d’outil sur le tablier, pas actif ici.

Joystick

Une fois assis en cabine, la prise en main du joystick n’est pas simple. Il faut à la fois s’occuper de la gâchette de sécurité à l’arrière et des fonctions réparties sur le haut du levier. Un capteur devrait néanmoins apparaître en 2018 pour remplacer la gâchette. La forme du joystick est au final peu ergonomique, voire pénible à l’usage.

Au travail

Que ce soit pour charger les balles sur le plateau puis les empiler sous le hangar, ou pour charger l’épandeur de fumier, le chargeur « fait le job ». Nous le vérifions d’ailleurs sur les temps de cycles. Comme pour la consommation de carburant, notre Turbofarmer se situe dans la moyenne des cinq machines comparées dans notre dossier. Il se montre assez précis, voire un peu nerveux. Ainsi, le bouton Heavy load est important sur la console. Son activation nous donnera, en effet, plus de puissance à la manutention. Quant à la visibilité, rien à dire ! La configuration de la machine et les surfaces vitrées latérales offrent des vues imprenables. Seule, celle sur le toit est limitée par le dessin de la grille de protection. Pour ce qui est du réalignement des roues, aucun automatisme n’est prévu. Il faut naviguer à vue.

Sur la route

Lancé sur le bitume, notre Merlo se démarque par son confort avec une bonne suspension de cabine. Mais, sa transmission a été mise en défaut. Effectivement, une progression en pente et en sortie de virage nous a contraints à l’arrêt.

Pour nous sortir de cette situation, nous avons alors été obligés de repasser en vitesse « champs ». Résultat, le Turbofarmer a logiquement réalisé le temps le plus long lors du parcours routier. Ainsi, lors des descentes, il est nécessaire de rester vigilant et de garder le pied sur le frein. Car avec notre chargement de balles, qui pousse la machine, le moteur ainsi que la transmission peuvent s’emballer. Et alors, gare à la sortie de route !