Il y a comme un air de déjà-vu avec cette machine. Même s’ils sont encore peu connus, les chargeurs télescopiques Kramer ne seront pas totalement étrangers pour les utilisateurs des anciennes générations de Claas Scorpion, qui étaient produites par Kramer. Le constructeur allemand commercialise désormais ses machines dans l’Hexagone sous ses propres couleurs, en s’appuyant notamment sur une partie du réseau John Deere.

Sa récente gamme agricole comprend onze modèles avec des machines compactes, comme le KT 276, et des machines de grosse capacité, à l’instar du KT 559. Notre KT 407, présenté au cours de l’année 2018, complète la série en reprenant les bases du KT 357.

Châssis et ponts

C’est le plus gros modèle de la gamme avec ce châssis. Il repose sur des ponts Carraro disposant d’une charge utile de 20 t. Il possède les trois modes de direction habituels, ainsi qu’un réalignement semi-automatique des roues. Le changement de mode s’effectue avec un gros bouton clair, placé sur le tableau de bord, juste à côté de l’écran. En quatre roues directrices, cet engin est volontairement bridé à 30 km/h. Le rayon de braquage mesuré est le plus avantageux du test avec 7,74 m.

Moteur et transmissions

La motorisation est assurée par un bloc Deutz de 3,6 l développant 136 ch. Au démarrage, nous remarquons qu’il y a deux positions pour la clé. Il faut la tourner complètement pour démarrer. La machine dispose d’un accélérateur à main mais il n’est disponible que pour la plage de vitesses la plus faible. Ce n’est toutefois pas trop pénalisant puisque cette fonction sert surtout pour les godets de paillage et les balayeuses, qui s’utilisent en rapport « escargot ». Le problème réside cependant dans le fait que le petit levier fonctionne par impulsion et manque cruellement de précision. Il demande donc à être manié avec délicatesse. Il est accompagné d’un limiteur de vitesse, dont le réglage est, quant à lui, facile.

La transmission hydrostatique fournie par Walterscheid possède trois plages de vitesses, 0-7, 0-15 et 0-40 km/h. Le passage d’un mode à un autre est très simple. Il s’effectue, y compris en roulant, grâce à deux boutons de teinte claire placés sur le haut du joystick.

Flèche

Le bras possède des ralentisseurs de fin de course qui atténuent les secousses lorsque nous levons, bennons ou rentrons la flèche au maximum. À l’usage, ils offrent du confort et de la précision. Nous avons mesuré une hauteur de levage au point de pivot de 7,42 m, et une capacité de levage maximale de 4,95 t (flèche rentrée à 2,2 m de hauteur).

Le Kramer est équipé d’une suspension de flèche. Elle fonctionne selon trois modes : désactivé, permanent ou automatique. Ce dernier s’actionne lorsque la machine dépasse 7 km/h.

Le tablier fixe l’outil en quatre points. Le verrouillage est électrohydraulique avec une commande placée sur la console. Ce télescopique dispose d’un bouton pour décompresser la ligne hydraulique de la troisième fonction. Ce dernier est idéalement placé à portée de main, juste derrière le tablier, ce qui facilite le branchement et le débranchement des flexibles hydrauliques.

Les temps de cycle sont dans la moyenne du test. Le parallélisme est l’un des meilleurs. à 2 m, la différence n’est que de 0,1 degré.

Joystick

Le joystick se situe sur la console de droite. Il n’est pas solidaire du siège. Lors des premières manipulations, les longueurs de course pour commander le bennage-cavage et la montée-descente de la flèche semblent courtes. C’est toutefois une question d’habitude, car nous prenons vite la machine en main. Le joystick intègre le télescopage ainsi que l’inverseur sur sa face avant, avec deux molettes. La commande de la troisième fonction hydraulique prend place derrière, actionnée par l’index ou le majeur. Cet accessoire est également équipé d’un bouton pour mettre la transmission en position neutre. Il est possible d’en ajuster la réactivité selon trois niveaux. Le réglage se fait depuis l’écran.

 

Au travail

Le Kramer est équipé de différents automatismes pour faciliter le travail. Il propose une mémorisation de l’angle du tablier. Malheureusement, ce dispositif perd rapidement en précision. Le bouton de commande placé sur le joystick offre également la fonction secouage du godet, en le maintenant appuyé la première fois. Il reçoit aussi le Smart handling. Celui-ci propose trois modes qui apportent des fonctions supplémentaires lorsque nous actionnons la montée et/ou la descente de la flèche. Le premier est manuel, dans ce cas rien ne change. Pour le deuxième, « gerbage », le télescopage fonctionne automatiquement pour que le tablier monte en ligne droite. Pour le troisième mode, « godet », la flèche rentre dès que nous baissons le bras. Le but est d’avoir le godet le plus près de la machine pour charger plus rapidement.Nous avons apprécié ces systèmes, notamment lors des tâches répétitives comme le chargement de fumier. Nous avons également manié des bottes de paille carrées. Un petit détail ne nous facilite cependant pas la vie : lorsque nous descendons le bras avec précision, celui-ci commence par se lever légèrement. C’est assez déroutant.

Le Kramer manque un peu de souplesse mais brille par sa réactivité. Il fait le travail sans problème. Et il est relativement agréable à conduire.

Sur la route

Sur la route, ce télescopique signe le premier temps de notre parcours. La transmission est plutôt réactive tout en gardant de la souplesse. Le confort est bon. On note d’ailleurs, avec son homologation tracteur, la présence d’un freinage pneumatique pour la remorque.