«Nous avons la seule cabine de peinture cataphorèse ouverte à la sous-traitance du grand Ouest, se félicite Benoît Carré, président de la société éponyme. Pour nous, le passage à cet équipement haut de gamme était nécessaire. Depuis sa mise en service, nous n’avons plus de retour de machines stockées en plein air pour défaut de peinture. Même si cela ne représente que 5 % du prix de revient, c’est un investissement indispensable pour notre image. »

La mise en place de l’installation dédiée à la peinture, en 2014, a représenté un investissement de 7 millions d’euros au plus mauvais moment, lorsque les ventes de matériels agricoles se sont effondrées. « Nous avons eu un passage difficile mais nous avons renoué avec les bons résultats cette année, précise Charles Adenot, le directeur commercial et marketing. En 2018, Carré a réalisé un chiffre d’affaires de 11,8 millions d’euros. »

Activité de sous-traitance

Tout a commencé en 1938 dans la forge de Camille, le grand-père de l’actuel dirigeant. Ce dernier imagine une planteuse à choux et se fait un nom en la commercialisant sur les foires. « C’était l’archétype de l’inventeur et un homme de défi, se souvient Benoît Carré. Il a, par exemple, fabriqué une planteuse à riz destinée à la Camargue. » En 1979, son fils Antoine reprend l’établissement et se charge d’industrialiser la construction des machines. Et surtout, en 1992, il prend un virage qui en assure la pérennité. « Avec l’arrivée de la Pac, les ventes de matériel étaient au point mort, rappelle Benoit Carré. C’est à cette époque que mon père a mis en place l’activité de sous-traitance qui a sauvé l’entreprise. »

Aujourd’hui, Carré la poursuit toujours avec des contrats pour Manitou et Liebherr, entre autres. « Cela nous permet de lisser la charge de travail sur l’ensemble de l’année. » Dans l’usine, chaque outil assemblé sur la chaîne est déjà vendu. « Nous anticipons tout de même une partie de la production en morte-saison », précise Benoît Carré.

Pas uniquement des bineuses

Dans le milieu agricole, cette société est associée aux bineuses. « Elles représentent 70 % de notre chiffre d’affaires, concède Charles Adenot, mais notre activité est loin de se limiter à ce secteur. Le travail du sol, le semis et la fertilisation ne sont pas anecdotiques. »

Au Sima, le constructeur vendéen jouera la carte de la convivialité avec « moins de matériel mais davantage d’espace de réception pour les clients ». Ce sera aussi l’occasion de dévoiler une application sur tablette. Elle séduira les fans de mécanique.