L’UTV 2400 a fortement contribué à l’implantation du constructeur coréen en France. Ce véhicule se décline en une seule version. Nous avons testé un engin équipé d’un moteur Diesel, d’un arceau avec canopy et de deux petites portes. Nous avons démonté ces dernières pour toute la durée de notre essai, afin de faciliter l’accès au SSV.

Les engins Kioti sont commercialisés par les réseaux de distribution Scar et Campa.

Impression d’ensemble

Cet engin dégage une impression globale de compacité, renforcée par la forme de son capot. La cabine semble haut perchée. L’habitacle est dominé par des plastiques. L’ensemble est simple et sans fioriture. Le véhicule est conçu pour travailler dans des conditions salissantes.

Moteur et transmission

L’UTV est motorisé par un bloc maison 3 cylindres de 1 007 cm3 développant 24 ch. Le moteur est placé au centre de la machine, quasiment sous les fesses du chauffeur. C’est propice à l’équilibre du véhicule mais, depuis le siège, le conducteur ressent toutes les vibrations. Il faut également supporter le niveau de bruit élevé.

La transmission de la puissance est assurée par un variateur. Celui-ci propose deux rapports en marche avant, un en marche arrière et une position neutre. Le levier est idéalement positionné et dispose d’une grille parfaitement étagée. Les rapports se passent sans difficulté. Le passage de deux à quatre roues motrices est mécanique, comme le blocage du différentiel. Les deux opérations s’effectuent au moyen de leviers avec collier de sécurité, placés au niveau du volant.

Châssis et suspension

L’UTV est conçu autour d’un châssis mécano-soudé. Chaque roue dispose d’une suspension indépendante triangulée avec une barre stabilisatrice. Côté freinage, Kioti utilise un dispositif à disques sur chaque roue. Le frein à main est placé à gauche du volant. Il peut donc se serrer en sortant de la cabine.

Cabine

Perchée à 57 cm du sol, la plateforme du Kioti est la plus élevée de l’essai. Une petite poignée soudée sur le montant de la structure permet de s’accrocher afin de se hisser sur le siège. Les deux passagers prennent place sur une banquette, tandis que le chauffeur bénéficie d’un siège, dont la distance par rapport au volant et l’inclinaison sont réglables. Nous apprécions également la possibilité d’ajuster la dureté de la suspension mécanique. En revanche, pour la sécurité, tout le monde doit se contenter d’une ceinture ventrale. Le plancher est quasiment plat, ce qui est appréciable pour les passagers. Par contre, son revêtement manque­ de grip.

En prenant place sur le siège du conducteur, on remarque immédiatement le point fort de l’UTV : les commandes tombent sous la main et sont clairement identifiées. L’adaptation est instantanée. On peut confier l’engin à un novice, sans crainte d’une mauvaise utilisation.Les rangements ne sont pas pléthoriques mais suffisants, avec un vide-poches fermé et deux porte-canettes. Le pare-brise s’ouvre avec des poignées trop éloignées du chauffeur : il est impossible de les déverrouiller si la ceinture est attachée.

Le tableau de bord basique combine des informations analogiques, comme le régime moteur, et des indicateurs numériques. Pour le reste, Kioti ne s’embarrasse pas. Les seuls équipements supplémentaires sont deux prises USB, qui facilitent le rechargement d’un smartphone ou d’un GPS.

Caisse

La caisse en métal est basique et offre le volume le plus important. Elle bénéficie d’une ouverture centralisée avec une poignée­ à grande course.

Le levier de basculement de la benne est situé du côté gauche de l’engin. Placé un peu trop près du bord de la caisse, il n’est pas simple à manipuler et le port de gants est conseillé pour se protéger la main. Néanmoins, une fois que le verrou est ouvert, le vérin à gaz fait correctement son travail et le basculement est aisé, même avec la benne remplie. Un dispositif de sécurité mécanique verrouille le vérin, afin d’intervenir sous la benne sans risque. C’est une bonne solution, car le verrou s’engage sans aucune intervention. On est toujours en sécurité.

La caisse propose quatre points d’accroche à l’intérieur et six autres sous les bords. Enfin, il est possible d’arrimer des sangles à la bordure. Le gros point faible de cette caisse est sa hauteur de chargement de 85 cm, parmi les plus élevées du test.

Entretien

L’entretien est le talon d’Achille du Kioti. Le capot s’ouvre avec une manette dissimulée sur la gauche. Sous ce capot, on découvre un radiateur plaqué vers l’avant, ce qui rend tout passage de soufflette impossible. Mais le plus pénible est l’accès à la batterie pour un démarrage aux câbles. Il faut, en effet, démonter la banquette des passagers puis enlever quatre vis pour apercevoir les cosses. Sous la caisse, la recherche de la jauge à huile est une aventure en soi, notamment en raison de la position très avancée du moteur.

Conduite

Nous n’allons pas nous mentir, nous ne nous sommes pas disputés la conduite du Kioti sur la route. Les vibrations liées à la position du moteur s’avèrent particulièrement désagréables à 40 km/h, qui est la vitesse de pointe du véhicule.

Les grands rétroviseurs se règlent facilement et autorisent une évolution en sécurité, aussi bien sur la route que dans la cour de la ferme. Nous apprécions aussi le commodo de commandes des clignotants et des phares, placé comme sur une automobile. Le volant manque de précision dans les déplacements à moyenne vitesse.

Une fois chargé, le Kioti peine un peu sur la route, mais moins que son concurrent équipé d’une transmission hydrostatique. L’adhérence est bonne, mais on ressent la baisse de tenue de route par rapport au parcours à vide. En revanche, le freinage est sûr et sans glissade sur terrain humide. En sortant du chemin, nous remarquons que les feux de signalisation à l’arrière sont non seulement tout petits mais ont été intégralement recouverts de boue.

Durant l’épreuve de franchissement, la hauteur du poste de conduite et la faible largeur de l’appareil forment un ensemble peu rassurant et nous laissent craindre un renversement, en particulier à pleine charge. Il suffit d’adapter l’allure pour se rassurer.

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Comparatif : Comparatif Cinq SSV mis à  l’épreuve Cinq SSV mis à  l’épreuve