Le 936 fait partie de la sixième génération de 900 Vario, lancée en 2019. Longtemps porte-étendard de la gamme Fendt, il est aujourd’hui supplanté par le 1000. Désormais cadet d’une famille nombreuse, il hérite de certaines avancées technologiques et du design de son aîné 1000 et voit les petits derniers 700 et 200 bénéficier avant lui de la nouvelle cabine Fendt One.

Cabine

Sur ce 936 Gen6, les évolutions majeures réalisées à l’extérieur ne se voient pas à l’intérieur. La cabine est quasiment identique à celle de la génération précédente. L’accès au poste de conduite est l’un des plus sécurisés, avec une pente douce s’apparentant à celle d’un escalier. L’échelle de droite est bien pensée et les plus maniaques pourront nettoyer la vitre sans prendre de risque.

Une fois à bord, on apprécie une finition soignée. L’environnement de travail sobre dégage une certaine sérénité. Les commandes liées à la conduite sont regroupées sur l’accoudoir, tandis que les boutons des phares de travail et de la ventilation sont installés sous le tableau de bord. Ce dernier intègre toujours les vieux écrans à fond orange, presque anachroniques dans cette cabine. La seule véritable faute de goût est le frein à main installé sur la colonne de direction, qui oblige à se pencher sur le volant à chaque manipulation. L’ergonomie est bonne, notamment grâce à la proximité de tous les boutons avec le joystick et à l’utilisation d’un code couleur. Certains nécessitent toutefois une explication, en particulier pour les automatismes de prise de force et du relevage.

Moteur

Le 936 reçoit un bloc MAN délivrant 355 ch. Dès que le frein de parking est engagé, le régime tombe à 650 tr/min. Dans l’ensemble, le 936 travaille à un régime plus faible que celui de ses concurrents. Il est possible de mémoriser deux régimes, qui s’activent ensuite avec les boutons « min » et « max » du joystick. Ils ne se règlent que dans le terminal et, comme pour tous les autres paramètres, il n’est pas possible d’entrer directement leur valeur. Nous sommes obligés de tourner la molette placée sur le côté de l’écran.

Transmission

C’est l’une des grandes innovations sur cette génération : l’arrivée de la transmission VarioDrive du 1000. Dans cette configuration, deux moteurs hydrauliques entraînent chacun l’un des deux ponts. Grâce à cette évolution, le 936 propose une seule plage de puissance, de 0 à 60 km/h. Il n’est donc plus nécessaire de choisir une plage de travail. En revanche, il n’est toujours pas possible de passer de la conduite au joystick à la conduite à la pédale sans activer au préalable un bouton placé sur l’accoudoir. En mode joystick, la réactivité de la boîte se règle avec la gâchette située sur celui-ci. Pour le mode pédale, une molette semblable à l’accélérateur à main ajuste la butée haute.

Par défaut, le tracteur travaille en mode TMS, c’est-à-dire qu’il règle automatiquement le moteur et la boîte en fonction de la charge et de la vitesse. Les nostalgiques pourront toutefois opter pour la conduite en mode manuel. Le superviseur de sous-régime offre une gestion automatique très efficace. Il est possible de mémoriser deux vitesses Tempomat, qui s’activent en inclinant le joystick vers la droite. L’inverseur placé au volant est toujours aussi minimaliste et peu pratique, mais nous ne l’avons jamais utilisé, car il est très pratique de changer le sens de marche en basculant le joystick vers la gauche.

Relevage

Le constructeur propose un relevage double effet et un troisième point hydraulique. Les stabilisateurs se manipulent aisément et l’ensemble est soigné. En cabine, les commandes nous enthousiasment nettement moins. Fendt pilote les deux relevages avec des molettes horizontales qui rappellent des souris d’ordinateur. Nous les trouvons peu pratiques et, surtout, peu intuitives. Heureusement, il est possible de basculer rapidement le relevage sur les boutons « go » et « end » du joystick, en sélectionnant la touche « relevage auto » sur l’accoudoir. Tous les réglages auxiliaires s’effectuent dans le terminal.

Hydraulique

Cinq distributeurs sont proposés à l’arrière et deux à l’avant. Les prises arrière sont clairement identifiées et bien protégées avec des clapets de couleur. Le seul problème, c’est qu’ils ne tiennent pas en place et qu’il faut les tenir lorsque l’on branche les prises.

En cabine, il est possible de piloter deux distributeurs sur le joystick, deux autres sur le levier en croix, et quatre avec des commandes de bout de doigts. Tous les distributeurs sont entièrement paramétrables sur le terminal et leurs affectations se modifient à volonté.

Prise de force

Nous disposons de deux régimes, 540 E et 1 000. Il est possible d’automatiser la coupure de la prise de force, mais uniquement en couplant cette fonction au relevage et en pilotant l’ensemble avec les « go » et « end » du joystick. Cette fonction se règle sur le mini-écran du tableau de bord.

Ponts

Avec le VarioDrive, le pont avant est toujours engagé en dessous de 25 km/h. Il n’y a donc pas de commande pour cette fonction.

Le blocage du différentiel est géré depuis l’accoudoir, avec les positions automatique et permanente.

Au travail

« Le monde se divise en deux catégories… » Cette célèbre réplique du western Le bon, la brute et le truand s’applique aux essais d’un Fendt. Il y a, d’un côté, ceux qui ont déjà passé de nombreuses heures au volant d’un Vario et prennent immédiatement en main le 936, et de l’autre, ceux qui en ont peu conduit et doivent être épaulés pour comprendre des automatismes pas toujours logiques, et maîtriser les subtilités de l’engin. Mais une fois cette étape passée, tout le monde s’accorde à dire que le confort de conduite et l’efficacité sont là.

Au déchaumage, nous choisissons de piloter la boîte au joystick. A chaque reprise de ligne, il suffit d’inverser le sens de marche en inclinant le levier vers la gauche, puis d’incliner le joystick vers la droite pour activer la vitesse d’avancement. C’est simple, rapide et intuitif. Pas étonnant donc que d’autres constructeurs s’en soient inspirés. Sur la route, nous optons pour la conduite à la pédale.

À bord, le régime moteur très faible, combiné à la bonne isolation de la cabine, nous offre un silence appréciable.