«à la naissance de mon frère, mon grand-père et mon père répétaient : “Ça y est ! La relève est arrivée.” Nous étions trois filles avant lui. J’avais dix ans. J’adorais mon frère, mais, à ce moment-là, j’ai compris que j’avais perdu la ferme. »

Aînée d’une fratrie de quatre enfants, Constance Hyest va ainsi se construire une autre trajectoire, sur la Côte d’Azur. « Je suis partie réaliser mes études au sein d’une école de commerce à Lille, puis à Nice. » La jeune Normande, fille du président de la Safer, Emmanuel Hyest, se spécialise en achat et logistique. Puis elle est engagée par une société à Nice. « J’étais en couple, j’occupais un très bon poste. L’agriculture était physiquement très loin de moi, même si j’y pensais. »

La fibre en soi

Enfant, Constance Hyest avait montré très tôt des signes d’intérêt pour le métier : « C’était moi que mon père sollicitait pour les petits travaux. Je le faisais bien volontiers. Mes sœurs ne se sentaient pas concernées. » Elles ont choisi d’autres voies… Tout comme le petit frère. « J’ai recommencé à penser réellement­ à la ferme, quand mon frère, âgé de 18 ans, a indiqué à mes parents qu’il ne souhaitait pas suivre un cursus agricole. Deux mois plus tard, telle une coïncidence, je me séparais de mon conjoint et je demandais à mon père s’il avait une place pour moi à ses côtés. La réponse étant “oui !”, tout s’est enchaîné. Le métier est devenu une évidence. Je l’avais en moi. » Constance Hyest a démissionné de son poste le lendemain. Elle avait 28 ans.

Six ans plus tard, elle est associée à son père sur la ferme de l’Eure, où elle s’occupe de la cidrerie et de l’écurie, tandis qu’il tient le volet grandes cultures. « Je ne sais pas tout faire, j’ai dû beaucoup apprendre et c’est loin d’être facile. Mais pour rien au monde je ne voudrais changer ma situation : je suis agricultrice et fière de l’être. »

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Transmission : TRANSMISSION Ils ont finalement repris la ferme familiale Ils ont finalement repris la ferme familiale