Tout a commencé après la crise de 2008. « Le banquier nous accordait le prêt, à condition que nous abaissions l’âge moyen au premier vêlage de 36 à 30 mois, se rappelle Bruno Lambert, l’un des trois associés du Gaec de Beauchêne, à La Cornuaille, dans le Maine-et-Loire. Nous n’étions pas très rassurés, et nous avons décidé d’y aller progressivement. » En 2009, cinq génisses mettent bas à 2 ans, dix à 2,5 ans et les autres à 3 ans. « Nous avons vite abandonné le vêlage à 30 mois, car nous tenions à conserver les vêlages groupés entre août et octobre. »

Les premiers essais de vêlages à 2 ans ne sont pas concluants. « La part des mises bas difficiles augmentait et nous étions prêts à revenir en arrière, relate Bruno. Finalement, en sélectionnant un taureau à vêlage facile, et en acceptant d’avoir des gabarits un peu moins typés « viande » et plus orientés « mixtes élevage », tout est rentré dans l’ordre. » Le cap est donné. Entre 2017 et 2019, la part des vêlages précoces devrait passer de 50 à 80 %.

Au fil des ans, le cheptel a peu varié, mais le nombre d’UGB improductif a diminué. Le taux de renouvellement est resté à 25-30 %. Le nombre de vêlages a augmenté de 90 à 110. « Les réformes sont vendues plus jeunes et moins lourdes (environ 450 kg de carcasse), « ce qui correspond à la demande », ajoute Bruno. Les génisses qui vêlent à 24 mois sont davantage complémentées. Leur élevage coûte plus cher au quotidien, mais dure un an de moins. Économiquement nous nous y retrouvons. »

Tri au sevrage

Sur le plan des performances techniques, Bruno ne relève pas de différences rédhibitoires. « Entre le premier et le second vêlage, les primipares ayant mis bas à 24 mois prennent peu de poids. Elles rattrapent ce retard entre le deuxième et le troisième vêlage. C’est moins vrai pour les génisses très typées « viande », que nous continuions à faire vêler à 3 ans. » Côté reproduction, les génisses précoces ne se décalent pas plus que les autres, et les conditions de vêlages sont similaires. « Dans tous les cas, je suis présent au moment de la mise bas. Concernant les veaux, il faut accepter que les premiers nés soient un peu moins lourds. »

Le choix des animaux qui vêleront précocement se fait au moment du sevrage, en avril. « Cette année, nous avons sélectionné celles qui pesaient plus de 300 kg. L’objectif de croissance est de 900 g/jour jusqu’à la mise à la reproduction, en novembre. Si, durant cette période, certaines décrochent, elles passeront en vêlage à 3 ans. »

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