Le Comifer décrit, de manière pédagogique, les bases du raisonnement de la fertilisation PKMg dans un document publié en septembre 2019 (1). Il y évoque des pistes de réflexions pour l’adapter aux nouvelles matières fertilisantes, aux apports localisés et aux techniques culturales simplifiées.

« Nous avons intégré des éléments de réponses à des questions que l’on nous pose souvent, mais nous sommes assez pauvres en références expérimentales », souligne Pascal Denoroy, qui animait le groupe PKMg du Comifer. Depuis les années 1980, période à laquelle la méthode Comifer a été construite pour des cultures labourées avec des itinéraires techniques simples, l’agriculture s’est beaucoup diversifiée. Or, comme le rappelle le spécialiste, « le phosphore est très peu mobile et demande donc des études de long terme, contrairement à l’azote par exemple. Nous manquons encore d’éléments à l’échelle française et internationale, pour construire des conseils pratiques qui soient applicables partout. »

Stratification

« Par exemple, sur la question du non-travail du sol, de nombreuses années sont nécessaires pour observer un effet sur la répartition du phosphore dans les terres », poursuit-il. En effet, en absence de labour, une stratification apparaît : l’horizon superficiel s’enrichit, contrairement aux zones plus profondes. Pour raisonner les doses, le Comifer recommande pour l’heure de continuer à faire les prélèvements de sols sur l’ancienne profondeur de labour.

Qualifier les produits

Autre front : celui de la qualification des nouveaux produits issus du recyclage (struvite, cendres, digestats, composts, boues…). Au-delà de leur composition, « on ne connaît pas bien leur dynamique de minéralisation et la biodisponibilité du phosphore », note-t-il.

« Les besoins de références sont là aussi sur les produits traditionnels, car les modalités d’usage ont changé », souligne Pascal Denoroy. Le Comifer explore notamment les apports localisés, qui semblent intéressants pour sécuriser le démarrage des cultures.

Des questions se posent également sur la gestion des intercultures, le retour aux champs des cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive) méthanisées… « En théorie, on pourrait faire de la modélisation, mais nous n’avons pas encore d’outil assez performant pour simuler l’ensemble des cas. On ne peut pas donner de réponses tranchées, seulement des pistes prudentes de réflexion », conclut Pascal Denoroy.

(1) https://comifer.asso.fr/fr/publications/les-brochures.html

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Fertilisation : FERTILISATION Le phosphore , un élément qui pose question Le phosphore, un élément qui pose question