«Avant 2013, nos vaches étaient vaccinées une seule fois par an contre le RSV, le PI3 et la BVD (1), déclarent Anthony et Stéphane Auguste, à la tête d’un troupeau de 100 prim’holsteins à Vire-Normandie (Calvados). Aujourd’hui, nous avons toujours recours à ce vaccin mais avec un protocole strict : les veaux nés en hiver sont vaccinés par voie intranasale à huit jours, puis tous les veaux reçoivent une injection par voie intramusculaire à trois mois et une autre à quatre mois. Les vaches ont un rappel deux fois par an. » Ils récapitulent les trois points clefs pour des veaux en bonne santé : « Administer le colostrum, désinfecter les cases individuelles après chaque veau et vacciner. »

Les deux frères ont également opté pour un suivi individualisé des vaches. « Le vétérinaire examine chaque animal au minimum trois fois par an : à la mise à la reproduction, un mois après IA (contrôle échographique) et un mois après le vêlage. Tout cela pour 14 €/animal/an. » Enfin, ils ont mis en place un protocole de préparation au vêlage : trois semaines avant la mise bas, les vaches reçoivent 250 g de minéral spécial vache tarie et 80 g de chlorure de magnésium. Cette préparation a surtout pour effet de diminuer les difficultés au vêlage (fièvres de lait, délivrances assistées, métrites). « Avant, nous étions présents lors de chaque mise bas. Maintenant, nous ne nous levons que pour les génisses. »

10 % de mortalité

Depuis 2013, les deux frères observent une nette amélioration des performances de leur élevage. La mortalité des veaux a chuté d’un tiers, pour se stabiliser autour de 10 %. Les veaux naissent plus robustes et rencontrent moins de problèmes sanitaires. Les vaches ont également moins de soucis respiratoires et la production laitière a sensiblement augmenté, pour atteindre 8 716 l/vache. « Le premier avantage est financier, notre consommation d’antibiotiques diminue chaque année et nous perdons moins de veaux. » La consommation du Gaec est passée en dessous de la moyenne de la région : 27 g/VL/an, contre 30 g dans la Manche et le Calvados.

« Nous nous y retrouvons aussi en termes de travail : il y a moins d’imprévus à gérer. C’est un peu comme en hors-sol, les vaccinations sont inscrites dans l’agenda, nous savons quand elles auront lieu. Nous vaccinons toutes les vaches en même temps et, finalement, nous gagnons du temps. » Avant de conclure, « la vaccination, nous ne l’arrêterons pas ! ».

(1) RSV : virus respiratoire syncytial. PI3 : parainfluenza 3. BVD : diarrhée virale des bovins.

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Santé animale : Les vaccins au secours des antibiotiques