La majorité des formules de prix continuera, au moins en partie, à intégrer les fluctuations des cours des commodités. Pour limiter leur impact sur les élevages, il est possible de recourir à des outils tels que l’assurance marge ou revenu, ou les fonds de mutualisation. Malgré un engouement récent pour l’assurance, en particulier de la part des politiques, elle n’est pas la panacée pour tous. « L’assurance sur le risque de production ne s’applique pas vraiment au lait », constate Jean Cordier, chercheur économiste à l’Inra. C’est l’effet ciseaux entre coût et prix du lait qui fragilise les éleveurs. Or « les assurances ne sont pas très adaptées aux aléas sur la marge, contrairement aux aléas climatiques », explique-t-il. Aux États-Unis, les éleveurs engagés dans le système d’assurance de la marge laitière sur coût alimentaire, le « Dairy Margin Protection Program », ont fortement réduit leur niveau de couverture en 2016, visiblement peu convaincus par l’outil. Même chez les assureurs, cet outil de sécurisation du revenu des éleveurs ne fait pas l’unanimité. Aujourd’hui, le leader Groupama ne semble pas vouloir se placer sur ce créneau.

Fonds de mutualisation

Le fonds de mutualisation est un outil prévu dans la Pac pour stabiliser le revenu. L’Europe propose des financements sous la forme de participations financières « fournissant une compensation aux agriculteurs en cas de forte baisse de leurs revenus ». Mais aucun État membre n’a adopté de tels fonds, bien que l’Italie, la Hongrie et la région espagnole Castille-León l’aient envisagée. « De nombreuses questions se posent sur la construction de ces outils », commente Jean Cordier. La mise en place de ces fonds est complexe, notamment par le choix des seuils de déclenchement, des références pour les pertes et des montants versés…

Selon la Confédération paysanne, « l’éleveur se couvre d’un risque qu’il ne devrait pas avoir », car « les aléas économiques ne sont pas vraiment des aléas mais des choix d’entreprises. » Le syndicat met en garde sur « un risque très fort que ces instruments tirent les marchés vers le bas, en offrant la possibilité d’aller encore plus vers des marchés concurrentiels. »

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Prix du lait : Trouver la bonne formule de calcul