« Nous n’achetons aucun concentré pour nos vaches pendant l’hiver «, déclare Mathieu Aubignac à la tête de 60 limousines à Neuvic, en Corrèze, avec sa mère Nicole (1). Pourtant, leur troupeau a de forts besoins pendant l’hiver car les vaches mettent bas au début de l’automne.

« Grâce à ces dates de vêlage avancées, les problèmes sanitaires sont réduits «, explique le jeune exploitant. Cette stratégie assumée implique toutefois de récolter des fourrages riches. « Cette année, j’ai fauché mi-mai (900 °C) dès que la météo le permettait, indique-t-il. Cela correspond à un stade avancé des graminées précoces d’environ dix jours avant le début de l’épiaison (1 000 °C). Je vise avant tout la qualité, même si la quantité n’est pas optimale. » En 2022, Mathieu a récolté 3 t de MS/ha sur les prairies jeunes composées de dactyle x ray-grass hybride x trèfle. « En pratiquant de la sorte, j’arrive à caler une deuxième coupe en juin, voire un tour de pâturage avant l’été qui peut se révéler sec. En définitive, je suis gagnant sur les deux tableaux. »

La stratégie impose toutefois d’être réactif. Dès qu’une fenêtre météo de trois jours se présente début mai, c’est le branle-bas de combat pour organiser le chantier. « Je fauche avec une conditionneuse à fléaux de 3 m, précise Mathieu. Je fane le lendemain et 48 à 72 heures après, au moment du pressage, le fourrage a atteint 60 % de MS. Il faut alors l’enrubanner immédiatement sous peine de perdre en qualité. »

Analyse du fourrage

Le fourrage n’a pas encore été analysé, mais le résultat, comme chaque année, servira de base au calcul des rations (voir l’encadré). Au cours de l’hiver dernier, le menu des vaches était équilibré avec 6 kg de matière sèche (MS) d’enrubannage de prairies temporaires, 2,5 kg de MS de foin et 4,5 kg de MS d’ensilage de maïs. Si la prairie reste le pilier des stocks, Mathieu compte aussi sur le maïs qui fournit de l’énergie. Ses choix semblent payants puisque les résultats techniques du troupeau sont parmi les meilleurs de son groupe avec, par exemple, un IVV à 357 jours pour les vaches. Les achats extérieurs, à la marge, concernent des concentrés pour les veaux en hiver.

 

(1) Lors d’une journée porte ouverte «Cap protéines», organisée le 30 mai 2022 sur son exploitation par la chambre d’agriculture.

 

 

 

Sommaire

Bovins à viande : De l’herbe de qualité pour plus d’autonomie