Elle est à nos portes. Décelée sur des sangliers sauvages en Belgique en septembre dernier (lire l’encadré ci-dessous), la peste porcine africaine (PPA) a progressé à grand pas en 2018. Le virus était jusqu’alors essentiellement présent dans les pays d’Europe de l’Est. D’après la cellule de veille sanitaire internationale du ministère de l’Agriculture, « un total de 9 259 foyers et cas de PPA ont été déclarés en Europe dans dix pays (Fédération de Russie, Pologne, Ukraine, Biélorussie, Moldavie, les trois pays baltes, Roumanie et République tchèque) du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2017 ».

Mais au printemps dernier, la propagation du virus s’est accélérée. Entre le 23 avril et le 2 mai, des sangliers infectés sont retrouvés morts en Hongrie, à plus de 200 kilomètres des précédents foyers de République tchèque, Ukraine, et Roumanie. Un tournant est atteint début août, lorsque la PPA gagne la Chine. Le pays détient plus de la moitié du cheptel porcin mondial. Pour tenter d’endiguer l’épidémie, les porcs sont abattus par dizaines de milliers. Afin de satisfaire sa demande intérieure, l’Empire du milieu pourrait revenir aux achats dès le premier semestre de 2019 (lire p. 83)

Biosécurité

Si les suidés se contaminent par contact direct ou indirect via l’ingestion de produits alimentaires fabriqués à partir d’animaux contaminés, le danger vient également de l’homme. L’émergence de certains foyers serait en effet due à l’importation de denrées alimentaires contenant de la viande de porc contaminée. Les chauffeurs routiers venant de pays infectés suscitent l’inquiétude des professionnels. Les travailleurs, touristes, ou chasseurs rapportant des viandes ou des charcuteries sont également des facteurs de risque.

Dans les pays indemnes, comme la France ou l’Allemagne, l’accent est mis sur la prévention. La vigilance est accrue au niveau des moyens de transport des animaux (nettoyage et désinfection des camions), mais également l’élimination des déchets alimentaires provenant de pays infectés.

En élevage, les mesures de biosécurité prévalent : propreté des mains, douche, tenue et chaussures spécifiques, nettoyage et désinfection rigoureux des bâtiments, des camions et du matériel… L’interprofession porcine (Inaporc) recommande également d’interdire toute introduction de nourriture humaine sur l’élevage, et de vérifier si les personnes qui y interviennent n’ont pas effectué de déplacement dans des zones infectées.

Vincent Guyot