En 2014, une enquête d’Agrocampus Ouest sur 5 844 exploitations laitières bretonnes révélait un intervalle de traite moyen de 10h20, la traite du matin démarrant en moyenne à 7h25, et celle du soir à 17h45. « L’organisation autour des horaires de la traite reste très traditionnelle », constate Valérie Brocard, de l’Institut de l’élevage.

A la ferme expérimentale de Trévarez, un essai a été réalisé sur la réduction de l’intervalle entre deux traites. Deux lots de vaches ont été constitués, l’un avec un intervalle de traite de 10 h, et l’autre de 6h30. Les courbes de production ont été comparées (voir l’infographie). « Excepté une sensible diminution de la production, la réduction de l’intervalle de traite n’a pas d’incidence sur la santé des mamelles, ni sur la composition du lait sur la journée », affirme Valérie Brocard.

Se libérer plus tôt

Alors, pourquoi cette pratique est-elle si peu répandue ? « Elle nécessite de remettre à plat toute l’organisation du travail, sur des exploitations ayant pour la plupart d’autres ateliers que le lait », analyse Valérie Brocard. Les salariés agricoles sont les plus enclins à la réduction de l’intervalle de traite. « Les amplitudes horaires importantes sont un réel problème pour le salariat en élevage laitier », précise-t-elle.

Pour Pascal (1), éleveur dans le Finistère, « réduire l’intervalle de traite me permet de me libérer plus tôt, soit pour continuer mes activités sur l’exploitation ou pour passer du temps en famille ». Si l’éleveur a conservé le démarrage de la traite de ses 40 laitières à 7h45 le matin, il débute désormais la traite à 15h30 l’après-midi. Une organisation qui satisfait aussi son salarié. « Cela lui permet d’avoir des horaires acceptables, et de ne pas subir un « trou » en plein milieu de sa journée de travail, l’obligeant à finir tard le soir. » Sur le plan technique, Patrice n’a pas rencontré de soucis particuliers, tant sur la santé des animaux, que sur la qualité sur lait. En revanche, si la réduction de l’intervalle de traite est facilement réalisable en période hivernale, l’éleveur relève une difficulté au pâturage. « Rentrer les vaches en plein après-midi s’avère long et difficile. L’idéal serait d’aménager des paddocks dédiés autour des bâtiments, cela nécessite d’avoir suffisamment de surfaces accessibles. »

(1) Nom d’emprunt.

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Lait : Mieux vivre la traite