L’installation ou le départ d’un associé est souvent synonyme de changement. Le Gaec de Rosen, qui produit du lait à Dettwiller, dans le Bas-Rhin, en est un bon exemple. Lorsque Guillaume Guth s’est installé en 2009, la ferme s’est convertie à l’agriculture biologique. Au départ en retraite de son père, en 2011, il a robotisé la traite. À 35 ans, l’éleveur est désormais associé avec son frère Jérémy qui en a 28. À l’arrivée de ce dernier en 2016, les prim’holsteins ont progressivement été remplacées par des jersiaises.

Adaptations nécessaires

Ce changement de race et de gabarit d’animal a impliqué quelques adaptations sur les robots de traite Delaval Millenium H+. « Nous avons ajouté une deuxième cellule de détection sur chaque robot, explique Guillaume. Si elles se plaçaient sur la gauche de la stalle, elles n’étaient pas détectées. » Les frères ont aussi changé les vérins des auges à concentré pour que l’allonge soit plus grande et que les petites vaches l’atteignent. « Quand une primipare intègre le troupeau, nous sommes présents pour les premières traites, précisent les frères. Nous choisissons la position de l’auge correspondant le mieux à son gabarit. »

En dehors de ces changements sur le matériel, le passage en jersiaises s’est surtout ressenti dans la production. « Nous avions un taux protéique qui plafonnait à 30. Désormais, il est à 40 et le taux butyreux est à 60. » La production annuelle par vache est d’environ 5 000 kg de lait issus des 2,6 traites en moyenne par jour. « Cette valeur est variable, précise Guillaume. Cela dépend de la parcelle où elles pâturent. Lorsque c’est dans la parcelle la plus éloignée, on tombe à 2,1. » La traite robotisée n’empêche donc pas les frères Guth de faire du pâturage tournant dynamique sur les 15 ha accessibles sept à huit mois par an, complété par de l’affouragement en vert.

À chacun son rythme

La traite robotisée permet aux deux éleveurs une certaine flexibilité dans leurs rythmes de travail, notamment pour les astreintes du week-end. Le dimanche, un seul associé assure le travail. « Ce jour-là, nous ne donnons du lait aux veaux qu’une seule fois », explique Jérémy. Lorsque c’est son tour d’astreinte, il est généralement présent entre 15 et 17 h. Quand c’est Guillaume, c’est entre 18 et 20 h. « Cette organisation dégage du temps pour nous et nos familles. »

Gildas Baron

Sommaire

Jeunes agriculteurs : La jeune génération s’adapte La jeune génération s’adapte