«Ce qu’on enseigne à l’école sur la vente, c’est bien, mais la réalité du terrain, c’est autre chose, confie Thibaut Brazille. Face aux marchés, on est un grain de sable. Les cours mondiaux décident tout. »

Ce jeune agriculteur de 25 ans s’est installé hors cadre familial en 2020, sur une exploitation céréalière de 160 ha à Hommes, en Indre-et-Loire, non loin de la ferme de son père. En plus du matériel, il a repris à son cédant un bâtiment de stockage d’une capacité de 500 tonnes environ. « Ce n’est pas assez grand pour y mettre toutes mes productions (blé, orge, colza, maïs et tournesol), explique-t-il. J’y stocke surtout du maïs car j’ai un séchoir. »

L’objectif : attendre, « quand la trésorerie le permet », les meilleurs prix. Pour cela, il a calculé ses coûts de revient et s’est fixé un prix de vente minimum. Il scrute les cours régulièrement, parfois même tous les jours, mais ne se fait pas d’illusions : « Celui qui arrive à toujours aller chercher les plus hauts doit me donner sa technique », plaisante Thibaut.

Le stockage constitue un atout, selon lui. « On est bien plus fort, face aux organismes stockeurs, quand on a une culture à vendre chez nous. » Sur une tonne de maïs, il estime gagner ainsi entre 10 et 15 € supplémentaires. « Je débute encore, il y a sûrement beaucoup mieux à faire. Je travaille surtout avec la coopérative, qui est aussi une sécurité car je suis certain d’être payé. Mais pourquoi pas me tourner vers des courtiers, par exemple, à l’avenir ? »

« Mon métier, c’est ma passion »

Thibaut Brazille a également essayé de stocker du blé, avant la récolte du maïs, sans toutefois être aussi concluant. « Je le stocke trois mois maximum, car je veux que mes cellules soient vides pour accueillir le maïs. Il faudrait que je le garde plus longtemps pour mieux profiter des évolutions des cours. Monter un hangar de stockage à plat pourrait être un projet dans le futur. »

Avant cela, le jeune homme veut consolider son assise financière. Il ne compte pas ses heures et la charge de travail ne lui fait pas peur. « Quand je sèche le maïs, je dors presque au pied du séchoir. C’est un vieux système qui a besoin de beaucoup de surveillance », explique-t-il. Les vacances, il y pensera plus tard. « Mon métier, c’est ma passion. Je compte bien faire carrière là. J’ai envie que ça marche, le mieux et le plus vite possible », confesse-t-il. Il espère aussi reprendre l’exploitation de son père, quand celui-ci prendra sa retraite dans une dizaine d’années.

J. Papin

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