Il y a six ans, Nathalie Bauducel élevait la suite de ses 65 laitières dans une ancienne nurserie en pierre. « La luminosité manquait et certaines tâches ne pouvaient pas être réalisées sans renfort », se souvient-elle. C’était notamment le cas du chantier de curage, pour évacuer le fumier et préparer le paillage. Pendant ce temps, « les jeunes veaux étaient mélangés dans le couloir. »

En 2016, une nouvelle nurserie « autonome » a vu le jour (1). « Le coût était conséquent, mais il ne faut pas lésiner sur le confort de travail, souligne Patrick Bauducel, son époux et associé. Cela contribue également à améliorer la transmissibilité de l’exploitation. »

Ambiance agréable

La nouvelle nurserie peut abriter jusqu’à 45 pensionnaires, mâles et femelles, de 0 à 5 mois. Les mâles sont élevés sous la mère à la belle saison, afin de prévenir tout pic d’affluence.

Les éleveurs ont opté pour une ventilation naturelle traversante. « La nurserie n’est adossée à aucun autre bâtiment. Il n’y avait pas d’obstacle à une bonne circulation de l’air », note Antoine Renaudier, expert veaux et génisses Seenovia. Sur les longs pans, des plaques translucides reposent sur un muret en béton. En plus d’apporter de la lumière, « les translucides exposés côté ouest, face aux vents dominants, peuvent être ouverts pour accroître l’entrée d’air », ajoute le conseiller. Les parois se terminent avec un bardage en bois ajouré, protégé par des filets brise-vent. La toiture est pleine et complètement isolée, afin de garder la fraîcheur en été. « Nous avons encore quelques entrées d’air parasites au niveau des portes coulissantes en bout de bâtiment », concède Patrick.

Après la naissance, les veaux sont logés dans l’une des 5 cases individuelles situées à l’entrée de la nurserie, à côté du local de préparation du lait en poudre. « Nous utilisons des niches paillées, placées sur un plancher en caillbotis plastique surélevé et équipé de roulettes », explique Nathalie. Cela permet de sortir les cases fraîchement libérées pour en assurer le nettoyage complet « sans ramener de l’humidité à l’intérieur ».

Deux zones distinctes…

Les niches sont séparées des cases collectives par un paravent fixe en bois, faisant également office de faux plafond afin de « réduire le volume d’air autour des nouveau-nés ». En cas de besoin, des lampes chauffantes peuvent y être suspendues.

Les veaux passent en cases collectives lorsqu’ils se contentent d’un seul repas lacté quotidien, vers l’âge de 10 jours. Allotés par 4, ils investissent alors une case paillée équipée d’une contremarche en béton au niveau des cornadis. Les animaux y sont bloqués toutes les 3 semaines pour faciliter l’opération de curage. Les barrières séparant les cases peuvent être ouvertes, pour laisser le champ libre au tracteur. En creux de vêlage et par beau temps, « une phase de lavage est ajoutée ». Vient ensuite l’heu­re du paillage, facilité par le stockage des bottes contre les cases.

En hiver, « des filets brise-vent, fixés sur un cadre en fer, sont installés au-dessus et sur les côtés de l’aire de couchage des veaux non sevrés », ajoute l’éleveuse. Les panneaux sont légers, pliables et facilement manipulables.

Une fois sevrés, les veaux passent dans des cases de 8 places dénuées d’abris, en bout de bâtiment.

…sous le même toit

« Il n’y a pas de bâtiment post-sevrage séparé, mais chaque classe d’âge bénéficie d’attentions particulières », souligne Antoine Renaudier. Pour Nathalie, « la présence de veaux légèrement plus âgés aide à chauffer la nurserie à la saison froide ». Un dénivelé, entre les cases collectives de veaux non sevrés et leurs comparses sevrés, prévient l’écoulement des jus vers les plus fragiles.

Finalement, peu de soucis sanitaires sont à déplorer dans l’élevage des jeunes. Le tout sans réel vide sanitaire. « Le logement a été pensé pour limiter les risques et nous faisons beaucoup de préventif : acupuncture, aromathérapie, vaccination… », indique l’agricultrice.

Côté bien-être de l’éleveur, les objectifs semblent également atteints. Le couloir circulaire, permettant de faire le tour des cases collectives, facilite la déambulation des producteurs.

« Une seule personne est en mesure de faire tourner cette nurserie, à l’abri des intempéries, dans de bonnes conditions de travail ! », sourit Nathalie Bauducel.

(1) Projet accompagné par Jean-Marc Pilet et son équipe, de la chambre d’agriculture de Mayenne.

[summary id = "10022"]

Sommaire

Veaux laitiers : VEAUX LAITIERS  Aménager une  nurserie « au poil » Aménager une  nurserie « au poil »