Le 26 avril 2021, Virginie et Pascal Foucard voient leur hangar prendre feu en quelques minutes, à Savonnières, au sud de Tours, en Indre-et-Loire. Les flammes ravagent 400 tonnes de paille et de foin, mais aussi deux tracteurs, un camion, les cellules à grains… Les pompiers de cinq casernes mettront plus de 24 heures à venir à bout de l’incendie. Le couple, éleveurs laitiers d’un troupeau de 350 chèvres avec une dizaine de chevaux de loisirs, doit trouver de la nourriture pour les animaux dès le lendemain. « Le marchand d’aliments nous a dépannés et des voisins agriculteurs nous ont prêté des remorques pour stocker les grains, se souvient Virginie. Mais on n’aime pas demander. En général, on se débrouille. »

Face à l’urgence, la gérante du centre équestre voisin, Les Écuries des étoiles, poste un message sur les réseaux sociaux pour trouver du fourrage. Aurélien Bruère, céréalier à Saint-Laurent-en-Gâtines, près de Château-Renault, n’hésite pas. Il souhaitait se diversifier dans un élevage caprin, mais le projet a été abandonné. Il a un stock de paille et de foin et décide de le donner au couple en détresse. « Un incendie, ça peut arriver à tout le monde. J’avais la marchandise, autant qu’ils en profitent », indique modestement le bienfaiteur.

Un convoi de 400 mètres de long

S’ensuit une organisation colossale car les deux fermes sont distantes de 44 km. Le 3 mai, une dizaine d’agriculteurs participe à cet élan de solidarité en transportant 270 bottes de fourrage sur des plateaux à paille. Le convoi de 400 m de long est escorté sur la rocade de Tours. La chambre d’agriculture fait le lien pour assurer la sécurité des véhicules avec la gendarmerie. « On ne s’attendait pas à de telles retombées, ajoute l’éleveuse. Ils avaient même prévu le télescopique pour décharger. C’était de la folie. Nous avons été extrêmement touchés. » Le couple a juste eu le temps d’offrir un verre et du fromage de chèvre avant le départ des conducteurs.

Après ce geste solidaire, Virginie et Pascal s’attellent aux procédures assurantielles. Il a fallu sept mois pour boucler le dossier, mais les experts étaient à l’écoute. Les agriculteurs ont décidé de reconstruire un nouveau bâtiment, à un autre emplacement, avec des panneaux photovoltaïques. Une opportunité après ce désastre pour une organisation plus fonctionnelle. Aude Richard

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Entre agriculteurs : ENTRE AGRICULTEURS La solidarité prend de nouvelles formes La solidarité prend de nouvelles formes